Box Internet, TV, radio... c'est le concept même de redevance qu'il faut interroger

Ce n'est pas la première fois que la mesure est évoquée. Comme les téléviseurs, la possession d'un accès à Internet pourrait entraîner le paiment de la redevance audiovisuelle. Conséquence logique de la multiplication des écrans ou mesure anachronique ?

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 Box Internet, TV, radio... c'est le concept même de redevance qu'il faut interroger

"On ne va pas réagir sur le projet de redevance sur les box Internet. Mais les élites politiques ont du mal avec les enjeux de l'économie numérique." élude le responsable d'un think tank numérique, contacté par l'Usine Digitale.

De fait, alors que la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, s'était dite favorable à cette mesure, sa successeuse à l'économie numérique, Axelle Lemaire s'est montré beaucoup moins enthousiaste.

Pour la première, il y aurait une logique à élargir aux possesseurs de box qui n'ont pas de téléviseur la contribution à l'audiovisuel public car "beaucoup de la consommation de la télévision passe par les box". Interrogé par nos confrères de l'Opinion, Axelle Lemaire a reconnu de son côté n'être pas "tellement favorable" à cette proposition, qui toucherait surtout les jeunes. Le ministère de la Culture et de la Communication avait pourtant indiqué qu'une éventuelle réforme ne devrait toucher "ni les ménages jeunes ni les foyers fragiles".

Téléviseurs et portables pour tous ou presque

Si l'on s'en tient aux données publiées par l'Insee, la part des ménages détenant un téléviseur est plutôt stable aux alentours de 97 %, tandis que la possession d'un ordinateur (77 % des ménages) ou d'une connexion à Internet (75 %) croissent régulièrement. Sans parler des téléphones portables (89 %).

Qu'une partie des téléspectateurs utilisent leurs tablettes pour regarder en direct ou en rediffusion ne fait guère de doute. Il n'est cependant pas exclu que d'autres possesseurs de tablettes ont choisi délibérément de ne pas avoir de téléviseur, parce que les programmes ne les intéressent pas. Y compris sur les chaînes publiques, que Delphine Ernotte, la nouvelle présidente de France Télévisions, considère comme "notre bien commun à tous". Invitée de France Inter, elle a indiqué qu'en l'état, les recettes du groupe ne permettaient pas de financer l'ensemble des obligations contenues dans le cahier des charges.

La redevance, un système obsolète ?

Le système de la redevance, inventée à une époque où l'offre de divertissements et d'informations audiovisuelles était rare, semble difficile à justifier aujourd'hui. Avec un abonnement à Netflix ou au site Mubi, il est possible d'accéder à des films ou des séries. Une information de qualité et contradictoire peut être trouvée sur bien des sites Internet, gratuits ou payants. Sans oublier les financements participatifs de documentaires, ou d'oeuvres culturelles. C'est dire qu'il est d'autres moyens que le service public pour financer collectivement des contenus.

Gilles Babinet ne s'y trompe dans la tribune qu'il a consacrée au sujet sur le site des Echos. Derrière la mesure discutée, il y voit un symbole de "la décrépitude du système fiscal français, si complexe qu'il rompt le principe d'équité des citoyens face à l'impôt, que l'on maintient pourtant en vie parce qu'il a le mérite d'exister". Il propose plutôt une fiscalisation de la redevance après qu'un débat aura décidé de la nécessité ou non de maintenir un secteur audiovisuel public.

En attendant, la décision ultime devrait revenir au président de la République, qui devrait se prononcer sur le choix ultime lors de sa sixième conférence de presse, lundi 6 septembre. Jusqu'ici, François Hollande s'est prononcé contre une intégration de la redevance dans les impôts.

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