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Comment Amazon a "fait des milliards de dollars sur des échecs", selon Jeff Bezos

Lors de la conférence Ignition organisée le 2 décembre par Business Insider à New York, le PDG du groupe Amazon Jeff Bezos a expliqué comment il a généré des milliards de dollars de revenu sur des échecs et ses méthodes business pour diriger le géant du e-commerce.
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Comment Amazon a fait des milliards de dollars sur des échecs, selon Jeff Bezos
Comment Amazon a "fait des milliards de dollars sur des échecs", selon Jeff Bezos © Wikimedia commons - Steve Jurvetson - c.c.

L'année n'a pas été de tout repos pour AmazonL'entreprise a dû annoncer des pertes massives au troisième trimestre. Un coup dur même pour une entreprise qui se targue de réinvestir dans de nouvelles idées au lieu de faire du profit. Par ailleurs, le fameux Fire Phone, considéré comme un échec cuisant, avait débuté sur le marché des smartphones à 199 dollars et se vend maintenant 99 centimes de dollars avec un contrat de deux ans chez un opérateur. Le PDG du groupe américain, Jeff Bezos, avait donc beaucoup d'explications à donner lors de la conférence Ignition organisée par Business Insider à New York.

Bezos défend la transformation du marché du livre

Cette année, Amazon a livré une bataille sans merci contre l'éditeur Hachette sur le prix des livres numériques, ce qui a pu ternir son image auprès de certains clients. Jeff Bezos a tenu à clarifier sa position : "l'industrie du livre est dans une meilleure forme aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été et c'est grâce aux livres numériques." Quant aux prix des livres, ils sont trop élevés, estime Jeff Bezos, et la réduction des prix permettra d'augmenter le nombre de lecteurs, ce qui bénéficiera à tous. Selon lui, il faut aussi prendre en compte l'industrie du loisir dans son ensemble pour évaluer les prix des livres. "Les livres ne sont pas en concurrence qu'avec d'autres livres", explique-t-il, mais avec des films, des jeux vidéos et mobiles, des blogs, etc. Enfin, il est inutile selon lui d'idéaliser le passé, car de nombreux acteurs bien établis sont réfractaires au changement.

Amazon, toujours une start-up selon Jeff Bezos

Amazon a toujours été indifférent au prix de son action et Jeff Bezos a insisté sur sa vision en dévoilant qu'il ne passe que six heures par an sur ses relations avec les investisseurs. Répondant sur scène aux critiques liées aux résultats décevants d'Amazon au dernier trimestre, Jeff Bezos a expliqué que se focaliser sur des revenus à court terme était une erreur. "Sur le court terme, le marché financier c'est comme une machine de vote, sur le long terme, c'est une balance". La stratégie d'Amazon sur le long terme, a-t-il rappelé, nécessite de considérer la société comme une collection d'entreprises, dont certaines génèrent du revenu et d'autres sont des paris audacieux.

"Si vous regardez le prix de notre action sur un an, cinq ans, dix ans, c'est très positif," a-t-il estimé. "C'est une action volatile. Ça a toujours été le cas et probablement ça le sera toujours. Nous sommes une grande entreprise mais comme nous avons beaucoup de nouvelles activités, nous sommes toujours une start-up, et il y a beaucoup de volatilité avec les start-up".

Une culture d'entreprise différente de la Silicon Valley

Le patron d'Amazon en a aussi profité pour différencier la culture d'entreprise du géant du e-commerce face à celle d'autres titans comme Google. Jeff Bezos ne croit pas en la culture des "perks", ces avantages en nature (massages, repas gratuits, salle de jeux..) sur lesquels beaucoup d'entreprises technologiques misent actuellement pour attirer les salariés talentueux.

Selon lui, Amazon a tout autant d'avantages, mais ils sont de nature différente : sur le campus en plein coeur de la ville de Seattle on peut marcher pour se rendre au bureau, et profiter de la culture locale des "food trucks". Les employés peuvent aussi amener leurs chiens au travail et ouvrir leurs fenêtres de bureau, at-il ajouté. En effet, Amazon est connu pour une culture d'entreprise qui mise sur l'efficacité et la frugalité, comme le fait de 'faire des bureaux avec des portes'.

L'échec, pas une fatalité

"J'ai fait des milliards de dollars sur des échecs" a expliqué Jeff Bezos. "Aucune de ces choses ne sont drôles, mais elles ne sont pas graves. Ce qui est grave, ce sont des entreprises qui s'arrêtent d'expérimenter ou d'accepter l'échec", et qui se retrouvent après coincées et ne peuvent plus faire que des paris désespérés, estime Jeff Bezos. Selon lui, c'est cette culture du risque qui fait qu'Amazon n'est pas encore rentable - certaines activités sont très rentables et d'autres ne le sont pas. "C'est comme si nous avions créé un stand pour vendre de la limonade il y a 20 ans, qui est devenu très profitable, mais nous avons décidé d'utiliser nos compétences pour faire des stands de hamburgers et de hot-dogs," a-t-il expliqué en référence à la diversification d'Amazon.

Ces paris risqués, selon lui, prennent du temps à se réaliser. Le Fire Phone, notamment, sujet sur lequel Jeff Bezos s'est montré prudent : "je pense que ça prend plus de temps pour analyser quelque chose comme ça. Restez patients!"

Un successeur pour Bezos ?

Enfin, le patron hors-norme a admis que l'une des raisons principales pour lesquelles Amazon est capable d'avoir cette culture du risque est sa présence en tant que PDG.

"Je peux faire des choses chez Amazon qu'il serait difficile de faire pour d'autres, simplement grâce à mon passé avec cette entreprise," a -t-il admis. Mais il a révélé avoir déjà choisi son successeur, sans dévoiler le nom de l'heureux élu.

Nora Poggi

 
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