Après les messages chiffrés, Signal garantit l'anonymat des transactions financières

L'ajout d'échanges de cryptomonnaie dans la messagerie chiffrée Signal fait craindre un retour de flamme de la part des régulateurs.

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Après les messages chiffrés, Signal garantit l'anonymat des transactions financières

L'application de messagerie Signal, chiffrée de bout en bout, a étendu à l'ensemble de ses utilisateurs depuis novembre dernier l'intégration d'une cryptomonnaie confidentielle, MobileCoin, indique Wired dans un article publié le 6 janvier. Les utilisateurs peuvent désormais procéder à des transferts d'argent avec autant de discrétion que lorsqu'ils s'envoient des messages textuels ou vidéo. La fonctionnalité avait été lancée en bêta au Royaume-Uni en juin dernier.

Selon le fondateur de MobileCoin, la cryptomonnaie connaît depuis plusieurs milliers de transactions quotidiennes. Celle-ci a été créée en 2017 sur la blockchain Stellar avec l'appui de Moxie Marlinspike, le fondateur de Signal, dans le même esprit qu'il a créé son application de messagerie : pour échapper à la surveillance. Ses attributs techniques rendent les transactions moins traçables que sur la blockchain Bitcoin, ce qui pourrait lui donner l'anonymat de l'argent liquide. MobileCoin n'est pas encore accessible aux utilisateurs américains (c'est-à-dire avec une adresse IP américaine).

Les paiements intraçables pourraient braquer les gouvernements
Wired et TheVerge s'interrogent sur les conséquences d'un tel système au regard des régulateurs. Mettant en avant les risques d'attirer des activités illégales sur la plateforme, soulevés par certains de ses employés eux-mêmes depuis le début du projet, ils se demandent si ce n'est pas du pain béni offert aux tenants d'une régulation des messageries chiffrées.

Les États-Unis comme l'Union européenne cherchent à faire passer des textes imposant à ces messageries de créer des 'backdoors' pour permettre d'accéder aux conversations chiffrées dans le cadre d'enquêtes judiciaires. En octobre, Signal a opposé une fin de non-recevoir à la justice américaine dans le cadre d'une enquête criminelle menée par le FBI, qui cherchait à obtenir des données issues de sa messagerie.

Les transactions financières pourraient constituer un nouvel angle d'attaque pour encadrer le chiffrement des messageries, dans la mesure où les lois sur le blanchiment d'argent et les réglementations "KYC" (know your customer), destinées à prévenir notamment le financement du terrorisme, existent déjà. Bien moins populaire que WhatsApp (également chiffrée de bout en bout), Signal compterait 40 millions d'utilisateurs actifs par mois.

Cependant, elle est confrontée comme ses pairs à la problématique de la monétisation, rendue complexe par sa nature sécurisée. WhatsApp en a fait les frais lorsqu'il a cherché à modifier ses conditions d'utilisation pour simplifier la mise en relation entre utilisateurs et commerçants. La bonne équation entre garantie de la vie privée des utilisateurs, ajouts de nouvelles fonctionnalités et monétisation du service reste délicate et n'a pas encore été trouvée.

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