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Avec BizLab, Airbus s'injecte une dose d'esprit start-up

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Airbus vient de lancer à Toulouse BizLab, un accélérateur de start-up. L’avionneur européen compte sur cet outil pour développer des services innovants et créer un réseau mondial de BizLabs.

Avec BizLab, Airbus s'injecte une dose d'esprit start-up
Avec BizLab, Airbus s'injecte une dose d'esprit start-up © D.R.

Pour banale qu’elle soit, l’anecdote est pourtant révélatrice. "Fabrice Brégier m’a dit que j’aurai dû lui donner un t-shirt à lui aussi !", confie Bruno Gutierres, directeur de BizLab, lui-même vêtu d’un t-shirt comme toute son équipe. En ce lundi 9 mars, jour de lancement du premier accélérateur de start-up d’Airbus, le PDG de l’avionneur européen veut montrer qu’un nouvel état d’esprit souffle sur ses terres toulousaines : le BizLab, dédié à l’aéronautique et au spatial, a plus à voir avec un Facebook et son patron connu pour son rejet du costume-cravate, qu’à un bureau d’ingénierie classique aux tenues vestimentaires ultra codifiées. La preuve de cette ouverture ? Le directeur des systèmes d’informations de Coca-Cola est présent, un patron de l’accélérateur de start-up Techstar de Boston a aussi fait le déplacement.

Pour résumer, BizLab, c’est le nouvel outil qui devrait permettre à Airbus d’élaborer des solutions innovantes en matière de services à l’industrie aéronautique. En bref, un laboratoire de nouveaux business qui vise non pas à vendre des avions mais des solutions pour mieux s’en servir (économie de carburant, systèmes de sécurité des avions…). L’objectif avec ce bâtiment de 700 m², situé à Colomiers à proximité du site d’Airbus : accélérer le rythme de commercialisation de nouvelles idées, issues des "intrapreneurs" du groupe (des salariés d’Airbus) ou d’entreprises extérieures (en particulier des start-up). "Nous n’avons pas de contrat avec Coca-Cola, affirme Bruno Gutierres. Mais nous sommes deux grands groupes dont les problématiques d’innovation sont communes". Aujourd’hui, huit start-up sont hébergées par BizLab et huit autres, qui ne sont pas présentes dans le bâtiment, bénéficient du programme d’accélération.

Quand Airbus s’inspire de Google, Apple et Microsoft

"Les idées nouvelles et l’innovation, c’est essentiel au maintien du leadership d’Airbus, explique Fabrice Brégier, son PDG. BizLab va nous aider à recueillir les meilleures idées innovantes et à les introduire plus rapidement sur le marché". Deux projets ont été mis en avant en guise d’exemple : un système de contrôle de sécurité des ouvertures de l’avion au sol élaboré par Sigfox, et une solution de guidage numérique pour les pilotes après atterrissage dénommé Dynamo. Les méthodes de travail de cet accélérateur reposent en grande partie sur celles qui ont cours dans le monde des jeux vidéo et du logiciel : méthodes agiles de développements de projets (processus de design et de prototypage ultra rapides), échanges ouverts avec la communauté business et scientifique internationale, environnement de travail propice à l’émergence de nouvelles idées… En aparté, le directeur de cette nouvelle entité ne cache pas qu’en interne certains ont vu arriver BizLab avec méfiance : "Je savais que ça allait tiquer !", sourit Bruno Gutierres.

Le BizLab bouscule le monde de ceux qui étaient jusque-là les seuls maîtres à bord, les ingénieurs issus du sérail aéronautique. Mais le patron d’Airbus n’en est que trop conscient : les projets d’ingénierie standards, s’ils donnent satisfaction pour le développement d’un nouvel appareil au complet, peinent en raison de leurs lourdeurs à faire émerger rapidement de nouvelles solutions. "Nous sommes intéressés par les concepts portés par des entreprises comme Google, Apple et Microsoft, confirme Fabrice Brégier. Et Airbus porte aussi ces concepts". Le BizLab est donc pour Fabrice Brégier l’un des outils qui donnera corps à l’innovation incrémentale tant vantée par le PDG d’Airbus, qui vise à améliorer un appareil par petites étapes successives (à l’image de l’A320neo et de l’A330neo). Le BizLab pourra d’ailleurs aussi s’appuyer sur ProtoSpace, le Fab Lab d’Airbus lancé début 2014 qui permet de prototyper des innovations en un temps record (une centaine de jours).

Des BizLab à Hambourg et Bangalore

Combien le groupe investit dans cet accélérateur ? "Pas assez !", répond tout de go Fabrice Brégier. Son installation a nécessité une enveloppe d’environ 400 000 euros. "Mais je souhaite que nous y investissions davantage de moyens, continue le dirigeant. Pour rappel, notre chiffre d’affaires est d’environ 40 milliards d’euros. Plusieurs millions d’euros, plusieurs dizaines. Voire plusieurs centaines de millions d’euros. S’il y a de bons projets, nous trouverons des financements". La nouvelle entité bénéficiera in fine des moyens d’un grand groupe et de l’état d’esprit qui règne au sein des start-up. Et elle devrait bientôt faire des petits : d’autres centres, plus ou moins similaires à BizLab qui ouvriront dans quelque mois, à Hambourg (Allemagne) et Bangalore (Inde). C’est donc tout un réseau d’accélérateurs de start-ups qu’Airbus compte mettre en place.

A Toulouse, Olivier James

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