Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Comment Gecina se prémunit des fake news financières

Cas d'école L'outil de certification Wiztrust, mis au point par l'éditeur de logiciels Wiztopic, permet à l'entreprise Gecina de se protéger face à l'accroissement des fake news en matière financière. En un clic, l'information est chiffrée dans la blockchain. Ainsi, agenciers mais aussi investisseurs peuvent s'assurer que le contenu est bien attribuable à la société foncière cotée en bourse.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Comment Gecina se prémunit des fake news financières
Wiztrust constitue également un dispositif très utile pour les actionnaires. © Pixabay

En janvier 2019, les activistes baptisés "The New Men" publient une fausse lettre de Larry Fink, le PDG de BlackRock, la plus importante société de gestion d'actifs au monde. Ils y annoncent son intention de sortir des énergies fossiles et d'orienter son portefeuille vers des sociétés décarbonées. L'information est immédiatement reprise par The Financial Times. L'entreprise dément par la suite.


Dans ce cas précis, les conséquences ont surtout porté sur la réputation de BlackRock mais elles peuvent être désastreuses. Ce fut le cas pour Vinci en novembre 2016. Le spécialiste français des bâtiments et travaux publics a annoncé, dans un communiqué, le licenciement de son directeur financier, Christian Labeyrie, après avoir découvert d’importantes erreurs comptables relatives à ses exercices 2015 et du premier semestre 2016 portant sur quelque 3,5 milliards d’euros. C'est le drame : en quelques minutes, la valeur de l’action passe de 61,81 euros à 49,93 euros, avant la suspension de sa cotation. Pourtant, cette information était totalement fausse.

 

L'authentification de la source et du message

"Que des sociétés comme BlackRock avec d'énormes moyens se soient faites hacker, forcément cela nous interpelle", raconte Julien Landfried, Directeur exécutif communication et affaires publiques chez Gecina, une société foncière cotée en bourse. Joint par l'Usine Digitale, il fait directement référence à la dernière affaire de fake news en matière financière. "L'ensemble des réflexions que l'on a pu mener sur comment nous protéger des situations de corporate fake news et d'usurpation d'identité nous a fait regarder un certain nombre de solutions, comme Wiztrust", poursuit-il. Wiztrust, qui fait partie de Wiztopiz, éditeur de logiciels est un outil métier à destination des équipes de communication. Mis sur le marché en janvier 2019, il permet "aux entreprises de certifier leurs informations pour assurer l'authenticité de la source et l'intégrité du message", nous explique Jérôme Lascombe, président de Wiztopic, 

 

Certifier l'information qui circule

"On a mis en place Wiztrust au printemps 2019 quand on a refondu le site corporate et la newsroom, juste avant l'arrivée de l'assemblée générale", relate le Directeur exécutif communication. Ce dispositif fonctionne "sans interruption, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, indépendamment de la disponibilité de nos équipes", précise-t-il. Et c'est là tout son intérêt.

 

En effet, lorsqu'un journaliste se retrouve face à un contenu, il peut vouloir joindre Gecina pour confirmer l'information. Mais parfois le service communication peut ne pas être immédiatement disponible. "Quand on ne répond pas, c'est que l'on dort", plaisante Julien Landfried. Le journaliste peut alors utiliser Wiztrust et ainsi être sûr de l'information qu'il va faire circuler. De son côté, Gecina éviter les répercussions d'une fausse information circulant à son propos. "C'est du win win", ajoute le responsable.

 

Une double empreinte digitale

Concrètement, "le document est intégré dans l'interface privée de Wiztrust pour le certifier. Elle va aspirer les métadonnées, les chiffrer et les installer dans la blockchain. On ne stocke pas le document mais on crée une sorte d'empreinte digitale", schématise Jérôme Lascombe. Le destinataire du contenu pourra ensuite scanner le document dans l'interface publique et gratuite (photo ci-dessous). Les deux empreintes digitales sont ainsi comparées. Si elles sont identiques, le document est bien authentique.

Wiztrust n'indique pas qu'un document est un faux. Il n'est pas fait pour ça. La petite croix rouge qui apparaîtra signifie simplement que le document n'a pas été authentifié à l'origine par Wiztrust. Charge donc au destinataire de recouper plusieurs sources pour être sûr de l'information.

 

"Un service offert aux médias" 

Cette certification est particulièrement utile pour les journalistes agenciers qui sont les premiers à reprendre des informations qui elles-mêmes peuvent être reprises ensuite des centaines de fois. "C'est un service supplémentaire offert aux grands médias et aux agences au bénéfice de leur qualité et de leur confort de travail. Le contenu sur lequel elles s'appuient est un contenu certifié", indique Julien Landfried.

 

Une fois cette solution adoptée au printemps 2019, Gecina a envoyé un mail pour prévenir les journalistes de ce nouveau processus de la possibilité de vérifier l'authenticité de tous les communiqués de presse. Mais Julien Landfried n'est pas encore pleinement satisfait : "On peut faire beaucoup mieux parce qu'idéalement, il faudrait qu'on passe un peu plus de temps avec chacun de nos journalistes individuellement pour leur montrer comment ils peuvent, le cas échéant, vérifier qu'un contenu qu'ils attribuent à Gecina provient bien de chez nous."

 

"Prendre soin des actionnaires"

Wiztrust constitue également un dispositif qui peut intéresser les actionnaires. "C'est important de leur montrer qu'on prend toutes les précautions possibles pour éviter que ce genre de choses n'arrive", révèle Julien Lanfried. Pourtant, ce n'est pas le but premier de Wiztrust, comme nous l'explique Jérôme Lascombe : "l'entreprise peut ainsi prendre soin de ses actionnaires. C'est une raison que l'on avait pas identifiée au départ."

 

Une solution mais pas une "assurance vie"

Mais le directeur exécutif communication et affaires publiques n'est pas naïf. Il est conscient que la problématique des fake news ne se réglerait pas qu'avec Wiztrust. "C'est un élément en plus pour notre sécurité mais pas une assurance vie", admet-il. En effet, ce phénomène est galopant et de plus en plus pernicieux. L'arrivée des deepfakes, ces montages vidéos plus vrais que nature, montre à quel point il est parfois difficile de démêler le vrai du faux. "A côté, il faut également avoir des relations quotidiennes avec les principaux journalistes, publier une information en multicanal et s'assurer que nos contenus soient correctement distribués, qu'ils n'arrivent pas dans les spams de nos destinataires", conclut-il.

 

Quant à Jérôme Lascombe, il espère doubler ses utilisateurs – une centaine pour l'instant – d'ici la fin de l'année. Il nous confie même qu'il échange régulièrement avec BlackRock et certaines agences de presse avant d'ajouter prudemment que "rien n'est encore signé".

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale