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Baromètre du numérique 2017 : la fracture se résorbe... lentement

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Infographie Le baromètre du numérique 2017 qui mesure l'adoption par les Français des outils numériques a été rendu public ce lundi 27 novembre. Le rapport révèle des compétences en progression et un recours de plus en plus généralisé à l'internet mobile. Mais il expose une fois de plus l'existence d'une fracture numérique que le gouvernement tente de résorber, assure Mounir Mahjoubi à L'Usine Digitale.

Baromètre du numérique 2017 : la fracture se résorbe... lentement
Mounir Mahjoubi, Orianne Ledroit (Agence du Numérique), Gérard Lallement (CGE) et Martine Lombard (Arcep). © Simon Chodorge

Le baromètre du numérique 2017* a été présenté ce lundi 27 novembre. Cette étude annuelle mesure l’adoption par les Français des équipements numériques et détecte les inégalités d’accès ou de compétences afin d’orienter l’action de l’Etat. Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du numérique, était présent pour dresser ses conclusions et rappeler les objectifs du gouvernement.

 

 

L’usage du mobile dépasse celui de l’ordinateur

Désormais, 42 % des Français se connectent le plus souvent grâce à leur smartphone contre 38 % par ordinateur. Alors que le taux de Français équipés d’un ordinateur stagne à 81 % (il a diminué d’un point par rapport à 2016), 73 % sont équipés d’un smartphone : c’est 8 points de plus que l’an dernier.

 

Les usages de l’Internet mobile progressent pour tous les usages : téléchargement d’applications, messagerie, consultation des emails, regarder des vidéos… Sans surprise, l’usage du mobile est surreprésenté chez les personnes entre 12 et 24 ans. “Ca peut vouloir dire deux choses. Soit les pratiques des plus jeunes anticipent les tendances de l’avenir, soit on tend à partir de 25 ans vers un usage plus modéré. On verra avec le baromètre 2018”, exprime Martine Lombard, membre du collège de l’Arcep.

 

 

Une fracture numérique bien réelle

Si l’équipement et les compétences des Français progressent, la fracture numérique se résorbe lentement et laisse encore des millions de personnes “en-dehors de la grille”. 12 % de la population âgée de 12 et plus, soit 7 millions de personnes, ne se connectent jamais à Internet. Et 18 millions s’estiment peu ou pas compétents pour utiliser un ordinateur. Des constats qui se retrouvent le plus souvent chez les personnes à bas revenu, les personnes au foyer, seules, les retraités, ceux de 70 ans et plus,  et surtout les non diplômés.

 

Le taux de connexion “fixe” au domicile n’a pas augmenté depuis 2016, il est stable à 85 %. Et 23 % des Français ne sont pas prêts à adopter de nouvelles technologies ou de nouveaux services numériques. “Ceux qui se présentent comme les moins habiles pour utiliser un ordinateur sont aussi les plus réfractaires à un tel apprentissage, et nécessiteront donc d’être accompagnés”, juge le rapport.

 

Quel accompagnement pour les Français non connectés ?

Mounir Mahjoubi a maintenu les principaux objectifs du gouvernement en matière de numérique : d’ici 2022 rendre possibles 100 % des démarches administratives en ligne, couvrir l’ensemble du territoire en très haut débit fixe et mettre fin aux zones blanches 4G. Le secrétaire d’Etat n’a pas donné beaucoup plus d’informations sur le dialogue en cours avec les opérateurs de télécommunications. En revanche, il a précisé la stratégie qui serait mise en oeuvre pour résorber la fracture numérique.

 

Pour l’instant la majorité des Français apprennent à utiliser les outils numériques seuls, avec des membres de leur famille, des amis ou des collègues. Pour une majorité également, le dispositif le plus adapté serait un accompagnement personnel ou collectif dans un lieu dédié en dehors du milieu professionnel. Cet accompagnement devrait se jouer au niveau départemental comme l’explique Mounir Mahjoubi à L'Usine Digitale : “Ce ne sera pas la même solution d’un département à l’autre. Je veux que tous les acteurs disent quels publics sont éloignés, ensuite on regardera qui est capable d’accompagner. Des départements auront un tissu d’associations du numérique très dense. L’enjeu, c’est de savoir comment on leur donne une place importante et comment on les finance. D’autres n’ont pas d’associations : on va regarder si on favorise leur création ou si on donne les moyens aux maisons du service au public.”

 

Sur la numérisation des démarches en ligne, le secrétaire d’Etat a indiqué que cela n’aurait pas de caractère contraignant pour les personnes non-connectées : “Ca ne veut pas dire fermer les guichets et numériser les guichets. La trajectoire du gouvernement, c’est d’offrir à ces personnes la capacité d’être reçues avec un guichet unique où on est capable de les orienter et de prendre des décisions sur l’intégralité du portefeuille de services publics.”

 

Tous les résultats en un coup d'oeil

 

 

*Etude commandée par l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes), le CGE (Conseil général de l’économie) et l’Agence du Numérique. Elle a été réalisée par le Crédoc (centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) en interrogeant plus de 2000 personnes âgées de 12 ans et plus. L’enquête est réalisée tous les ans depuis 2000 et ses données sont disponibles en ligne depuis 2007.

 

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