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Covid-19 : En Occitanie, la filière numérique est sévèrement touchée et tire la sonnette d’alarme

Annulations et reports de commandes, arrêt brutal du nouveau business... Le cluster régional numérique d’Occitanie Digital 113, qui compte environ 400 membres, tire la sonnette d’alarme sur l’état de santé de la filière numérique.
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Covid-19 : En Occitanie, la filière numérique est sévèrement touchée et tire la sonnette d’alarme
Covid-19 : En Occitanie, la filière numérique est sévèrement touchée et tire la sonnette d’alarme © Digital113

"Pour télétravailler, il faut du travail", rappelle Simon Bretin, vice-président du cluster des entreprises du numérique d’Occitanie Digital 113 et fondateur de Flutilliant (Toulouse) lors d’une visioconférence le 8 avril. Le cluster a réalisé dans l’urgence avec la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) d'Occitanie un état de santé des acteurs du numérique à fin mars.

Une filière durement touchée

"Avec ses 400 membres, le cluster est représentatif de la filière régionale, où domine la prestation de services", commente Emmanuel Mouton, président de Synox et de Digital 113. Les résultats ne sont pas bons : 94% des répondants* ont enregistré une baisse de leur activité, 47% avancent une production "très perturbée ou à l’arrêt". 41% déclarent des annulations sèches de commandes, 56% des décalages. 20% n’ont même "aucune nouvelle" de leurs clients.

Si bien que 52% des entreprises sondées tablent (données fin mars) sur une perte de plus de 20% de leur chiffre d’affaires en 2020, jusqu’à 80% pour certaines. D’autant que l'acquisition de nouveaux contrats est à l’arrêt pour 61% d'entre elles. Filière transversale, le numérique subit en ricochet les difficultés de toutes les autres filières : tourisme, aérien et transport, éducation et formation.... Même le e-commerce – hors alimentaire – s’est "très fortement ralenti", relève la directrice générale de Digital 113, Amélie Leclercq. Selon Olivier Alluis de Rakuten (Montpellier) qui participait à la réunion, "il y a des commandes, mais délivrer est difficile". En outre, l’activité internationale (avec l’Asie et les Etats-Unis notamment) est très compromise.

Le télétravail n’est pas la panacée

Les acteurs du numérique veulent faire passer le message : "Il faut casser quelques idées reçues. La crise touche les entreprises du numérique et les touchera sans doute plus longuement", insiste Amélie Leclercq. Certes, elles sont familières du digital et du télétravail, mais seule une entreprise sur cinq affirme que 100% de ses équipes peuvent télétravailler. "Les contrats sous secret défense, par exemple, sont très difficilement exécutables", note Simon Bretin.

Première vague de chômage partiel

Quasiment la moitié des répondants ont déjà mis en place l’activité partielle fin mars. Certains temporisent avec des congés payés et RTT. Mais 30% de plus envisagent une activité partielle d’ici fin avril, si la situation ne s’améliore pas. Pour l’avenir, les entreprises sondées affichent aussi leurs craintes que les clients arrêtent de payer les factures et les grands donneurs d’ordre stoppent les programmes de R&D. Ils signalent la difficulté d’engager ou poursuivre les levées de fonds. La crainte est de licencier dans le courant de l’été si l’économie ne redémarre pas...

La Direccte Occitanie et Digital 113 affirment que l’enquête sera renouvelée régulièrement pour vérifier l’évolution de la filière en temps réel. Le cluster organise tous les matins un "Café-Visio" pour informer et rester en contact avec ses membres.


(*) 54 entreprises de toutes tailles ont répondu à l'enquête, dont 50% d’éditeurs de logiciels et 31,5% d’entreprises de services numériques. Les membres de Digital 113 représentent 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires cumulé et 17 000 emplois.

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