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Chez DCNS la réalité virtuelle s'invite partout

En dix ans, le constructeur naval DCNS s’est équipé de plusieurs salles de réalité virtuelle, qu’il utilise pour la conception des navires, la coopération avec ses clients, mais aussi pour assister les opérateurs en production.
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Chez DCNS la réalité virtuelle s'invite partout
Chez DCNS la réalité virtuelle s'invite partout © DCNS

Dans un bateau, l’espace est réduit, et dans un sous-marin, c’est pire ! Ce simple constat suffirait presque à justifier l’usage intensif que DCNS fait désormais de la réalité virtuelle (RV). Quand la densité d’équipements est très élevée dans un espace, et qu’il faut prévoir que des hommes puissent y vivre et y travailler, naviguer virtuellement dans une représentation 3D de l’espace permet d’éviter des erreurs, et donc de gagner du temps et de l’argent.

Le constructeur naval a démarré il y a dix ans avec la plate-forme de réalité virtuelle Clarte à Laval (Mayenne), en s’appuyant sur sa propre expérience dans les maquettes numériques. Les salles de RV installées à Lorient, dès 2005, ont servi au partage d’informations entre les équipes dans les phases de conception de navires. Mais elles ont rapidement été mises à contribution pour dialoguer avec les clients. "La réalité virtuelle nous a permis, notamment lors de la construction de frégates Fremm, de valider des choix avec le client, en termes d’ergonomie et d’aménagement des locaux", indique Yann Bouju, le responsable des activités RV chez DCNS.

Prendre en compte les équipages

En fait, le constructeur a pu tester, avec la Marine nationale, la faisabilité de certaines manoeuvres en reproduisant l'action des futurs marins. Ainsi, pour la plage avant, les opérations d’accostage ont pu être simulées, en représentant les équipements et aménagements – amarrages, passages des bouts et des chaînes, moyens de manutention... – et des avatars numériques des marins. Ce qui a permis de valider une solution globale qui prend en compte les effectifs réduits de l’équipage du nouveau bateau.

Depuis, DCNS a démultiplié ses moyens en réalité virtuelle : deux salles à Cherbourg, où sont conçus et construits les sous-marins, dont une très immersive — un "CAVE" avec projection d’images sur 3 murs —, et une autre à Toulon, pour la conception de systèmes d’armes.

Optimiser la production de sous-marins

La salle immersive de Cherbourg présente l’originalité d’être utilisée en fabrication. "Elle est intégrée au chantier de production des sous-marins", souligne Yann Bouju. Chaque matin, les soudeurs ou monteurs peuvent l’utiliser pour vérifier que les opérations programmées pour la journée sont bien réalisables comme prévu initialement, en tenant compte de l’état d’avancement du navire. "La réalité virtuelle permet d’anticiper les aléas du terrain", résume Yann Bouju. Par ailleurs, dans des locaux aux volumes très restreints, la RV est aussi le moyen de préparer la gestuelle nécessaire à l’opération, en conformité avec les règles de santé et de sécurité au travail.

Prochaine étape : mettre à profit la RV pour la maintenance. Mieux intégrer les contraintes de maintenance dès la conception, et la préparer quand le navire est opérationnel. C’est en cours. DCNS veut aussi exploiter ses outils de RV pour faire évoluer ses simulateurs de formation et d’entraînement à la navigation. Et Yann Bouju attend impatiemment le développement d’une RV vraiment collaborative, qui permettra d’immerger simultanément plusieurs opérateurs.

Thierry Lucas

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