Communautés et Capitales French Tech : les enjeux et les conditions pour y accéder

Annoncé en octobre 2018, l’appel à projets pour les Communautés et Capitales French Tech est lancé. Interrogée par L’Usine Digitale, Kat Borlongan, directrice de la Mission French Tech, nous détaille les objectifs, les ambitions et les critères d’éligibilité de ces deux nouveaux statuts.

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Communautés et Capitales French Tech : les enjeux et les conditions pour y accéder

Mounir Mahjoubi et Kat Borlongan l’avaient annoncé le 10 octobre 2018. La Mission French Tech entre dans sa phase 2. Parmi les changements annoncés, le secrétaire d’Etat en charge du Numérique et la nouvelle directrice de la French Tech avaient notamment mis en avant la mise en place des communautés et capitales French Tech. L'appel à projets est lancé.


"En trois ans, pas mal de choses ont changé. C’est une itération à partir de l’histoire, de l’expérience et des retours de ce qui a marché ou pas. Ce redesign a pour objectif de faire en sorte que ça marche mieux", indique Kat Borlongan à L’Usine Digitale.

Place aux Communautés French Tech

Fini donc les hubs et métropoles French Tech ! "Il n’y a qu’une seule communauté". Fini aussi les distinctions entre le national et l’international. "Il y a beaucoup de mobilité à travers la French Tech. Etre fédérateur, c’est une priorité pour nous. C’est pour cela que l’on va créer le premier recensement des communautés French Tech cette année", poursuit la directrice de la French Tech. C’est l’objet de cet appel à projets.

Par "communauté", Kat Borlongan entend "un regroupement de gens qui ont envie de grandir ensemble. C’est une concentration de membres de la French Tech au même endroit". Annoncé depuis plusieurs mois, un Manifeste a donc été rédigé. "Il porte sur des valeurs d’ouverture, d’inclusion et d’intégrité", exprime Kat Borlongan.

Voici les 9 règles auxquelles doivent adhérer les membres de la French Tech : Communauté, Inclusion, Indépendance, Intégrité, Honnêteté, Protection des données personnelles, Professionnalisme, Activité ciblée sur les start-ups, Unité. Ce Manifeste définit aussi d’autres critères – que Kat Borlongan définit davantage comme des "critères d’éligibilité que des critères de sélection" – pour devenir Communauté French Tech. "

Une équipe d’entrepreneurs impliquée et fédératrice

"Nous nous sommes aperçus que les communautés qui marchaient le mieux étaient celles qui avaient un leardership entrepreneurial très fort : les leaders doivent donc être aussi des start-uppers", poursuit la directrice de la Mission French Tech. Pour prétendre au statut de Communauté, il convient ainsi d’être au moins 4 entrepreneurs capables de fédérer 50 autres start-up (10 pour les Communautés basées à l’étranger). Cela constitue un board (pouvant aller jusqu’à 12 personnes) dont les membres s’engagent à consacrer 2h par mois à la communauté. L’équipe doit également nommer un président qui devra quant à lui consacrer 4h de se temps par mois, et au moins un Community lead, Ce dernier devra allouer au moins 8h par mois à l’animation de la communauté.

Parmi les autres conditions de devenir Communauté French Tech (télécharger l'ensemble des critères), il convient de répondre à huit grands engagements :

  • Se familiariser avec les sujets fréquemment abordés, et mettre en avant les atouts de la France auprès des grands talents de la tech, des investisseurs et des futurs fondateurs.
  • Organiser des événements rassemblant la communauté au moins une fois par trimestre
  • Accueillir les start-ups de la French Tech
  • Rassembler, en crowdsourcing type "wiki", les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur l’écosystème accueillant leur Communauté French Tech.
  • Etre un excellent comité d'accueil pour les talents de la French Tech
  • Etre en lien avec le reste de la Communauté French Tech.
  • Se rapprocher des partenaires locaux potentiels
  • Respecter les principes de la marque French Tech


Si elle estime qu’il est difficile d’en estimer le nombre, Kat Borlongan mise sur 50 à 100 communautés. "Il y a 10 000 start-up en France. Or, 50 start-up, c’est l’équivalent de 4 promos d’un accélérateurs…", calcule-t-elle. Jouable donc, selon elle.

