Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Cinq bénéfices que les entreprises peuvent retirer concrètement des fablabs

Mais à quoi peuvent bien servir les fab labs ? Ces espaces communautaires permettent à des particuliers de fabriquer, grâce à une imprimante 3D en accès libre, l'objet de leur choix. Mais ils peuvent aussi être utiles aux entreprises, qu'elles soient de jeunes pousses ou des groupes centenaires, ont expliquaé plusieur créateurs de fablabs lors d'une conférence au festival du numérique Futur en Seine.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Cinq bénéfices que les entreprises peuvent retirer concrètement des fablabs
Cinq bénéfices que les entreprises peuvent retirer concrètement des fablabs © Pascal Guittet

1. Du matériel en libre accès

Imprimantes 3D, appareils de découpe laser, fraiseuses… Les 150 à 200 porteurs de projets qui souhaitent en ce moment créer un fab lab en France le savent : pour créer un espace de conception et de production d'objets par des particuliers ou des entreprises, il faut être équipé de machines de fabrication numérique. Nicolas Lassabe, qui a créé en 2009 le premier fab lab français Artilect, s'apprête à investir 200 000  euros dans du matériel "destiné spécifiquement aux professionnels."

Ces machines permettent à de très jeunes start-up de réaliser facilement et pour une somme modique (le simple prix d'un abonnement annuel de 30 euros chez Artilect) des prototypes. Elles peuvent ensuite convaincre plus facilement d'éventuels investisseurs, ou un accélérateur de start-up, de la valeur de leur projet. La start-up Naïo Technologies a par exemple a développé Oz, un robot capable de désherber tout seul, grâce au fab lab Artilect.

2. Un "droit d'exploration"

Brest était l'un des ports de départ des navires dirigés par des capitaines aventuriers, qui voulaient découvrir de nouvelles terres à l'ouest de l'océan Atlantique. C'est aussi là-bas qu'Antony Auffret a installé son fab lab, la fabrique du Ponant. Cet espace est pour lui "l'un des derniers endroits où les individus et les entreprises ont encore le droit d'explorer, de tâtonner, de se tromper quelque fois."

Ce droit à l'erreur qui règne en maître dans les fab labs, une fois n'est pas coutume, permet aux entrepreneurs de laisser libre cours à leur créativité sans avoir peur du retour de bâton. "L'équipe de Naïo Technologies a effectué toute une série d'essais / erreurs pour concevoir le cadre de son robot. Ils ont fini par trouver le design idéal", se félicite Nicolas Lassabe.

3. une communauté d'experts

Les fab labs brassent une communauté riche, notamment composée d'experts. Leur présence pourrait permettre à ces espaces de devenir de nouveaux lieux de formation professionnelle. "Les spécialistes d'un domaine pourraient par exemple former les salariés des entreprises inscrites à des thèmes pointus, qu'ils maitrisent bien", souligne Sébastien Leroy, qui développe en ce moment à Nantes l'espace FabMake.

La fabrique du Ponant publiera d'ici le mois de décembre 2014 un catalogue des compétences internes au fablab, pour permettre aux entreprises - qui ont besoin de conseils dans un domaine précis - de trouver facilement un guide chevronné.

"Les experts peuvent aussi aider les start-up à décider judicieusement de ce qu'elles doivent produire directement au fab lab, avec les machines disponibles, et de ce qu'elle doivent sous-traiter à l'extérieur, pour plus d'efficacité", affirme Gary Cige, qui développe actuellement à Paris L'usine, un fablab de 1 500 mètres carrés qui ouvrira ses portes en septembre 2014.

4. Un espace de liberté pour les ingénieurs

"De grosses entreprises, comme Airbus ou Daher, se sont intéressées de prêt à notre projet de fablab. Certaines veulent extruder des projets de leurs ingénieurs dans cet espace de liberté", déclare Sébastien Leroy. Les gros groupes pourraient abonner une partie de leurs salariés pour qu'ils développent des idées personnelles, puis si elles sont bonnes, les réintégrer à leur structure lorsqu'elles ont atteint un stade suffisamment mature.

"Les fab labs poussent leurs participants à donner au grand public librement accès aux plans des objets qu'ils conçoivent, sur Internet. Mais ce n'est pas obligatoire : si une société souhaite développer un projet pour le breveter par la suite, cela ne pose pas de problème", pointe Nicolas Lassabe.

5. Une ouverture sur d'autre structures

"Nous avons tissé un partenariat avec le Camping de Toulouse, un accélérateur de start-up, et la Cantine du numérique de la ville", détaille le fondateur d'Artilect. Cette ouverture des fablabs sur d'autres structures permet aux entreprises (et en particulier aux jeunes pousses) de suivre un parcours fléché d'un organisme à l'autre.

Les fab labs commencent aussi à collaborer avec des universités et des écoles : "Nous travaillons mains dans la main avec l'université de Toulouse, pour essayer d'intégrer la fabrication numérique dans la formation des étudiants", rapporte Nicolas Lassabe.

Lélia de Matharel

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale