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Capital risque : tout allait bien en France... jusqu'à maintenant

Selon le baromètre EY sur le capital risque, le premier trimestre de 2020 en France a été exceptionnel, pas tant en nombre d'opérations qu'en montant moyen de l'opération financée. Reste que le chiffre global est un trompe-l'oeil : le ralentissement a été brutal dès le mois de février après un mois de janvier exceptionnel. 
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Capital risque : tout allait bien en France... jusqu'à maintenant
Comment vont se financer les start-ups après le Covid-19 ? © Pixabay

Tous les trimestres, EY publie plusieurs baromètres sur le financement des entreprises. Après un flash sur les introductions en bourse (IPO) publié fin mars, d'où il ressortait que le premier trimestre avait été très dynamique sur les places financières internationales (235 opérations pour un montant de 28,5 milliards de dollars) c'est au tour de la conjoncture française du capital-risque au premier trimestre.

Une hausse du ticket moyen 

L'arrivée du Covid 19 est survenue dans un environnement économique et financier qui restait très porteur. Ainsi, au premier trimestre de 2020, EY avait recensé 190 opérations pour un montant total de 1,63 milliard d'euros, ce qui représente une croissance de 20 % par rapport à la même période de 2019 et de 117 % par rapport à 2018. Toutefois, il faut noter qu'il s'agit davantage d'une hausse en valeur qu'en volume. Plus simplement, ce n'est pas tant le nombre moyens d'opérations qui augmente (passant de 162 au premier trimestre de 2018 opérations à 189 puis à 190 que le ticket moyen. En 2018, l'opération moyenne était de 4,6 millions d'euros. Deux ans plus tard, toujours pour le premier trimestre, il a quasiment doublé à 8,6 millions d'euros.

Les données chiffrées seules ne permettent pas de dire s'il faut voir dans cette évolution un phénomène de type inflationniste sur cette catégories d'actifs, lié à l'engouement pour tout ce qui concerne les start-ups et l'innovation ou s'il témoigne du fait que les projets qui arrivent devant les capitaux risqueurs sont plus matures et exigent donc davantage de fonds.

Ralentissement dès la fin de janvier

Toutefois, l'étude des évolutions mois par mois révèle que contrairement à ce que pourraient laisser penser les données trimestrielles, l'activité a été ralentie dès le mois de février, sous l'influence vraisemblable de la crise du Covid 19.

Par déduction, cela signifie que le mois de janvier a été exceptionnel. A lui seul, il représente plus de la moitié du trimestre avec 74 opérations représentant 898 millions d'euros. En février et en mars, les baisses sont de 16 et de 23 % avec 74 opérations pour 407 millions d'euros et 42 pour 326 opérations. EY note que c'est la première fois depuis la création du baromètre en 2011 qu'une baisse est enregistrée de mois à mois. On peut parier sans grand risque que cela ne risque pas d'être les derniers.

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