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C2Montréal : les 8 règles pour "disrupter" la conférence d’affaires

Richard Saint Pierre, le président de C2M, a expliqué comment cette conférence pas comme les autres est née et s’est développée. Huit règles qui vont de l’utilisation en amont des TIC à la création d’un modèle économique différent. Entre créativité et mise en relation, C2M vise maintenant à se répliquer pour créer un réseau mondial.
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C2Montréal : les 8 règles pour disrupter la conférence d’affaires
C2Montréal : les 8 règles pour "disrupter" la conférence d’affaires © Agnieska

Tout commence par une belle histoire. En 2008, alors que l’économie mondiale va mal, l’agence de publicité Sid Lee en compagnie du Cirque de soleil cherche à aider Montréal et son économie. Ils pensent à créer une conférence : C2 Montréal est né avec un storytelling impeccable. Cette année, c’est la quatrième édition et Richard Saint Pierre, le président, nous a expliqué les moyens mis en œuvre pour inventer cette "conférences d’affaires autrement", comme le proclame le programme. Revue de huit recettes pour créer cet événement entre "Davos et le festival des burning men", selon les mots du président.

Règle numéro 1 : changer le regard

Créer une conférence de plus n’avait pas beaucoup de sens. Les deux partenaires ont préféré revoir la manière de faire. "Les gens ne viennent pas pour assister à une conférence, ils viennent participer", explique Richard Saint Pierre. Pour cela, le président assure que la majorité des 4 000 personnes présentes viennent d’entreprises de taille moyenne qui ont pour projet de grandir, qui cherche à s’internationaliser.

Règle numéro 2 : favoriser les rencontres

Dès l’origine, le projet avait deux fondements : favoriser la rencontre et être un lieu de créativité. Au fil du temps, assure Richard Saint Pierre, l’équilibre entre ses deux objectifs a bougé. La quatrième édition est davantage placée sous le signe du réseautage que les précédentes. Dès le premier jour, à 13 heures, 840 rencontres d’affaires avaient d’ores et déjà eu lieu. Sachant que l’événement dure trois jours… Le résultat ne doit rien au hasard. Sur les lieux, on compte pas moins de 70 concierges, qui contactent les gens pour savoir de quoi ils ont besoin.

Règle numéro 3 : utiliser les TIC

Toujours pour stimuler les rencontres d’affaires, la C2M a développé une application qui s’appelle HUB, pour mettre en relation les demandes des uns et des autres. Quand il a voulu développer cet outil, le président raconte volontiers avoir réalisé une étude de marché et n’avoir rien trouvé de concluant. Résultat : c’est une société de Laval (Canada) qui faisait de la rencontre amoureuse qui a adapté son logiciel pour les rencontres d’affaires. Quand il s’inscrit à la conférence, chacun est invité à préciser ses attentes et ce qu’il peut offrir. Ensuite, le logiciel fait son œuvre et met en relation les personnes qui pourraient contracter.

Règle numéro 4 : créer des expériences exceptionnelles

Au fond, il ne s’agit que de rencontres comme on peut en faire sur n’importe quel salon. Sauf qu’ici (sous l’influence du Cirque du soleil ?) la rencontre peut être exceptionnelle. Par exemple, elle peut se faire sur la grande roue avec un objectif : trouver un accord en deux tours, le tout filmé par une caméra qui diffuse les rencontres.

Autre possibilité offerte cette année : les cinq chaises suspendues sur un filet, de sorte que les participants devisent tandis que sous leur pied défilent d’autres participants. Richard Saint Pierre en est convaincu, rien de tel pour changer l’état d’esprit de la rencontre, même si nombre d’entre elles ont lieu dans un contexte plus classique.

Le résultat est qu’en 2014 23 % des participants a fait un deal à C2 pour une valeur de 105 millions de dollars canadiens, ce qui a permis la création de 1033 emplois locaux.

Règle numéro 5 : une exécution parfaite

Que ce soit les conférences, les ateliers, tout est réglé au millimètre. Dans la grande salle, les présentations s’enchaînent de façon fluide, entrecoupée de numéros plus ou moins humoristiques. Les personnes qui prennent la parole ont visiblement répété leur numéro, pardon, leur présentation. Il est vrai que les conférences TEDx semblent être le modèle de ses numéros rôdés avec beaucoup d’émotion et comprenant de préférence une petite anecdote personnelle. Pour choisir les invités, Richard Saint Pierre assure que son équipe se tourne vers ceux qui feront l’actualité dans les 12 prochains mois avec une règle : "soit la personne est connue en tant que tel, soit c’est l’entreprise qui est connue, soit c’est quelqu’un qui n’est pas dans une entreprise connue mais qui devrait le devenir".

Règle numéro 6 : inventer un nouveau modèle économique

Richard Saint Pierre l’assure : la vente des billets à 3800 dollars n’assure que 20 % du budget total. Le reste provient à hauteur de 18 % du trio ville province pays et le solde est apporté par des partenaires privés, entreprises et fondations. Toutefois, il ne s’agit pas seulement de signer un chèque pour avoir son logo partout (il y a très peu de logos visibles). C2M, qui est un organisme à but non lucratif, offre contre le financement un service à ses partenaires. D’après le président, seulement 0,7 % du budget total correspond à un financement sans contrepartie. C’est le cas de Microsoft "partenaire leadership" pour décrocher des rencontres avec des responsables marketing, qui sont importants pour lui.

Règle numéro 7 : de belles histoires tu raconteras

Certains des visiteurs ont leur billet payé par des fondations comme, par exemple, la fondation Claudine et Stephen Brofmal qui organise un concours pour financer la venue de 20 entrepreneurs sélectionnés par un jury. L’an dernier, une jeune femme qui voulait proposer des appareils auditifs à prix réduit pour le tiers-monde a rencontré sur place Mohamed Yunus, le chantre du microcrédit. Aujourd’hui la jeune entrepreneure va se déployer au Bangladesh. De même, cette année, on peut voir une société qui a développé un monde virtuel : les catacombes de Notre Dame. Richard Saint Pierre est formel : le projet a été accéléré par une rencontre avec James Cameron…

Règle numéro 8 : développer un projet mondial

La conférence montréalaise n’est pas l’alpha et l’oméga du projet. Au cours des douze derniers mois, 6 conférences ont eu lieu dans des pays d’Europe les C2 Spark, réunissant à chaque fois cent personnes sur invitations à Zurich Milan, Copenhague ou Amsterdam.

Richard Saint Pierre annonce qu’il voudrait créer une conférence sur le même modèle que le C2M dans une ville européenne : pourquoi pas à Paris, où il a passé dix ans de sa vie. Il voudrait aussi avoir une autre conférence en Asie. À terme, il aimerait, annonce-t-il tranquillement, créer 4 événements planétaires, un par trimestre, pour "devenir le lieu où ceux qui font des affaires se rencontrent".

Christophe Bys

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