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"Concernant le compte citoyen unique, nous devons être capables de décider avant fin 2018", Mounir Mahjoubi

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Entretien Le gouvernement s’est engagé à la transformation numérique de l’Etat, avec une numérisation à 100% des procédures d’ici à 2022. Six mois après sa nomination au poste de secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi fait le point sur l’état d’avancement de ce vaste chantier.

Concernant le compte citoyen unique, nous devons être capables de décider avant fin 2018, Mounir Mahjoubi
"Concernant le compte citoyen unique, nous devons être capables de décider avant fin 2018", Mounir Mahjoubi © Elysée.fr - capture Dailymotion

Le deuxième pilier de votre politique porte sur la numérisation à 100% des procédures d’ici à 2022. Comment vous êtes-vous organisé pour cela ?

Mounir Mahjoubi – Dans l’immédiat, nous travaillons sur la philosophie de la plateforme numérique de l’Etat. Donc on a réorganisé le SGMAP (Secrétariat général pour la modernisation de l'action publique) avec une vraie Dinsic (Direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication de l'Etat) d’un côté et une vraie direction de la transformation de l’autre. Je travaille avec les deux sur la manière dont on simplifie et on numérise l’action publique au quotidien et comment on crée les infrastructures technologiques derrière pour le permettre.
 

Quels sont les chantiers prioritaires ?

M. M. Dans la relation citoyen-administration, le premier sujet, c’est : identité numérique, plateforme d’échange d’information des données et protection des données personnelles. Ce sont les trois briques que l’on a commencé à lancer en réflexion. Cela doit permettre au citoyen d’arriver à l’objectif de compte citoyen unique : quand je me connecte, j’accède à tous mes services publics, dans la même interface, sans me reconnecter, avec la possibilité pour certains services, quand je le souhaite, de réutiliser les informations de l’autre. Il faut que les gens gardent la maîtrise, mais que l’on facilite le principe du "Dites-le nous une seule fois". Le même login/mot de passe permettra d’être identifié dans chaque base et de faire le lien entre chaque base. Tout sera compartimenté et ce sera complexe d’accéder à chacun.
 

Où en êtes-vous ?

M. M. – On a lancé le groupe de configuration Ministère de l’intérieur/Dinsic. Ils ont commencé. Je leur ai demandé de travailler jusqu’au mois de février sur plusieurs scénarios : celui de la carte physique avec une puce, qui est le choix estonien ; et celui du 100% virtuel, comme ce que font la plupart des banques. Entre les deux, il y a d’autres dispositifs possibles. L’objectif est que face à chacun de ces scénarios, on puisse faire des tests avec des utilisateurs, faire l’analyse économique du coût pour l’Etat, de voir comment on peut le généraliser et à quelle vitesse. Nous devons être capables de décider avant fin 2018. Et déployer. Tant que ce n’est pas prêt, il y a France Connect. En parallèle, on déploie les autres briques.


Qu’en est-il des autres volets de cette transformation numérique de l’Etat ?

M. M. – Nous travaillons sur l’architecture numérique de l’Etat, c’est-à-dire comment l’Etat fonctionne et comment les fonctionnaires travaillent ensemble. Par exemple, sur la partie Police/justice, de l’enquête jusqu’au procès, comment fonctionne la numérisation, qu’est-ce que ça peut apporter au policier au quotidien d’améliorer la communication, comment la communication entre policer et la justice peut aller plus rapidement… Aujourd’hui, il y a une rupture. Le policier passe une heure avec le prévenu et passe ensuite une heure trente à deux heures à retranscrire, graver, mettre le Cd-Rom sous scellé … C’est terrible. C’est un truc qu’il faut vraiment qu’on améliore.
 

Là encore, qu’avez-vous d’ores et déjà mis en place ?

M. M. Il s’agit du processus action publique 2022, avec un comité indépendant, avec qui nous sommes chargés de la brique interministérielle sur le numérique. La question est de savoir comment chaque administration réfléchit à sa numérisation et propose des projets de numérisation. Et nous, on rajoute à cela toutes les briques essentielles qui permettent d’y arriver. En septembre, j’ai lancé huit groupes de travail avec tous les DSI de l’Etat. Chacun des groupes de travail traite un sujet transministériel (hébergement transport de données, sécurité, outil de l’agent…) pour qu’on arrive à une mise en commun de certaines briques ou en tout cas à une mise en intelligence commune de toutes les briques.
 

Quels sont les secteurs majeurs ?

M. M. – Chaque ministère s’est fixé des priorités. Dans la Justice, une autre chose qui ne va pas, c’est la relation-citoyen. Aujourd’hui, tout est physique. Le portail justice est donc une des priorités. On s’y connectera avec son identité numérique, on pourra échanger des pièces obtenir une date, savoir où on en est, récupérer sa décision…
Dans l’Education nationale, la priorité ce n’est pas forcément les services citoyens en ligne, mais plutôt la classe, ce qui s’y passe, les contenus pédagogiques, et le rôle du numérique dans la classe.

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