Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Baromètre du jeu vidéo 2017 en France : l'emploi progresse mais les entreprises peinent à se financer

Analyse Le syndicat national du jeu vidéo a rendu public la quatrième édition de son baromètre annuel du jeu vidéo en France. Une étude qui éclaire les difficultés des studios de développement sur le recrutement et le financement. Toutefois, sur un marché qui compte de plus en plus d'acteurs, l'emploi progresse.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Jeux vidéo en France : l'emploi progresse mais les entreprises peinent à se financer
Baromètre du jeu vidéo 2017 en France : l'emploi progresse mais les entreprises peinent à se financer

Le syndicat national du jeu vidéo (SNJV) a publié le mardi 19 décembre la quatrième édition de son baromètre annuel du jeu vidéo en France, réalisé avec l’Idate Digiworld*. Le rapport se penche notamment sur la situation économique des entreprises du secteur et l’emploi.

 

“On a eu de très beaux succès internationaux", exprime Julien Villedieu, délégué général du SNJV, à L'Usine Digitale. "Parmi les 10 jeux vendus sur l’App store et le Google Play Store, cinq sont français. Il y a les succès de sociétés établies depuis 10 ou 20 ans. On est arrivés à un moment de maturité de notre industrie.“ Malgré tout, pour les jeunes studios comme pour les mieux implantés, des difficultés persistent sur un marché très évolutif.

 

 

La dématérialisation bouscule les pratiques

85 % des développeurs de jeux pour ordinateurs louent Steam comme la plateforme de diffusion prioritaire. Un chiffre éloquent sur la domination des boutiques en ligne et la dématérialisation des supports. Le phénomène a notamment été renforcé par l’arrivée des titres “AAA” (jeux à gros budget ou en haut des classements de vente) sur les boutiques en ligne des consoliers (Playstation Network, Nintendo eShop ou Microsoft XBLA). Aujourd’hui, 100 % des studios interrogés par le SNJV commercialisent en format dématérialisé alors que 24 % le font sur support physique.

 

Un contexte qui amène une majorité de studios (63 %) à priviliégier l’auto commercialisation. Une part néanmoins en baisse par rapport à 2015 comme le note le rapport : “Si les développeurs peuvent avoir des velléités d’assumer des tâches d’édition, ils ne disposent pas nécessairement des compétences correspondantes, ni des moyens pour réussir dans ce domaine. Le recours à un éditeur semble ainsi une étape qui restera nécessaire dans la plupart des cas”

 

L'avènement des boutiques en ligne peut aussi provoquer un effet d'engorgement des plateformes où il est complexe de creuser sa place et de devenir rentable. “Ce qui est extrêmement difficile, c’est d’être visible et d’avoir un succès commercial. N’étant pas assurés de la réussite, des investissements sont souvent réalisés à perte”, remarque Julien Villedieu. “Sur mobile ou tablette, il y a pratiquement 700 nouveaux jeux et applications par jour commercialisés. C’est colossal. Lorsque vous voulez émerger ça peut représenter des difficultés.”

 

L'emploi progresse mais le recrutement est délicat

Par rapport à 2016, le chiffre d’affaire moyen des entreprises interrogées a diminué de 26,5 % en 2017 pour atteindre 2,2 millions d’euros, avec une médiane à 130 000 euros. Des chiffres qui illustrent le décalage entre les petits studios et les grosses entreprises. Et la baisse moyenne du chiffre d’affaire pourrait être générée par le nombre croissant de micro-entreprises. Un phénomène qui a paradoxalement tendance à favoriser l’embauche. En 2018, le secteur des jeux vidéo pourrait créer près de 1300 emplois équivalent temps plein selon l’étude.

 

Le délégué général du SNJV souligne néanmoins les difficultés de recrutement pour les entreprises : “Les métiers de la programmation sont en tension en France et dans le monde. D’autres secteurs d’activité sollicitent ces développeurs et c’est assez difficile de lutter contre d'autres secteurs qui restent attractifs.”

 

Des financements difficiles à trouver

L’un des principaux obstacles pour les entreprises du jeu vidéo est la difficulté de trouver des financements. 87 % des entreprises sont financées en fonds propres et seules 28 % recourent au crédit bancaire, difficile d’accès. “Les entreprises ont du mal à accéder aux outils de financement classique que ce soit le crédit bancaire ou d’autres relais de financement”, observe Julien Villedieu. “C’est la raison pour laquelle elles utilisent massivement l’autofinancement mais c'est aussi pour cela que les aides mises en place (le crédit d’impôt jeu vidéo ou le fonds d’aide au jeu vidéo) ont montré toute leur pertinence.”

 

Le SNJV poursuit ses discussions avec le ministère de la culture, de l'économie et du numérique pour renforcer l'attractivité de la France sur la production des jeux vidéo. En 2018, un groupe d’étude sur le jeu vidéo débutera également ses activités à l’Assemblée Nationale.

 

*L’enquête a été réalisée entre mai et juillet 2017 à partir d’un questionnaire en ligne adressé aux entreprises adhérentes ou non au SNJV. Les 198 répondants incluent des dirigeants, des développeurs, éditeurs, distributeurs, fabricants d’accessoires, prestataires, etc.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale