Comment Amazon a permis la fusion Fnac - Darty

En autorisant la fusion entre la Fnac et Darty, l'autorité de la concurrence a changé sa façon d'appréhender le marché pertinent dans les opérations de fusion.

Désormais, les sites marchands sur Internet font partie intégrante de l'offre disponible, a estimé l'autorité administrative.

C'est une première qui modifie le mode d'exercice du droit de la concurrence.

Partager
Comment Amazon a permis la fusion Fnac - Darty
Pour la Fnac fusionné avec Darty, la concurrence se joue aussi sur Internet.

L’autorisation par l’autorité française de la concurrence de la fusion entre la Fnac et Darty sous réserve de la revente d’une poignée de magasins marque une étape importante dans la pensée sur la concurrence.

En effet, pour la première fois, pour motiver sa décision, l’autorité a considéré que le marché pertinent sur lequel elle a mesuré l’intensité de la concurrence concernait à la fois le marché physique et en ligne. Jusqu’ici, ses décisions se fondaient uniquement sur le marché physique. Si une fusion offrait à l’entreprise restante une part de marché importante, elle considérait qu’il y avait atteinte à la concurrence.

Dans l’affaire en question, l’autorité estime que le rapprochement des deux enseignes, la Fnac et Darty, ne constitue pas un nouvel ensemble dont le poids perturbera le jeu concurrentiel pour les produits bruns (téléviseurs, appareils photos, matériels pour le son...) ou gris (téléphones, tablettes, ordinateurs...).

Une enquête auprès de 20 000 consommateurs

Pour ces deux marchés, l’autorité indique que "la pression concurrentielle de la vente en ligne est devenue suffisamment importante pour être intégrée dans le marché pertinent, qu'elle émane de pure players (comme Amazon ou Cdiscount, par exemple) ou bien des sites internet des enseignes de distribution classiques qui prolongent leurs ventes physiques en magasins."

Pour mesurer l’impact potentiel du rapprochement, l’autorité de la concurrence a demandé à l’Ifop d’étudier quel serait l’impact d’un hausse des prix et celui d’une baisse de la qualité de service dans les deux réseaux. L’étude a été menée auprès de 20 000 personnes. Les résultats ont montré que les consommateurs ne se sentiraient pas piégés et pourraient acheter en ligne. C’est d’autant plus important que les experts ès commerce notent aujourd’hui la porosité entre le réseau physique et Internet : avant l’achat, le consommateur regarde les prix en ligne, compare, se renseigne sur les offres.

D’ailleurs, le président de l’autorité de la concurrence dans une interview à nos confrères du Monde a reconnu que si la position de l’institution a changé, c’est parce que les pratiques de consommation se sont modifiées.

Lire le communiqué de l'Autorité de la concurrence

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER L'Usine Digitale

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

ARTICLES LES PLUS LUS