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Contre le chômage record dans le numérique : inciter à la formation continue

Selon les derniers chiffres de Pôle emploi, le nombre de chômeurs dans l’informatique et les télécommunications a franchi un niveau qu’il n’avait plus connu depuis 2005. Dans le même temps, les entreprises du secteur se creusent la tête pour recruter les talents dont elles ont besoin. Pour réduire l'écart, la branche a décidé d'abonder le compte personnel de formation des salariés.
mis à jour le 28 août 2015 à 14H15
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Contre le chômage record dans le numérique : inciter à la formation continue
Contre le chômage record dans le numérique : inciter à la formation continue © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

La révolution numérique va trop vite pour les milliers de salariés du secteur… Alors que les entreprises peinent à trouver les spécialistes dont elles ont besoin, le chômage des informaticiens bat des records. Les chiffres publiés mercredi 26 août par Pôle emploi montrent une hausse de 2% des inscrits en juillet par rapport à juin, pour atteindre un nombre de 46000 chômeurs dans l’informatique et les télécommunications. Ce niveau n’avait plus été atteint depuis janvier 2005, selon Manpower. En 2008, on recensait 19100 inscrits seulement dans cette catégorie.

 

La raison est connue : l’inadéquation entre l’offre et la demande sur ce marché du travail. Les entreprises recherchent des développeurs spécialisés, des informaticiens maîtrisant le big data, le cloud, les applications mobiles... Autant de compétences que ne possèdent pas forcément les informaticiens de quarante ans. Le président du Syntec numérique, Guy Mamou-Mani, alerte régulièrement sur les offres d’emploi non pourvues dans son secteur, qui selon lui crée 10000 emplois nets par an.

 

La branche abonde le CPF de ses salariés

 

Une seule solution à ce paradoxe : la formation. Et, bonne nouvelle, la branche vient de décider d’abonder le compte personnel de formation (CPF) de ses salariés. Depuis le 1er août, s’ils décident d’utiliser leurs heures de formation pour une des certifications professionnelles poussées par les employeurs, ceux-ci prendront intégralement en charge les heures supplémentaires nécessaires. Pour les autres formations, le nombre d’heures utilisé par le salarié sera doublé.

 

Le Fafiec, organisme de financement de la formation du numérique, a par ailleurs décidé d’augmenter l’enveloppe destinée à la formation des salariés des TPE et PME et de financer tous les bilans de compétences.

 

Ce n’est pas la première mobilisation des entreprises du numérique en faveur d’une adaptation des compétences à leurs besoins. Depuis quelques mois, dans plusieurs régions, des accords ont été trouvés avec Pôle emploi pour mettre en place des "préparations opérationnelles à l’emploi" (POE). Ce dispositif permet à des chômeurs, anciens de l’informatique ou nouveaux-venus en reconversion, de se former pour répondre aux besoins précis d’entreprises identifiées.

 

Autant de solutions qui permettront non seulement de lutter contre le chômage mais aussi d’accompagner le développement des entreprises.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

4 commentaires

yapasphoto
31/08/2015 16h17 - yapasphoto

Je pense qu'il s'agit plus d'une méconnaissance de l'informatique par les recruteurs et l'utilisation de "Buzz Word" marketing par les vendeurs de solution. S'ils savaient que souvent on leur revend la même soupe avec un autre emballage, il en tomberait de leur chaise. Qu'un cloud, c'est juste des serveurs, des base de données en réseau qu'il soit local ou à l'autre bout de la terre...Et donc qu'un bon informaticien système pourra être sur la balle en 2 semaine max quelques soit. Que la gestion informatique n'est pas de courir pour avoir la dernière technologie à la mode soit disant moins chère mais une stabilité et une sécurité de leur données.J'ai plus confiance en un informaticien 40+ qui connait les systèmes unix bas- niveau qu'un mec qui connait tout les acronymes à la mode et qui gère les systèmes informatique que via des interface.

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Paul
31/08/2015 12h04 - Paul

"Les chiffres publiés mercredi 26 août par Pôle emploi montrent une hausse de 2% des inscrits en juillet par rapport à juin, pour atteindre un nombre de 46000 chômeurs dans l’informatique et les télécommunications. " => Chiffres FAUX ou disons inférieurs à la réalité... En réalité les chiffres du chômage dans l'informatique sont encore plus élevés que ça car la catégorie "Systèmes d'information et de télécommunication" ne prend pas en compte tous les demandeurs d'emploi en informatique ! Pour obtenir les VRAIS chiffres complets du chômage dans l'ensemble des métiers IT (Informatique & Télécoms), voir : http://travail-emploi.gouv.fr/etudes-recherches-statistiques-de,76/statistiques,78/metiers-et-qualifications,83/le-marche-du-travail-par-metiers,230/le-marche-du-travail-par-metiers,15478.html Ouvrir fichier "Les données brutes sur le marché du travail par métiers (4e trimestre 2014) (xls - 1.7 Mo)". Lien direct : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/xls/Donnees_brutes_tensions_n14t4_v1.xls Cf. onglet Domaines professionnels, cellule E801 : vous trouvez le chiffre de 53 378 demandeurs d'emploi inscrits cat.A et celui de 66 590 inscrits cat.ABC dans les métiers IT (à fin décembre 2014).

