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Avec son cœur de processeur Cortex-A72, ARM veut barrer la route des smartphones à Intel

En lançant son Cortex-A72, le spécialiste britannique de cœurs de processeurs ARM dresse une muraille devant Intel dans les smartphones. Il espère par la même occasion encourager des grands clients comme Apple, Qualcomm ou Nvidia, à utiliser les cœurs ARM plutôt que ceux qu'ils développent en interne.
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Avec son cœur de processeur Cortex-A72, ARM veut barrer la route des smartphones à Intel
Avec son cœur de processeur Cortex-A72, ARM veut barrer la route des smartphones à Intel © ARM

Intel a gagné la bataille des tablettes en 2014. Son concurrent britannique ARM est décidé à ne pas se laisser faire. Il riposte sur le terrain des smartphones avec un nouveau cœur de processeurs à 64 bits : le Cortex-A72. Et pour garder l’avantage sur son grand rival américain, il joue, comme à ses habitudes, sur ce que personne ne sait faire mieux que lui au monde : proposer un maximum de performances pour un minimum de consommation énergétique. Une force qui a imposé son architecture dans près de 95% des smartphones.

Par rapport au Cortex-A57, qui équipe la nouvelle génération de processeurs mobiles en gravure de 20 nm, comme le Tegra X1 de Nvidia, l’Exynos 7 de Samsung ou le SnapDragon 810 de Qualcomm, le Cortex-A72 en gravure de 16 nm (produit par le fondeur taiwanais TSMC) promet un gain de performances de 90% pour la même consommation de courant. Par rapport au Cortex-A15, qui motorise la génération précédente en 28 nm, comme le Tegra K1 de Nvidia, l’Exynos 5 de Samsung ou le SnapDragon 800 de Qualcomm, le gain en performance atteint un facteur 3,5 pour une consommation réduite de 75%.

Intel à la traîne

Un vrai défi pour Intel. Car le géant américain des semi-conducteurs est bon en performances, mais pas en consommation, ni en coûts, deux critères clés d’adoption dans les mobiles. C’est pourquoi il ne motorise aujourd’hui que principalement deux smartphones : le ZenPhone d’Asus et le K900 de Lenovo. Mais l'américain sait sortir les grands moyens. C’est ainsi qu’il a gagné son pari dans les tablettes en battant Qualcomm en 2014. Au prix d’une perte de 4,2 milliards de dollars sous la forme de réduction de prix, d’aide technique et d’accompagnement marketing en faveur de ses clients.

ARM ne vend pas de puces. Il concurrence Intel indirectement via ses licenciés (Qualcomm, Nvidia, Samsung, MediaTek…) qui exploitent ses cœurs pour la construction de leurs processeurs mobiles. Voir Qualcomm, l’un de ses plus grands licenciés, perdre la bataille des tablettes, est un coup dur. Pas question de laisser le scénario se répéter dans les smartphones, pressenti comme le prochain terrain de l’offensive d’Intel. Le géant américain prépare déjà l'artillerie lourde avec le lancement au troisième trimestre 2015 de Sofia, sa première puce intégrant processeur d’application et modem cellulaire, à l’instar de ce que fait Qualcomm depuis longtemps. Et pour amorcer son adoption sur le marché, il a conclu un accord stratégique avec le fournisseur chinois de puces Rockchip et injecté 1,5 milliard de dollars dans deux autres acteurs locaux : RDA Microelectronics et Spreadtrum. L’objectif est clair : se servir de ces partenaires comme cheval de Troie pour entrer chez les constructeurs chinois de mobiles.

Contrer ses clients

Résister au rouleau compresseur Intel est donc vital pour ARM. Mais ce n’est pas son seul souci. Le britannique cherche également à contrer la tendance qu’ont ses grands licenciés comme Apple, Qualcomm ou Nvidia à créer leurs propres cœurs de processeurs. Certes, ils utilisent toujours le jeu d’instructions de son architecture. Mais cela rapporte moins en redevances que l’emploi de ses cœurs finis, comme en témoigne la baisse de ses revenus de royalties lors des derniers trimestres. Une évolution qui inquiète de plus en plus les investisseurs. ARM est convaincu que la situation est réversible. Il lui suffit pour cela de proposer un cœur plus performant que ceux créés par ses licenciés. L’exemple de Qualcomm le démontre. Pour sa nouvelle génération de puces SnapDragon 810 et 805, il a laissé tomber son propre cœur Krait au profit du Cortex A57 d’ARM. Comme quoi ARM a encore de beaux atouts en mains. Même si la menace Intel est sérieuse.

Ridha Loukil

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