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[Cinéma] IMAX double sa présence en France et nous parle de son projet de centres de réalité virtuelle

Entretien IMAX est connu dans le monde pour la qualité de ses salles de cinéma et des films qu'elle y propose, mais reste encore très peu présente en France. Elle vient de conclure un partenariat avec les Cinémas Gaumont Pathé pour y remédier, en doublant son nombre de salles françaises. Nous nous sommes entretenus avec son CEO, Richard Gelfond, pour parler de l'avenir d'IMAX en France, mais aussi de ses velléités en matière de réalité virtuelle et de la possible ouverture d'un centre IMAX VR dans l'Hexagone.

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[Cinéma] IMAX double sa présence en France et nous parle de son projet de centres de réalité virtuelle
Richard Gelfond, CEO d'IMAX Corporation © IMAX

Richard Gelfond, le CEO d'IMAX Corporation, était présent en France le 11 octobre 2016 pour annoncer le doublement du nombre de salles IMAX dans l'Hexagone. Ce développement est le fruit d'un partenariat avec les Cinémas Gaumont Pathé, co-entreprise des groupes Pathé et Gaumont. La technologie IMAX combine des écrans plus grands, un meilleur son et une qualité d'image supérieure (qui nécessite que le film ait été capturé spécifiquement pour) à ceux des salles de cinéma traditionnelles. Interview.

 

L'Usine Digitale - Quel sera l'impact du contrat entre IMAX et les Cinémas Gaumont Pathé pour le paysage cinématographique français ?

Richard Gelfond - Nous allons doubler notre présence dans le pays au cours des trois prochaines années. Sept salles IMAX y existent aujourd'hui. Une nouvelle salle ouvrira à La Villette le 14 décembre, puis 2 à 3 salles en 2017, et 2 à 3 autres salles en 2018. Nous avons encore très peu d'écrans en France par rapport au reste du monde. Cette situation est principalement due à l'ancienneté des installations historiques, qui ne disposent pas forcément de la place nécessaire pour accueillir nos écrans. Mais cela évolue petit à petit avec la modernisation des infrastructures. En comparaison, nous avons 400 salles en Chine, et 350 autres sont en construction.

 

Quel a été le déclencheur ?

Outre la modernisation des infrastructures, Pathé a eu beaucoup de succès avec les salles existantes, en France mais aussi en Suisse et aux Pays-Bas. Deux salles en particulier, situées à Toulon et Montpellier, qui utilisent notre toute dernière technologie à double projection laser 4K, connaissent un franc succès. La salle de Toulon est l'une des plus populaires d'Europe. Cela mis à part, je pense que les blockbusters sont aussi devenus plus proéminents dans le paysage cinématographique, et ils se prêtent tout particulièrement à l'expérience IMAX.

 

D'autres salles IMAX verront-elles le jour par la suite ?

Nous avons analysé le marché et nous pourrions en avoir une cinquantaine en France. Cela peut aller très vite. Il y a 5 ans, nous n'en avions que 8 au Royaume-Uni, et aujourd'hui nous en avons 50. Nous espérons que cet accord avec les Cinémas Gaumont Pathé sera la percée dont nous avions besoin. Nous en discutions depuis longtemps déjà, mais c'est la technologie laser qui a été le déclencheur. Elle fait vraiment la différence pour le spectateur en matière d'immersion.

Notre technologie fait vraiment la différence pour le spectateur en matière d'immersion.

En parlant d'immersion justement, vous travaillez sur un projet de salles de réalité virtuelle qui seront déployées dans 6 centres pilotes. Los Angeles sera la première, et Londres vient d'être annoncée comme étant la deuxième. Y en aura-t-il une en France ?

Peut-être. Nous sommes en discussion avec Pathé à ce sujet. Il nous faut trouver le bon endroit, avec la bonne configuration pour que cela tienne la route financièrement. Nous discutons d'un certain nombre de lieux mais rien n'est encore fait.

 

Quelle forme prendront ces contenus ?

