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Apple autorise désormais les développeurs à proposer des systèmes de paiement alternatifs

C'est désormais officiel. Les développeurs d'applications peuvent informer leurs utilisateurs de l'existence de moyens de paiement alternatifs à l'App Store par email ou via leur site web. Cela leur permet de contourner le prélèvement de 30% effectué sur les revenus de tout achat effectué depuis une application, y compris pour un abonnement mensuel. En réalité, ce changement ne va pas bouleverser les relations historiquement tendues entre l'entreprise et les développeurs. 
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Apple autorise désormais les développeurs à proposer des systèmes de paiement alternatifs
Apple autorise désormais les développeurs à proposer des systèmes de paiement alternatifs © James Yarema/Unsplash

Apple a modifié le 22 octobre 2021 le règlement de l'App Store sur la monétisation des applications. Désormais, les développeurs peuvent informer leurs utilisateurs de l'existence de moyens de paiement alternatifs en dehors de l'App Store. A ceci près qu'ils ne peuvent pas le faire au sein de leur application directement mais par email ou via leur site web. 

Par conséquent, les développeurs peuvent demander des informations de contact, telles le nom et l'adresse email, à leurs utilisateurs. A condition que cette demande soit facultative et que son refus n'empêche pas d'utiliser l'application, précise Apple dans sa mise à jour.

Contourner la taxe de 30%
Cette pratique, qui était jusqu'ici strictement interdite sous peine de sanction, permet de contourner le prélèvement de 30% – depuis peu 15% pour les développeurs ayant réalisé moins d'un million de dollars de chiffre d'affaires sur un an – sur tous les revenus générés via les paiements depuis les smartphones (y compris les abonnements mensuels).

En effet, en informant leurs utilisateurs qu'ils peuvent acheter un abonnement sur leur site internet ou par email, les développeurs ne seront plus soumis à cette taxe, considérée comme trop élevée et totalement injuste par les acteurs du secteur. Elle représente tout particulièrement un désavantage pour des entreprises en compétition avec les services maison d'Apple, comme Spotify pour la musique.

Une réponse à un recours collectif aux Etats-Unis
Ces nouvelles règles sont issues d'un compromis trouvé avec un collectif de développeurs américains en Californie en août 2021. Actées au sein de l'App Store, elles s'appliquent désormais à tous les développeurs quel que soit leur lieu d'activité. En août dernier aussi, une nouvelle législation en Corée du Sud a interdit la firme de Cupertino à obliger les développeurs à utiliser uniquement son système de paiement.

En réalité, ces mises à jour ne bouleversent pas les relations très tendues entre Apple et les développeurs, à l'image de la bataille judiciaire actuellement menée par Epic Games. L'entreprise à l'origine du moteur Unreal et du jeu à succès Fortnite accuse Apple d'abuser de sa position monopolistique en obligeant les développeurs à utiliser son système de paiement pour toutes les transactions réalisées sur les applications accessibles sur sa boutique. Epic remet plus généralement en question la poigne de fer d'Apple sur les appareils qu'il fabrique, avec l'impossibilité pour les utilisateurs d'installer une application sans passer par l'App Store.

Il n'est donc pas certain que les changements initiés permettent à l'entreprise de s'éviter les foudres des régulateurs. La Commission européenne enquête depuis juin 2020 sur le fonctionnement de l'App Store. La procédure, toujours en cours, pourrait découler sur une amende pouvant aller jusqu'à 10% du chiffre d'affaires de la société américaine (111,4 milliards de dollars en 2020).

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