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Comment la protection sociale à l’ancienne implose sous l’effet du numérique

Tout va vraiment changer, y compris en matière de protection sociale, qui sombrera avec le monde de la production et de la consommation de masse, expliquent Nicolas Colin et Oussama Ammar, deux cofondateurs de The Family. Bonne nouvelle : les progrès du big data et des technologies apporteront des solutions. Résumé de leur exposé.
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Comment la protection sociale à l’ancienne implose sous l’effet du numérique
Comment la protection sociale à l’ancienne implose sous l’effet du numérique © The Family

Mois après mois, les rencontres qu’organisent l’Institut Montaigne et The Family mettent face à face acteurs de l’ancien et du nouveau monde. Pour la session de mars 2015, c’est l’avenir de la protection sociale qui était en débat. Les présentations de Nicolas Colin et Oussama Ammar, co-fondateurs de The Family, montrent comment le développement du numérique — "la disruption numérique" comme ils disent -, ébranle l’édifice de la protection sociale.

Crise de la production de masse

Nicolas Colin part ainsi du constat que les institutions de protection étaient un élément de l’économie de production et de consommation de masse. C’est en assurant des revenus relativement stables aux classes moyennes que la production de masse a pu se déployer pleinement. Or, assure-t-il, ce système de masse est en grave crise aujourd’hui. Il est voué à disparaître et avec lui la protection sociale qui se fissure peu à peu, en raison d’une crise de performance (on paie de plus en plus pour un résultat de moins en moins bon) et une crise de légitimité.

Cette double crise s’alimente notamment au recul de l’universalité des prestations et des cotisations et à la diversification des formes de travail, comme en témoigne le succès du statut d’autoentrepreneur. Sans oublier, l’évasion "organisée des cadres supérieurs et des dirigeants", qui se font rémunérer depuis des filiales accommodantes en matière de prélèvements.

Oussama Ammar tape encore plus dur. Les entrepreneurs, et plus généralement les citoyens, ne supportent plus l’administration classique (qui d’ailleurs n’attire pas les meilleurs éléments, selon lui). Elle ne leur proposerait "qu’une expérience client pitoyable comparée aux géants du Web". Il est plus facile de suivre un colis sur Amazon que la santé d’un ami aux urgences ", déclare-t-il, provocateur. On peut y voir une critique d’enfant gâté, qui ne supporte pas d’attendre cinq minutes, habitué qu’il est à tout avoir tout de suite et même avant si c’est possible sur l’écran de son smartphone.

Le salut dans les big data

Mais son propos se révèle beaucoup plus captivant et convaincant lorsqu’il alerte sur le changement introduit par le big data en matière de santé, expliquant qu’on va passer "d’un univers où la valeur était dans le traitement, à un monde où elle sera dans le diagnostic ". Pour preuve, une dimension méconnue d’Obama Care, ce plan en faveur de la santé du président des États-Unis : des milliards ont été injectés dans la data, les applis. Ossouma Ammar évoque également une baisse des prix qui se profile, et ce sans avoir besoin d’une production de masse.

Excessive parfois, la présentation des deux lanceurs d’alertes stimule malgré tout par les questions qu’elle pose. Les échanges avec la salle, qui suivent toujours leur présentation ont relativisé certaines des positions. Mais ces débats, non enregistrés, sont réservés aux présents. Des traces peuvent toutefois en être retrouvées sur Twitter. Les twittos n’ayant pas la même obligation de réserve que les journalistes.

Christophe Bys

 
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