Ils dureront de 5 à 10 minutes. Ils ne seront pas forcément statiques et pourront venir du monde du jeu vidéo ou de celui du cinéma. Il y a par exemple le jeu Walking Dead qu'a développé notre partenaire Starbreeze, qui nous fournira les casques. Hollywood s'y intéresse aussi, avec Michael Bay qui filme un segment VR pour accompagner la sortie du prochain Transformers, et les frères Russo qui en font de même pour Avengers: Infinity War. Nous parlons avec beaucoup de studios hollywoodiens sur la production de contenu. C'est essentiel pour assurer la croissance du secteur.

 

Des contenus de type moyen ou long-métrage ne vous semblent pas viables pour le moment ?

Il faut rester flexible. C'est un milieu très jeune, et on s'adaptera en fonction de son évolution. Cela étant dit, le modèle économique serait beaucoup plus difficile avec des contenus plus longs.

Le modèle économique serait beaucoup plus difficile avec des contenus plus longs.

A quelle fréquence ce contenu sera-t-il produit ?

Ce sera comme une bibliothèque. Il y aura des titres récents et des plus anciens. Le but est que les gens aient envie de revenir. Ils pourront aussi privatiser le lieu pour des évènements, ce genre de choses. Le contenu ne sera pas nécessairement exclusif non plus, et surtout pas au départ. Je pense qu'aujourd'hui, très peu de gens ont les moyens de s'équiper de casques haut de gamme chez eux. Et nous aurons du matériel de meilleure qualité, que nous proposerons pour envion 10 euros par session. Plus tard, je pense qu'on fera des exclusivités temporaires, de quelques mois, comme pour le cinéma.

 

A quoi ressembleront vos centres de réalité virtuelle ?

Ils contiendront entre 10 et 15 espaces personnels pour la VR [ndlr: "pods" en anglais], et pourront être agrandis pour en accueillir plus si besoin. Cela mis à part, nous testons un certain nombre d'idées pour le moment. C'est l'objectif des projets pilotes. Le centre de Los Angeles sera par exemple autonome, tandis que celui du Royaume-Uni sera rattaché au multiplexe d'Odéon. Dans nos discussions avec Pathé nous avons abordé la question de savoir si un centre pourrait être situé dans un multiplexe qui ne possède pas de salle IMAX et, oui, c'est tout à fait possible.

 

Qu'est-ce qui différenciera l'expérience IMAX VR d'une autre ?

Nous prenons notre temps avec le développement des projets pilotes pour assurer la qualité de l'expérience. Il ne s'agit pas juste de l'appeler IMAX, il faut que lieu ait une atmosphère particulière. Pour les concevoir, nous avons embauché la personne précédemment en charge de la création des showrooms de Tesla Motors et des magasins Apple Store. Il ne suffit pas de mettre un casque sur la tête des gens et de les propulser dans un hangar !

 

De plus, ces espaces seront très utilisés, donc la qualité doit être au rendez-vous. Les gens pourront s'y déplacer, et leurs amis pourront même les voir en train de s'amuser. Il faut que cela s'inscrive dans une démarche cohérente avec une sortie en famille ou entre amis. Peut-être qu'un jour vous pourrez aller voir un film Star Trek, et en sortant aller piloter l'USS Enterprise contre vos amis.

Il ne suffit pas de mettre un casque sur la tête des gens et de les propulser dans un hangar !

Qu'est-ce que cela représente pour vous en matière d'investissement ?

Nous sommes très enthousiastes vis-à-vis de cette technologie, mais nous restons prudents. Chaque centre coûtera moins de 500 000 dollars à mettre en place.

 

Et côté capture ?

Nous travaillons avec Google sur deux caméras dédiées à la réalité virtuelle. Le projet est co-financé par les deux entreprises. Il y aura une caméra pour le grand public et une pour les professionnels, mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment. Les deux produits sortiront fin 2017.

 

Que pensez-vous de The Void, qui va encore plus loin que ce que vous envisagez dans l'expérience VR ?

On m'en a dit beaucoup de bien, mais je n'ai pas eu l'occasion de le tester moi-même. On verra comment l'industrie se développe. Je pense qu'il y a de la place pour beaucoup d'entreprises avec différentes approches. Les consommateurs détermineront la manière dont le marché évoluera.

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