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Cybersécurité : Pourquoi Thales achète Vormetric à prix d'or

Analyse En rachetant pour plus de 350 millions d'euros la société californienne Vormetric, Thales veut s'imposer sur l'un des segments les plus porteurs en cybersécurité : la sécurité des données sensibles.

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Cybersécurité : Pourquoi Thales achète Vormetric à prix d'or
Cybersécurité : Pourquoi Thales achète Vormetric à prix d'or © Vormetric

Thales a cassé sa tirelire. Le groupe français a craqué pour une société californienne de la cybersécurité Vormetric. Pour plus de 350 millions d'euros (400 millions de dollars) il va mettre la main sur sa technologie de protection des données sensibles. "La sécurité périmétrique, ça ne marche plus. Il ne suffit plus d'empiler les pare-feu et les anti-virus pour être protégé. La tendance est de protéger la donnée, en la chiffrant et en contrôlant son accès [...]. Cette acquisition marque une accélération de notre stratégie dans le domaine de la cybersécurité", justifie Patrice Caine, PDG de Thales.

 

Une pépite califonienne

Même si elle est basée à San José en Californie, Vormetric n'est pas tout à fait ce qu'on appelle une start-up. Fondée en 2001 et comptant 200 employés, elle a des produits, des revenus, et des clients. Parmi ses 1500 clients dans le monde, elle affiche de prestigieuses références essentiellement outre-Atlantique : 17 des 30 premières entreprises américaines, 2 des 5 plus grandes banques, également 2 des 5 premières entreprises de la grande distribution... De quoi lui assurer un développement rapide : l'entreprise enregistre une croissance annuelle de 30% de son activité ces dernières années. Elle vise un chiffre d'affaires de 75 millions de dollars pour 2015.

 

Chiffrer sans perdre en performances

Thales a surtout été séduit par sa technologie. "Son moteur logiciel permet de chiffrer les données sur un serveur physique, sur le cloud et également dans les applications de manière transparente c'est-à-dire sans ralentir les performances du serveur. C'est une performance technique extrêmement différentiante", estime Marc Darmon, directeur général adjoint en charge des systèmes d’information et de communication sécurisés de Thales. A tel point que le groupe tricolore n'a pas voulu tergiverser et a préféré l'acquisition pure et simple à toute autre forme de partenariat. Il s'offre ainsi la possibilité d'intégrer cette technologie dans ses solutions de cybersécurité sans contrainte aucune.

 

Avec l'acquisition de Vormetric, Thales renforce ainsi son portefeuille de technologies et de services dans la cybersécurité. Le groupe compte 5000 collaborateurs actifs dans ce domaine dont 1500 experts travaillant directement sur la production des technologies et de services. Le français réalise ainsi des audits et des tests d'intrusion pour ses clients, conçoit des technologies de sécurisation, et opère des centres de supervision qui gèrent la sécurité 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour le compte d'environ 130 très grandes entreprises.

 

Le groupe compte également une équipe de 200 experts capables de dépanner en urgence les entreprises victimes de cyberattaques. "Ces dernières années, nous avons réalisé plus de 10 000 heures d'intervention chez nos clients", explique Marc Darmon. Thales réalise environ 500 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le domaine de la cybersécurité, soit près de la moitié de son chiffre d'affaires dans le domaine de la sécurité au sens large (1,1 milliard en 2014).

 

REnforcer ses positions dans le secteur

L'initiative de Thales n'est pas isolée. Le secteur de la cybersécurité est en pleine ébullition. Pour contrer des cyberattaques toujours plus sophistiquées, les acteurs sur ce créneau, aux profils différents, multiplient les rapprochements. Aux Assises de la sécurité informatique qui se sont tenues à Monaco fin septembre, Airbus Defence & Space a annoncé un accord avec Atos/Bull pour développer des solutions de détection des menaces avancées à partir du big data ou encore de protection des supply chain des industriels. Par ailleurs, à travers un accord commercial, la filiale de l’avionneur va aussi intégrer ses pare-feux dans les réseaux industriels opérés par Schneider Electric. Pour sa part, Cap Gemini va former 300 de ses salariés aux produits de sécurité de l’américain Fortinet. Les deux sociétés ont signé un accord mondial de coopération pour la sécurisation des données et des applications informatiques.

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