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Restaurant fantôme, fast service... A Re:publica, Berlin dessine les tendances du "digital food"

En Allemagne, une boucherie recrute grâce à une campagne virale, la "Data Kitchen" fait du "slow-food" en un temps record grâce à une apps de réservation et "Guru" adapte son offre de repas à livrer quasi en temps réel
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Restaurant fantôme, fast service... A Re:publica, Berlin dessine les tendances du digital food
Restaurant fantôme, fast service... A Re:publica, Berlin dessine les tendances du "digital food"

"Tu veux trainer avec des cochonnes super cools ? Deviens apprenti boucher !", "Tu rêves de travailler avec des animaux ? Deviens vendeuse en charcuterie". Humour douteux, voire scabreux ? Peut-être, en tout cas Steffan Schütze, patron d’une boucherie de village en Bavière ne s’attendait pas à avoir un succès aussi fulgurant lorsqu’il a confié sa campagne de recrutement à Kasper communication.

A coup de slogans provoquant végans et féministes, Michael Kasper est arrivé à ses fins : un million de vues sur Facebook et un buzz qui amené Steffan Schütze jusqu’à l’antenne de la radio nationale et dans les pages du très sérieux quotidien allemand, Süddeutsche Zeitung.
 

Le boucher fait le buzz

 "Il est de plus en plus difficile de recruter dans la boucherie : je voulais une campagne sur les médias sociaux qui attire l’attention des jeunes", a expliqué Steffan Schütze lors de Re: publica, le "festival de la société numérique" qui rassemble toujours plus de visiteurs chaque année à Berlin.

Et de faire d’une pierre deux coups : la boucherie Metzgerei Hack de Freising près de Munich est passée de 4 à 20 employés. Celui que les journaux appellent maintenant "le boucher le plus cool d’Allemagne", a surtout accru sa notoriété et valorisé son métier au passage. "Beaucoup de collègues artisans sont impressionnés par l’opération marketing mais pensent que ce n’est pas pour eux", regrette Steffan Schütze. Or, la campagne de "buzz" a été relativement bon marché (500 euros) et simple "une fois que l’on a compris qu’il ne faut pas prendre les attaques sur les réseaux sociaux personnellement".
 

Quand le "slow-food" épouse le "fast-service"

Au-delà du marketing, le numérique "est l’avenir de la restauration", a estimé Christian Hamerle, manager du restaurant "Data Kitchen" lors de la conférence "Digital Food" organisée en marge de Re:publica. Adapte de la cuisine de qualité, il était "l’anti-geek par excellence", dit-il de lui-même, avant de devenir un "enthousiaste du big data".
Pour venir manger au très design "Data Kitchen", il faut obligatoirement réserver à l’avance ses plats à l’avance via une application et payer sur le même support par carte ou PayPal. Un "push" du smartphone annonce que le risotto à la betterave est prêt. Pas d’attente, pas de temps perdu à l’heure du déjeuner mais attention, ici, le chef qui vient d’un restaurant étoilé sert du "slow-food-fast" à un prix extrêmement abordable.

Le concept a été réalisé avec l’aide du géant informatique allemand SAP qui voulait en faire une vitrine pour ses services cloud.  "Pour l’instant nous gagnons surtout du temps, mais nous n’utilisons pas encore les données clients", reconnaît Christian Hamerle. Une question de temps surtout : l’app développée en cinq mois n’a pas été programmée pour.

"Au départ nous voulions juste proposer un repas de qualité en 20 mn, maintenant nous voulons exploiter toutes les possibilités du big data et de la blockschain pour le suivi de nos produits." Plus tard, il espère que le restaurant et ses fournisseurs, à 80% de la région autour de Berlin, pourront gérer leurs stocks au milligramme et millilitre près.
 

Restaurant virtuel et vraie cuisine

A l’inverse de Data Kitchen, Guru a complètement abandonné le restaurant et ne cuisine que pour la livraison. "Nous voulons une cuisine conçue pour livrer des plats de qualité commandés par apps, dans le délai le plus court, avec le moins d’emballage possible tout en restant chaud au moment de la livraison", explique Paul Gebhardt, co-fondateur de "Guru collective". Burritos, soupe ou salade de quinoa, "nous adaptons notre offre en fonction des saisons et des données de recherche de Google food", nous explique-t-il.

La start up a déjà install
ée ses "restaurants fantômes" à Madrid et arrive à Milan.  Pour l’heure, elle ne compte pas encore s’installer à Paris "où le marché est énorme mais aussi la concurrence comme frichti.co".

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