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Comment Blablacar a levé 100 millions de dollars pour se développer hors d’Europe

Blablacar a levé 100 millions de dollars (73 millions d’euros) principalement auprès du fonds américain Index Venture. De quoi crédibiliser le petit français du covoiturage, qui veut poursuivre rapidement son expansion internationale.
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Comment Blablacar a levé 100 millions de dollars pour se développer hors d’Europe
Comment Blablacar a levé 100 millions de dollars pour se développer hors d’Europe © Capture d'écran

"A priori, nous sommes dans le top 10 des levées de fonds high-tech de ces dix dernières années en Europe", se réjouit Frédéric Mazzella, président et fondateur de Blablacar. Le site français de covoiturage vient de lever un montant record de 100 millions de dollars (73 millions d’euros) auprès du fonds américain Index Venture, qui compte aussi à son portefeuille Criteo, Etsy, Asos ou encore Dropbox.

Les fonds Accel Partners, ISAI et Lead Edge Capital qui soutiennent déjà Blablacar participent aussi à cette levée. Ces 100 millions de dollars serviront un seul objectif : accélérer l’expansion internationale de l’entreprise. "Nous allons d’une part poursuivre notre développement en Europe, mais aussi attaquer de nouveaux marchés hors de l’Union", précise Frédéric Mazzella.

Aucune difficulté à convaincre les investisseurs

Pour ce nouveau tour de table, la jeune pousse n’a pas peiné à convaincre. Bien au contraire. Elle a même eu le choix parmi les investisseurs. "C’est pareil à chaque levée de fonds, révèle Frédéric Mazzella. Au départ, nous cherchions un peu moins de 100 millions de dollars. Mais au vu de nos ambitions, nous avons obtenu davantage." Depuis 2006, l’entreprise a successivement levé 600 000 euros, puis 1,2 million d’euros, puis 7,5 millions d’euros. En revanche, pour un investissement de 100 millions de dollars, elle n’a eu d’autre choix que de s’adresser hors d’Europe, aux États-Unis.

D’autant que son modèle de développement, s’il est courant outre-Atlantique, reste rare sur le Vieux Continent. L’entreprise a en effet choisi de se développer très vite à l’international, avant même de devenir rentable. Avec un business model classique dans son secteur de l’économie de partage, qui consiste à prélever 10% des transactions entre ses 8 millions de membres, elle a réalisé plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013 (montant exact non précisé) contre 4 millions en 2012, mais pas de bénéfices. "Évidemment, avec un tel modèle, tout un écosystème doit soutenir la start-up. Avec des investisseurs qui comprennent le modèle comme Isai, qui nous accompagne depuis le début et qui nous suit encore cette fois-ci", précise Frédéric Mazzella.

La Turquie, l’Inde ou le Brésil

"Dans une activité comme la nôtre, il y a deux grandes étapes, précise le patron. Il faut d’abord prouver l’attractivité, l’intérêt du service et mettre en place le business model. Nous l’avons fait. Pour la deuxième étape, il y a deux options : soit rechercher la rentabilité, soit développer les opportunités à l’international, et voir après pour la rentabilité. Nous avons choisi la seconde." Et cela réussit plutôt bien. En Allemagne, rare pays où existe un concurrent historique, Blablacar a séduit plus d’un million d’abonnés en un peu plus d’un an. Il a même réussi l’exploit de se développer à vitesse grand V en Russie, en plein conflit ukrainien.

Lancé là-bas en février, il y a déjà attiré 250 000 personnes. De quoi attiser l’intérêt des investisseurs et obtenir leur confiance… Reste aujourd’hui à la jeune pousse à choisir les marchés sur lesquels se développer. Elle regarde du côté de la Turquie, de l’Inde, du Brésil ou de l’Europe de l’Est. "Il y a trois conditions pour qu’un marché nous intéresse, détaille Frédéric Mazzella. Il faut que les distances à parcourir dans le pays se situent entre 200 et 400 km, il faut une bonne pénétration du mobile et il faut des incitations pour les conducteurs à partager leurs trajets."

Crédibilité et visibilité

"Nous ne sommes pas une réussite soudaine. Nous avons près de dix ans et nous sommes déjà très matures en termes d’organisation, d’objectif, de structuration, de robustesse, de qualité de service, d’équipe. Nous sommes prêts à absorber cette internationalisation." Mais le patron de Blablacar le sait : l’imposante levée de fonds de ce mois de juillet 2014 va donner davantage de visibilité à la jeune pousse auprès du grand public, la crédibiliser davantage, ainsi que son secteur d’activité, auprès du marché.

"Le covoiturage a longtemps été considéré comme une simple alternative, mais nous montons un véritable réseau de transport", insiste le fondateur. De quoi séduire plus facilement de nouveaux pays, mais aussi des partenaires comme Google ou Facebook. Blablacar occupe d’ailleurs depuis quelques jours tout un étage dans le même immeuble qu’une autre étoile du numérique français, Criteo. À quelques centaines de mètres des bureaux parisiens de Google et de Twitter.

Emmanuelle Delsol

Blablacar, l’autre pépite numérique française

Chiffre d’affaires 2013 : plus de 10 millions d’euros (montant exact NC)

Effectifs : 150 personnes

Montant de la levée de fonds : 100 millions de dollars (73 millions d’euros)

Investisseurs : Index Venture, Accel Partners, ISAI et Lead Edge Capital

Secteurs : numérique, économie de partage

Les arguments convaincants : Blablacar compte déjà 8 millions de membres dans 12 pays, des chiffres en croissance. Il a convaincu 250 000 personnes en trois mois en Russie d’utiliser ses services. Elle évolue sur le marché de l’économie de partage en pleine expansion, et au sein de ce marché, sur le secteur très en vue du covoiturage.

 

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