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Apple, Twitter, Facebook... Pourquoi les géants de la Silicon Valley mouillent dans les Paradise Papers

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Détournements d’impôts, investissements russes... Les nouvelles révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) égratignent aussi les géants de la tech. Pourquoi les noms de Facebook, Twitter, ou encore Apple apparaissent dans les Paradise Papers.

Apple, Twitter, Facebook... Pourquoi les géants de la Silicon Valley mouillent dans les Paradise Papers
Apple, Twitter, Facebook... Pourquoi les géants de la Silicon Valley mouillent dans les Paradise Papers © Apple - capture vidéo

Dix-huit mois après le scandale des Panama Papers, place aux Paradise Papers. Révélée dimanche 5 novembre, l’affaire lève le voile sur des boulevards d'optimisation fiscale empruntés par des personnalités et des firmes du monde entier. Même cellule d’investigation : le consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Et même type de sources : la fuite de 13,5 millions de documents financiers issus de cabinet d’avocats, dont Appleby, basé dans l’archipel des Bermudes.

 

À une différence près : il s’agit là de montages d'optimisation fiscale réalisés grâce aux failles du système fiscal international. Pas de fraude fiscale, ni de blanchiment d’argent avérés, donc rien d’illégal en-soi. “L’argent, ici, a le plus souvent été soustrait à l’impôt de façon légale ou aux frontières de la légalité”indique l’un des journalistes du journal Le Monde qui a pris part à l’enquête. Parmi ces profiteurs d’aménagements fiscaux : Facebook, Twitter et Apple.

 

Qui sont-ils et pourquoi sont-ils impliqués ?

 

Facebook et Twitter indirectement financés par le Kremlin ? Selon les données du cabinet Appleby, les investissements ont eu lieu entre entre 2011 et 2013 par l’intermédiaire de DST Global, le fonds d’investissement contrôlé par Youri Milner. Ce milliardaire russe est un serial-investisseur de la Silicon Valley (Facebook, Twitter, WhatsApp, Snapchat, Airbnb, Spotify, Alibaba…) et a également été l’un des principaux investisseurs de Cadre, une société cofondée par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.

 

Les documents dévoilent que Gazprom Investholding, la branche financière du géant russe de l’énergie détenu par l'État, a mis la main au portefeuille pour financer Kanton, une société offshore opaque, qui a ensuite investi, avec DST Global, dans Facebook. The Guardian parle d’1 milliard de dollars d'actions dans le réseau social. Des parts revendues en 2012 après l’entrée de la firme de Zuckerberg au New York Stock Exchange.


Le fonds DST Global aurait également injecté 191 millions de dollars dans Twitter en 2011, avant de revendre ses actions en 2013, juste après l’IPO du réseau social à l’oiseau bleu. Les Paradise Papers montrent que cet argent vient de VTB, la deuxième plus grosse banque de Russie.


Apple est aussi éclaboussé par les Paradise Papers. Les documents mettent en lumière les petits arrangements financiers de la firme “la plus profitable au monde” pour échapper à l’impôt. Épinglé en 2013 par des parlementaires américains, pour avoir établi des filières en Irlande afin d’optimiser ses impôts, Apple semblait s’être remis dans le droit chemin fiscal. Le fabricant de l’iPhone s’est en réalité tourné vers un nouveau paradis fiscal : l’île britannique de Jersey. Le New York Times affirme que l’entreprise fondée par Steve Jobs a réalisé plus de 128 milliards de dollars de profits offshore avec l’aide du cabinet d’avocats Appleby.

 
Quelles conséquences ?

 

Concernant Facebook et Twitter, ces révélations suscitent à nouveau des questionnements quant à l’influence du Kremlin sur les réseaux sociaux, pointées du doigt pour avoir servi de relais à la désinformation lors des dernières élections américaines. À travers ses investisseurs, le milliardaire russe Youri Milner contrôlait près de 8% de Facebook et 5% de Twitter, d'après le New York Times.

Pour contredire ce soupçon d’influence, Youri Milner, l’investisseur ciblé, a déclaré dans une lettre ouverte adressée au site Recode, “lorsque nous avons conclu un marché avec Facebook et Twitter, nous n’avons pas demandé de sièges au conseil d'administration et nous avons laissé nos droits de votes aux fondateurs, étant donné qu'ils sont les mieux placés pour diriger leur compagnie”.

 

Déjà sommé par la Commission européenne de rembourser 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux indus à l’Irlande, Apple pourrait encourir la même punition suite à ces nouvelles révélations. Dans un communiqué publié ce lundi 6 novembre 2017, la firme à la pomme dénonce plusieurs inexactitudes concernant les faits rapportés par les Paradise Papers. “Les changements réalisés en 2015 par Apple sur sa structure de société, ont été spécialement conçus pour préserver ses paiements d’impôts aux États-Unis et non pas pour réduire ses taxes ailleurs”. Le géant de la tech réclame “une réforme fiscale internationale” et rappelle avoir payé “35 milliards d’impôts sur les sociétés ces trois dernières années”.

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