Bad Buzz : Airbnb fait dérailler la SNCF, et tout ce que ça cache...

Le partenariat qu'a tenté de lancer Voyages-sncf.com avec AirBnB est mort dans l'œuf.

La colère des professionnels du tourisme a forcé la filiale de la SNCF à rester à quai et fait rejaillir le besoin d'encadrer la nouvelle économie, pour qu'enfin cessent les conflits entre les modèles pré et post numérique.

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Bad Buzz : Airbnb fait dérailler la SNCF, et tout ce que ça cache...

Jamais aller-retour ne fut aussi rapide pour la SNCF. Voyages-sncf.com, filiale de la société de transport ferroviaire voulait expérimenter un système offrant aux internautes réservant leur billet de train en ligne la possibilité de louer leur logement pendant leur absence via la plate-forme AirBnB. Il n'en sera rien.

La colère des acteurs du secteur de l'hôtellerie a douché bien vite l'enthousiasme du site de vente en ligne de billets de train. Celui-ci a annoncé, dans un communiqué laconique et teinté amertume, que "face à l’incompréhension créée par la promotion ponctuelle de Voyages-sncf.com avec AirBnB, Voyages-sncf.com a décidé d'arrêter l'opération en cours et de prendre le temps du dialogue avec l’ensemble des professionnels de l’hôtellerie afin d’analyser les conditions dans lesquelles les nouveaux modèles d’économie collaborative peuvent contribuer à la relance du tourisme en France."

Au micro de France Inter, le président du Syndicat national des hôteliers restaurateurs cafetiers traiteurs (Synhorcat), Didier Chenet, justifiait l'ire de toute la profession par le manque de patriotisme de ce partenariat impliquant "une entreprise publique subventionnée par l'Etat et par le contribuable" et offrant des parts de marché à "une société étrangère qui, par des artifices, réussit à ne déclarer que 5% de son chiffre d'affaires en France ?"

Cette levée de boucliers n'est pas sans rappeler celle des Taxis face à Uber, qui avait tourné à l'affrontement et résonné jusqu'aux Etats-Unis, notamment via ce tweet de Courtney Love coincée dans un VTC à paris :

Car au fond, cette opération de la SNCF n'est qu'une goutte d'eau qui a (re)fait déborder le vase. Les critiques vis-à-vis des géants venus d'ailleurs sont toujours les mêmes : destruction d'emploi et non-respect des règles fiscales.

Ce nouvel épisode est une preuve supplémentaire (mais ne le savions-nous pas déjà que trop ?) de la nécessité d'encadrer les activités nées de la révolution digitale et de réglementer les nouvelles formes de travail. Et vite.

A lire aussi : Le numérique révolutionne le travail (et voilà pourquoi vous devez vous en soucier)

De l'aveu même d'Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au numérique, "deux ans pour faire aboutir un projet de loi, c'est trop long". À la vitesse avec laquelle ces nouveaux acteurs bouleversent les modèles établis, on ne saurait lui donner tort.

De leur côté, les lobbys - du tourisme cette fois-ci, des taxis, des pharmaciens, des opticiens précédemment et ceux qui ne manqueront pas de se faire percuter à l'avenir - ne peuvent se contenter de se mettre debout sur les freins. Si l'équité face à la loi est un combat légitime, les acteurs traditionnels doivent aussi chercher à se réinventer via les outils digitaux, pour mieux connaitre leurs clients, s'adresser à eux différemment, leur apporter de meilleurs services...

Et d'ici là, si la SNCF veut résoudre le problème des billets de train trop chers, il va falloir qu'elle baisse ses tarifs.

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