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Comment nos voisins européens gèrent la consolidation des télécoms

A l’aube d’une redistribution des cartes entre les opérateurs télécoms français avec la vente de SFR, l'Europe se prépare depuis (trop) longtemps à un chambardement salutaire dans le secteur. Retour sur les grandes concentrations entre opérateurs dans les différents pays européens, menés par les géants Orange, Vodafone, Telefonica et Deutsche Telekom.
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Comment nos voisins européens gèrent la consolidation des télécoms
Comment nos voisins européens gèrent la consolidation des télécoms © SFR

Le 5 mars, le conglomérat Vivendi a annoncé avoir reçu deux offres pour sa filiale SFR, numéro deux de la téléphonie mobile en France. La première offre émanant du câblo-opérateur Numericable et la seconde portée par le groupe Bouygues. Le groupe Iliad, maison mère de Free, pourrait faire une contre-offre ou attendre un échec de Bouygues dans le rachat de SFR pour mettre la main sur l’opérateur Bouygues Telecom.

Dans d’autres pays européens, la concentration des acteurs des télécoms a déjà commencé, poussée par une réduction nécessaire des coûts couplée à des investissements onéreux mais incompressibles dans les infrastructures de réseaux.

La position de Bruxelles en la matière est paradoxale : d’un côté, l’exécutif européen souhaite une diminution du nombre d’acteurs (une centaine d’opérateurs en Europe contre 4 aux États-Unis et 3 en Chine) et l’émergence de groupes télécoms transnationaux ; de l’autre, la Commission n’est pas prête à accepter facilement les fusions-acquisitions dans ce secteur au nom de la sacro-sainte concurrence.

Allemagne

Depuis la fusion annoncée des opérateurs E-Plus (KPN) et O2 (filiale de l’espagnol Telefonica en Allemagne), respectivement numéro 3 et numéro 4 du marché du mobile outre-Rhin, l’Allemagne attend la naissance de son géant. Il faut dire que la nouvelle entité permettra de consolider un marché allemand partagé entre quatre gros acteurs, menés par les poids lourds Deutsche Telekom et Vodafone.

Alléchant sur le papier et approuvé par l’exécutif allemand, le rachat d’E-Plus par Telefonica pour 8,55 milliards d’euros est tributaire d’une approbation par Bruxelles. Le 27 février, la Commission européenne a fait part de ses réserves sur la transaction et se donne du temps pour statuer. Car un aval accordé à cette absorption dessinera inévitablement les contours des futurs mouvements en Europe pour les années à venir…

Le numéro deux en Allemagne, le britannique Vodafone, a lui aussi participé à la consolidation du marché outre-Rhin en obtenant l’autorisation de Bruxelles pour racheter, en septembre dernier, le câblo-opérateur Kabel Deutschland.

Italie

La concentration des opérateurs télécoms italiens passera par un acteur… espagnol. Le géant Telefonica, qui détient une participation indirecte de 10,5 % dans Telecom Italia, fait face à un choix cornélien : soit vendre ses parts pour laisser le champ libre à d'autres acteurs des télécoms d’investir, soit fusionner avec Telecom Italia.

Grande-Bretagne

Le principal mouvement dans le secteur des télécoms britanniques a été réalisé par un allemand et un français. En 2010, Deutsche Telekom et Orange sont autorisés par Bruxelles à créer une coentreprise dans le mobile via leurs filiales T-Mobile UK et Orange UK. EE (pour "Everything Everywhere") est, depuis, devenu le plus gros opérateur mobile au Royaume-Uni. Les dernières informations laissent entrevoir que les deux partenaires envisageraient pour 2014 une cession ou une introduction en Bourse en 2014.

Portugal

Le Portugal pourrait fournir un cas d’école intéressant dans l'hypothèse où Vivendi choisirait Numericable pour racheter SFR. En janvier 2013, Lisbonne a autorisé la fusion de l’opérateur mobile Optimus avec le câblo-opérateur Zon. La nouvelle entité est ainsi devenue le deuxième opérateur télécoms du pays derrière Portugal Telecom.

De plus petits marchés, comme l'Autriche et l'Irlande, ont déjà mis en place leur consolidation et sont passés de quatre à trois opérateurs.

Elodie Vallerey

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