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Après l'échec de sa cryptomonnaie, Telegram cherche un business model pour son application de messagerie

A partir de 2021, la messagerie sécurisée Telegram va proposer des fonctionnalités payantes et lancer une plateforme publicitaire pour financer sa croissance. Cette décision intervient quelques mois après le coup d'arrêt porté à Gram, le projet de cryptomonnaie de l'entreprise.
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Après l'échec de sa cryptomonnaie, Telegram cherche un business model pour son application de messagerie
Après l'échec de sa cryptomonnaie, Telegram cherche un business model pour son application de messagerie © Christian Wiediger-Unsplash

En quête de rentabilité, l'application de messagerie cryptée Telegram souhaite lancer des services payants et sa propre plateforme publicitaire à partir de 2021, a déclaré son cofondateur et CEO Pavel Durov dans un billet de blog.

Pour financer sa croissance, la société a besoin "d'au moins quelques centaines de millions de dollars par an pour continuer", poursuit-il, rappelant qu'il a personnellement financé les activités de l'entreprise jusqu'ici.

De nouvelles fonctionnalités payantes
Mais il est hors de question de changer totalement de business model, promet le dirigeant. "La plupart des utilisateurs ne remarqueront pratiquement aucun changement", affirme-t-il. Car la monétisation passera par l'introduction de fonctionnalités payantes pour les membres "premium", ciblant en priorité les entreprises qui utilisent Telegram en tant que messagerie professionnelle.

En parallèle, Telegram souhaite lancer sa propre plateforme publicitaire. Ne seront pas visées les conversations privées, qu'il s'agisse de discussions entre deux interlocuteurs ou en groupe. Les publicités apparaîtront seulement sur "les grandes chaînes publiques" qui affichent déjà des publicités grâce à des plateformes tierces. Ces publicités affichent "des messages ordinaires et sont souvent intrusives. Nous allons remédier à cela en introduisant notre propre plateforme publicitaire (…) conviviale" et respectueuse de la vie privée, promet le CEO.

Par ailleurs, Pavel Durov souhaite que Telegram reste "indépendant" et ne compte pas vendre sa société comme "les fondateurs de WhatsApp" l'ont fait en 2014 pour 22 milliards de dollars avec Facebook.

Telegram ne peut plus compter sur sa cryptomonnaie
L'application de messagerie, qui avoisine les 500 millions d'utilisateurs actifs, ne peut plus compter sur les revenus de sa filiale TON (Telegram Open Network), dont l'objectif était d'établir et de promouvoir un réseau financier autour d'une cryptomonnaie baptisée Gram. En effet, en mai dernier, Telegram a annoncé la fin de son projet à la suite d'une procédure menée par la Security and Exchange Commission (SEC). 

Le projet avait été financé par la pré-vente de grams contre des devises standards, et avait récupéré ce faisant 1,7 milliard de dollars. Un fonctionnement que la justice américaine a jugé suspect, la conduisant à ordonner la suspension du projet. "Nous alléguons que les défendeurs n’ont pas fourni aux investisseurs les informations concernant les activités commerciales de Gram et Telegram, sa situation financière, ses facteurs de risque et sa direction, conformément aux lois sur les valeurs mobilières", indiquait la codirectrice de la Division of Enforcement de la SEC, Stephanie Avakian.

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