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SoftBank se désengage de WeWork, qui entame une procédure judicaire

WeWork conteste devant les tribunaux le refus de SoftBank de débourser 3 milliards de dollars pour racheter ses dernières actions. Le Japonais, qui s'est engagé en octobre dernier à prendre le contrôle de WeWork pour près de 10 milliards de dollars, refuse de payer la dernière tranche en arguant que l'entreprise new-yorkaise n'atteint pas les objectifs fixés.
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SoftBank se désengage de WeWork, qui entame une procédure judicaire
SoftBank se désengage de WeWork, qui entame une procédure judicaire © WeWork

Une tentative désespérée de WeWork ? La start-up, spécialisée dans la location de bureaux partagés, a annoncé mardi 7 avril 2020 déposer une plainte à l'encontre de SoftBank. WeWork accuse son actionnaire de la première heure d'avoir violé ses obligations contractuelles et fiduciaires. En cause : le refus de SoftBank de débourser près de 3 milliards de dollars pour racheter les dernières actions de WeWork.

 

SoftBank évoque la pandémie de Covid-19

Le Japonais a annoncé le 2 avril 2020 retirer son offre publique d'achat sur les actions de la start-up américaine, en invoquant le fait que les conditions de clôture de cet accord de rachat signé en octobre 2019 n'étaient pas remplies. Le contrat contient des critères de performance que doit remplir WeWork afin de recevoir la seconde partie du financement annoncé. Ce sont ces objectifs qui n'auraient pas été atteints par l'entreprise.

 

Le fonds d'investissement évoque notamment l'existence de multiples enquêtes criminelles et civiles entamées depuis la signature de l'accord et à travers lesquelles les autorités réclament des informations sur les activités financières de WeWork, ses communications avec les investisseurs ou encore les relations commerciales avec son fondateur Adam Neumann. Les mesures restrictives prises par de nombreux gouvernement en raison de la pandémie de Covid-19 vont restreindre les opérations de WeWork, ajoute SoftBank.

 

Un modèle économique en cause

Le Japonais prend soin de préciser que sa rétractation concerne principalement Adam Naumann, sa famille et d'importants actionnaires institutionnels. Adam Naumann devait ainsi recevoir près d'un milliard de dollars lors de cette transaction. Le fondateur de WeWork ayant été poussé vers la sortie par... SoftBank en octobre dernier. En cause, sa gestion jugée un peu trop flamboyante et la difficulté à faire coïncider les discours ambitieux sur l'avenir de l'immobilier et la réalité financière de l'entreprise.

 

L'entreprise new-yorkaise a vu sa valeur fondre sur les marchés financiers durant l'été 2019. Le prix souhaité pour son introduction en bourse ne faisant que décroître et les critiques sur la viabilité de son modèle économique se multipliant, l'entreprise a finalement renoncé à sa cotation à Wall Street fin septembre.

 

Avec le désengagement de SoftBank, qui était apparu comme son sauveur, la descente aux enfers semble se poursuivre pour WeWork. Mais l'entreprise new-yorkaise ne souhaite pas baisser les armes. Le comité spécial du conseil d'administration, qui réfute les éléments mis en avant par SoftBank, soutient aussi que le Japonais a déjà perçu les avantages du contrat signé en octobre 2019, notamment les dispositions relatives au contrôle du conseil d'administration. WeWork demande par conséquent à ce que le conglomérat japonais termine la transaction ou offre de l'argent pour compenser les dommages causés par la rupture de cet accord.

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