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Pierre
30/08/2015 10h42 - Pierre

Vision de journaliste un petit peu décalée des réalités du terrain... L'inadéquation des compétences est non seulement à relativiser fortement dans un secteur qui se caractérise structurellement par d’innombrables technologies mais aussi et surtout par des pratiques de recrutement hyper-sélectives : recherche de moutons à 5 pattes (due elle-même à l'externalisation des emplois dans les SSII), culte du bac+5 et plus particulièrement des ingénieurs, jeunisme vs rejet des +40ans et des chômeurs, forte concentration géographique de l'emploi en IDF...etc Non, la formation continue n'est pas le seul remède aux pseudo-difficultés de recrutement dans nos métiers ! (Pierre, syndicaliste, 20 ans d'expérience dans le secteur...)

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jacques de felice
29/08/2015 17h20 - jacques de felice

Un comble, la demande en informaticiens augmente en même temps que leur taux de chômage ! Quand on regarde les offres ce n'est pas surprenant : le candidat doit tout savoir avec en plus une grande expérience. C'est impossible pour la plupart d'entre-nous les chômeurs zinformaticiens. Les noms des applications à connaître évoluent avec les modes toujours changeantes, il nous faudrait pratiquer simultanément quelques centaines de produits ... Il faudrait pouvoir tout cocher là où il faut afin que le dernier intermédiaire, ne voyant pas le rapport entre un savoir-faire x et un nom abscons y, n'écarte pas ce mauvais CV qui n'utilise pas tous les mots attendus et prescrits. On se gargarise de nouvelles technologies mais c'est beaucoup de poudre aux yeux. Les besoins évoluent très peu. Je veux dire que les différentes patterns se retrouvent toujours, leurs implémentations seules varient suivant les besoins-contraintes. Cette gymnastique (résoudre un besoin par du code, structure, ..) se retrouve toujours et partout et un informaticien digne de ce nom, sait inventer quand cela est nécessaire et réutiliser, recycler, ailleurs. La demande de l'employeur est autre, il faut, comme pour un outil commun (marteau, scie, fourchette, ..) prouver son savoir-faire d'artisan. C'est oublier, ignorer, négliger, combien l'informatique est autrement plus souple, complexe, versatile. Et donc l'artisan informaticien de même. Il a nécessairement du créer, réinventer, améliorer, repenser une multitude de manières de faire. Il a donc développé un savoir-faire que seul un autre informaticien peut évaluer. Hélas, la perpétuelle recherche de profit maximum par l'optimisation des taches, des rôles, des personnes et des machines entraîne l'enfermement de chacun dans un sous-domaine qui réduit son horizon et pénalise la découverte d'optimums transverses. Une fatale contradiction dans la recherche de l'optimisation. L'optimisation tue l'optimisation, la répartition des taches bloque l'inventivité, nécessaire à l'optimisation. L'employeur recherche une perle rare en forme de cube, on lui propose un collier multiforme, il n'en veut pas, il attend un cube bleu, or il voit de nombreuses autres formes plus un cube vert. L'employeur, son dernier intermédiaire, ne voit pas que le vert est un mélange de jaune et de bleu, l'employeur ne voit pas que le collier est riche de formes variées, l'employeur est abêti par la mode, les mots, la propagande. Il cherche à rester dans le vent (qui tourne sans cesse), telle une girouette, en gamin mimétique qu'il est resté malgré son age avancé. La spécialisation exigée pour augmenter la rentabilité est un risque. Il suffit de voir la terrible quantité de déchets en matière de projets et d'applications. Beaucoup de pertes à cause d'une vue étriquée de l'informatique associée à une exigence de rentabilité immédiate, incompatible avec une réflexion étendue qui saurait prendre en compte la souplesse infinie du code informatique (et de son matériel) avec les multiples causes de dysfonctionnement. Si la demande en informatique n'est pas satisfaite alors que le nombre d'informaticiens en recherche d'emploi est grand, le dysfonctionnement vient certainement du besoin artificiel de rendement délirant que l'on demande aux entreprises. L'entreprise n'est plus un producteur de services pour servir des besoins, elle est devenue une vache à lait, une rente dont la valeur doit toujours augmenter.

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