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Bruxelles demande que les extensions web en .vin ou .wine ne soient plus attribuées sur le web

La fin de l’attribution des extensions en .vin ou .wine ? C’est ce que demande la Commission européenne a l’organisme américain chargé d’allouer les noms de domaine. Bruxelles veut contrer les sociétés commerciales qui se précipitent sur ces terminaisons web attrayantes pour faire du profit, au dépend des viticulteurs du Vieux Continent.
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Bruxelles demande que les extensions web en .vin ou .wine ne soient plus attribuées sur le web
Bruxelles demande que les extensions web en .vin ou .wine ne soient plus attribuées sur le web © D.R

".paris", ".BZH", ".bio", ".archi"… Les nouveaux noms de domaine se multiplient, attribués par la puissante Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers). Depuis le début de l’année 2013, de nombreuses sociétés trustent les terminaisons ".vin" et ".wine" pour leur site web. Au départ, seuls les spécialistes de la viticulture étaient censés bénéficier de cette appellation engageante pour les amateurs de vin. Mais aujourd’hui, la plupart des candidats ne travaillent pas dans ce secteur.

Selon l’AFP, Bruxelles craint que les viticulteurs du Vieux Continent, qui s’échinent à suivre les règles strictes des Appellations d’origine contrôlées (AOC), ne pâtissent de l’utilisation purement commerciale de ces extensions par des spéculateurs. Ces derniers pourraient utiliser les AOC sans se soumettre au règlement qui les accompagne, car ces textes européens n’ont pas de poids au niveau mondial.

Bruxelles affiche sa fermeté

La Commission européenne a tapé du poing sur la table le 16 septembre 2013 : elle a demandé à l’Icann de bloquer la procédure d’attribution de ces noms de domaine, tant que les appellations géographiques ne seront pas mieux protégées au niveau mondial.

"Notre position reste ferme : en aucun cas, nous ne pouvons accepter d'avoir sur internet les .vin et .wine, sans que les droits et les intérêts des indications géographiques et ceux des consommateurs ne soient suffisamment protégés", écrit la commissaire en charge des Nouvelles technologies Neelie Kroes à l'Icann, dans un courrier daté du 12 septembre relayé par l'AFP.

L’Icann reste souveraine

Ce contentieux entre les sociétés commerciales et les viticulteurs européens n’est pas neuf : il a été débattu au mois de juillet 2013 au cours d’un sommet de l’Icann à Durban. Face à l’impossibilité de trouver un accord, l’organisme avait donné un délai d'un mois aux protagonistes pour s’entendre. Peine perdue, le conflit perdure.

Aucune règle n’impose à l’Icann, société américaine, de se plier à la volonté de Bruxelles. Il n’est donc pas certain qu’elle repousse une seconde fois l’opération (à l’heure où nous publions cet article, l’établissement n’a pas encore répondu à la Commission européenne).

Lélia de Matharel

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