Cash Investigation : le président de Huawei France répond à la polémique sur le travail des enfants

Présent ce mercredi 5 novembre aux Assises de l'industrie organisées par L'Usine Nouvelle, François Quentin, président de Huawei France, a répondu à la polémique lancée par l'émission du magazine de France 2 Cash Investigation diffusée la veille. Ce reportage sur "les secrets inavouables de nos téléphones portables" reprochait notamment au fabricant de smartphones de se fournir auprès d'une entreprise chinoise où travaillent des enfants. D'après le président de Huawei France, au moment de la tentative d'interview des équipes de France 2, le groupe avait déjà mis fin à son partenariat avec ce sous-traitant suite à une enquête interne. 

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Cash Investigation : le président de Huawei France répond à la polémique sur le travail des enfants

Dans sa dernière émission diffusée le mardi 4 novembre et intitulée "les secrets inavouables de nos téléphones portables", le magazine de France 2 "Cash Investigation" relance la polémique sur les conditions de travail dans l'industrie de l'électronique. En surfant sur la pluie de rapports mettant en cause certaines pratiques des fabricants de smartphones comme la pollution et le travail des enfants, l'enquête d'un an menée en première ligne par le reporter Martin Boudot nous emmène des mines de République démocratique du Congo aux usines chinoises. Des images saisissantes qui mettent au jour une réalité dramatique. Jouant sur l'affect - le bijou de technologie que vous utilisez tous les jours repose sur l'exploitation des plus pauvres - l'émission pointe du doigt les dérives du système de production des principaux géants du secteur : Samsung, Apple, Sony, Nokia et LG notamment.

Huawei directement visé

Encore peu connu en Europe mais numéro 3 mondial des ventes de smartphones en 2013, Huawei fait également les frais de l'enquête de France 2. Un long passage du reportage est en effet consacré à LCE, un fabricant chinois, spécialisé dans les écrans de smartphones. Contrairement au message officiel (le travail des enfants est officiellement interdit en Chine) et grâce à la complicité d'un ouvrier équipé d'une caméra cachée, Cash Investigation montrait que l'usine située à Nanchang de cette entreprise (capture d'écran ci-contre) recourt à plus d'une centaine de travailleurs mineurs, dont la plupart ont moins de 16 ans.

Le témoignage d'une jeune fille de 13 ans est accablant : elle travaille 13 heures par jour pour le contrôle qualité des écrans, parfois de nuit et avec un jour de congé toutes les deux semaines et deux jours fériés par an ! Problème pour Huawei, elle identifie clairement un des téléphones de la marque en indiquant qu'elle participe effectivement à l'assemblage de son écran. Après ce constat édifiant, la rédactrice en chef de l'émission, Elise Lucet, passe à l'action et décide d'interroger le président français de Huawei, qui n'a visiblement pas apprécié cette irruption et les questions "directes" de la journaliste, la marque de fabrique de Cash Investigation. De quoi donner du grain à moudre à l'émission qui interprète ce refus de commenter comme une volonté de cacher la vérité au grand public : tous les ingrédients du bad buzz sont réunis et les réseaux sociaux s'en donnent à coeur joie.

Un problème identifié

Présent ce mercredi 5 novembre aux Assises de l'industrie organisées par L'Usine Nouvelle, le président de Huawei France, François Quentin a accepté de répondre à la polémique lancée par l'émission. Il justifie sa réaction par le fait qu'il ne connaissait pas Elise Lucet, ce pourquoi il lui réclame sa carte de presse. "Je pense que c'est ce qui lui a déplu", explique-t-il, précisant que la demande d'interview ne lui était pas parvenue directement. L'ex-directeur de la division aéronautique de Thales n'a en tout cas pas digéré les méthodes de l'émission : "j'ai activé tous mes réseaux et Madame Lucet n'aura plus aucun grand patron en interview, sauf ceux qui veulent des sensations extrêmes ou des cours de Media Training !"

Concernant le travail des enfants, François Quentin indique que Huawei avait identifié ce problème chez ce fournisseur de son sous-traitant en mai 2014, soit un mois avant l'échange musclé avec Elise Lucet. "Nous avons une tolérance zéro sur ce point et nous avons immédiatement cessé toute collaboration avec cette entreprise", martèle-t-il. D'après le dirigeant, Huawei mène régulièrement des contrôles sur les conditions de travail de sa supply chain, allant jusqu'à s'assurer des bonnes pratiques de ses sous-traitants de deuxième rang. Hormis ce commentaire à L'Usine Nouvelle, il explique que le groupe n'a pas prévu de communiquer suite à la diffusion de l'émission, seuls les salariés, les partenaires et les clients de Huawei devraient recevoir un message censé les rassurer sur les pratiques de leur entreprise.

Julien Bonnet, avec Anne-Sophie Bellaiche

L'émission de Cash Investigation est disponible sur Pluzz jusqu'au mardi 11 novembre

L'extrait de l'émission au cours duquel Elise Lucet interpelle François Quentin (via FranceTVinfo) :

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