Lancement du label "Capitale French Tech"

Au-delà des Communautés, la Mission French Teh lance le label Capitale French Tech. Cela concerne les Communautés ayant atteint un certain niveau de maturité. "Si votre Communauté a une certaine densité de scale-up, vous avez atteint une certaine maturité, ce qui veut dire que votre communauté a des besoins structurels différents. Car soutenir des scale-up n’est pas simple. Il faut une vraie team", explique Kat Borlongan. Ce sont des personnes qui vont rejoindre l’équipe de la Mission French Tech". Leur mission : "pouvoir agir au niveau local."


L’équipe devra donc être constituée d’une personne morale (préexistante ou non), fédératrice et dédiée spécifiquement à la Capitale French Tech portant la candidature ; d’une structure de gouvernance, composée d’au moins 4 entrepreneur(e)s ou de dirigeants de start-up dont au moins un lauréat du Pass French Tech ; d’un(e) président(e) qui est un(e) entrepreneur(e) de start-up ; et d’une équipe opérationnelle composée d’au minimum deux personnes à plein temps, dont un(e) directrice/directeur délégué(e) et d'Un(e) responsable de l’animation de l’écosystème.

Critères d’éligibilité au statut de Capitale French Tech

Mais la directrice de la Mission French Tech précise : "Ce n’est pas niveau 1 contre niveau 2. On est assez souple. Il faut juste une entité juridique spécifique et avoir au moins 5 Pass French Tech dans sa communauté, sur 107 à date". Des règles ont toutefois été définies. Pour obtenir ce label, il faut donc avant tout être éligible au statut de Communauté French Tech, ce qui signifie adhérer au Manifeste, et répondre aux critères d’éligibilité suivants (télécharger l'ensemble des conditions) :

  • Avoir au moins 5 entreprises lauréates actuelles du Pass French Tech dans son écosystème
  • Equipe fédérée autour d’une gouvernance d’entrepreneur(e)s de start-ups, et de partenaires publics et privés ;
  • Partage des objectifs de la stratégie nationale de la French Tech et envie de les décliner localement dans le plan d’action et le programme d’animation
  • Avoir le soutien public de la communauté locale de start-up, soit un minimum de 50 personnes (fondateurs, ex-fondateurs, dirigeants, ex-dirigeants) issues de 50 start-ups, dont une majorité des entreprises lauréates du Pass French Tech de l'écosystème.
  • Fournir 5 lettres de recommandation de catalyseurs locaux (investisseurs, grandes écoles, accélérateurs, etc.), et au moins celle de deux collectivités territoriales.

Ces Communautés et Capitales French Teh seront accompagnées financièrement dans leurs initiatives par un fonds de 2 millions d’euros destiné à soutenir leurs projets.


"Et maintenant, on fait quoi ?"

Mais cela ne fera pas tout. "Une très belle dynamique s’est installée avec des start-up qui lèvent plus vite et plus fréquemment. Mais ce n’est pas 100% gagné. OK, une fois qu’on est fédéré, maintenant, on fait quoi ? Ce n’est pas juste une question de s’organiser. Et ce n’est pas à nous [la Mission French Tech, ndlr] de résoudre toutes les problématiques : on a besoin de tout le monde."


Si l’organisation met en place de nombreux outils, comme le Pass Frech, le Visa Frech Tech et autres initiatives et kits pour aider les Communautés dans leurs démarches, elle compte sur la mobilisation de chacun , entrepreneurs, institutions locales et nationales, pour porter l’écosystème français à une autre échelle. "On a de grandes ambitions : on veut devenir le meilleur écosystème de start-up qui vont devenir des champions de la tech mondiale, poursuit la directrice de la Mission French Tech. Nous avons une fenêtre de tir de trois ans."


Le compte à rebours est lancé. En attendant les candidats aux communautés et capitales French Tech ont jusqu’au 11 février 2019 minuit pour poser leurs candidatures.

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