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Auditionnée par les eurodéputés, Margrethe Vestager détaille sa feuille de route pour le Numérique

La commissaire européenne à la Concurrence a non seulement été reconduite dans ses fonctions par la présidente-élue Ursula Von der Leyen, mais s’est aussi vu confier le Numérique. Entendue par les eurodéputés mardi 8 octobre 2019, Margrethe Vestager a précisé sa feuille de route. Elle entend maintenir le cap, tout en adaptant ses méthodes.
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Auditionnée par les eurodéputés, Margrethe Vestager détaille sa feuille de route pour le Numérique
Auditionnée par les eurodéputés, Margrethe Vestager détaille sa feuille de route pour le Numérique © Wikimedia / Parlement européen

Elle aura une place toute particulière dans la prochaine Commission européenne. Margrethe Vestager, déjà commissaire à la Concurrence dans la commission Juncker, devrait aussi hériter du portefeuille du Numérique à partir du 1er novembre 2019. Auditionnée dans ce cadre par les eurodéputés mardi 8 octobre 2019, la Danoise a dû défendre ses positions en la matière. Celle qui s’est taillé une réputation d’intransigeance vis-à-vis des GAFAM mènera l’un des chantiers stratégiques de l’Union européenne.

 

OBJECTIFS RéAFFIRMéS, MéTHODES DIFFéRENTES

La première question a fusé. Est-il possible de cumuler les fonctions de commissaire à la Concurrence et au Numérique, sans aucun conflit d’intérêts ? C’est, peu ou prou, ce qu’ont demandé à Margrethe Vestager les parlementaires présents. "C’est la première chose que j’aurais demandé à pareil candidat. L’indépendance dans l’implémentation des lois est non-négociable, a-t-elle évacué. Qui plus est, chacune d’entre elles sera soumise à un double-scrutin [au Parlement européen, N.D.L.R.] au besoin."

 

Une fois les (faibles) doutes levés, la commissaire désignée a détaillé son plan d’action. Constat : la lutte contre les pratiques anti-concurrentielles des GAFAM devrait encore s’intensifier. Margrethe Vestager dit vouloir s’intéresser au "sort des petites mains" qui travaillent pour ces géants technologiques afin de leur garantir une rémunération minimale – ce qu’on appelle la "gig economy" ou "économie des petits boulots", en français. La Danoise a déjà imposé des amendes records pour un total de près de sept millions d’euros à Google au cours de la dernière mandature, pour des abus de position dominante avec son moteur de recherche puis son système d’exploitation pour smartphones, Android. Mais, hier, elle a assuré que frapper les multinationales au portemonnaie ne constitue pas "une arme absolue et suffisante" pour réguler leur activité… sans donner d’indications quant à ses futurs "remèdes" pour résoudre le problème.

 

Par ailleurs, la justice européenne se prononcera prochainement sur la somme de 13 milliards d’euros qu’Apple s’est vu contraint de verser à l’Irlande, qui lui aurait accordé certains "cadeaux" fiscaux. A ce sujet, lors de son audition par les parlementaires, Margrethe Vestager a indiqué que son combat contre ce type d’accords, qu’elle juge inéquitables, va se poursuivre. Elle a signifié aux Etats membres qu’ils seront tenus de fournir des informations sur leurs pratiques en la matière pour faciliter la détection de telles pratiques, nuisant finalement à la construction européenne.

 

DE NOMBREUX DOSSIERS sur le COURT TERME

De grands dossiers attendent Margrethe Vestager… dont la poursuite de certains qu’elle a elle-même initiés sous la précédente commission. Le sujet d’une taxe GAFAM, déjà votée à l’échelle nationale par la France et prochainement par l’Italie, est toujours sur la table au niveau européen. La question de l’éthique dans le cadre de l’analyse des données et de l’exploitation de l’intelligence artificielle, qui "devra être réglée dans les 100 premiers jours" de la nouvelle commission, reste à renforcer. La montée en niveau des compétences générales en matière de numérique et la recherche technologique seront également au cœur des enjeux stratégiques de ces cinq prochaines années. Des textes tels que le règlement ePrivacy et la réforme du droit d’auteur doivent renforcer encore le RGPD. De quoi atteindre l’objectif d’Ursula Von der Leyen, qui souhaite bâtir "un climat de confiance".

 

Selon les eurodéputés, la commissaire désignée a "habilement" répondu aux questions et s’est montrée à même d’occuper ce périmètre élargi de la Concurrence et du Numérique. "Nous avons déjà des lois efficaces. Notre marché unique permet aux entreprises européennes de grandir et d’innover, pour devenir les meilleures dans leur domaine. Mon engagement sera de faire en sorte que l’Europe ne se calque pas sur la Chine ou les Etats-Unis. L’engagement que je prends devant vous, c’est de lui permettre de rester fidèle à elle-même. De construire nos propres forces pour que notre société soit puissante tout en restant juste", les a assurés Margrethe Vestager, visiblement parée au combat.

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