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Dailymotion : retour sur une quête du partenaire idéal semée d'embûches pour Orange

Depuis deux ans, le patron d'Orange Stéphane Richard cherche le partenaire idéal pour investir dans sa plate-forme Dailymotion et lui donner une dimension mondiale. Alors que l'hypothèse Vivendi tient désormais la corde, retour sur les tentatives précédentes.

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Dailymotion : retour sur une quête du partenaire idéal semée d'embûches pour Orange
Dailymotion : retour sur une quête du partenaire idéal semée d'embûches pour Orange © Dailymotion

La pépite Dailymotion, propriété d'Orange depuis 2011, s'est imposée comme la première plate-forme européenne de partage de vidéos. C'est le site internet français le plus fréquenté dans le monde, avec 110 millions de visiteurs uniques en 2014... très loin du numéro 1 du marché, YouTube, qui en fédère presque dix fois plus.

Orange n'a jamais voulu financer seul le développement international de sa filiale et s'est rapidement mis à la recherche d'un investisseur pour la faire grandir, capable d'injecter au minimum 100 millions d'euros. Mais cette quête s'est révélée semée d'embûches... en raison notamment de l'interventionnisme du gouvernement français. Retour sur les tentatives de mariage ratées de Dailymotion.

Le rêve américain

YouTube a beau ne pas être rentable, son règne sans partage suscite la convoitise. Yahoo a longtemps espéré pouvoir le concurrencer en s'appuyant sur l'expérience de Dailymotion. Marissa Mayer en avait fait sa priorité peu après son arrivée aux manettes du portail internet américain à l'été 2012. Des discussions ont été ouvertes début 2013, l'américain proposant de racheter 75% du capital de la filiale de France Télécom, la valorisant à un peu moins de 240 millions d'euros. Mais l'intervention d'Arnaud Montebourg a mis fin au début de rêve américain d'Orange... et donné une mauvaise image de la France à de potentiels investisseurs étrangers.

Axelle Lemaire a depuis tenté de recoller les morceaux, et s'est dite ouverte en novembre 2014 à l'entrée d'un groupe étranger au capital de Dailymotion. La secrétaire d'Etat au umérique a même tenté de jouer les intermédiaires en recevant Satya Nadella, le PDG de Microsoft, peu avant une rencontre avec Stéphane Richard, en novembre 2014. Orange et Microsoft ont eu l'occasion d'échanger à plusieurs reprises sur le dossier Dailymotion… mais sans qu'un accord soit trouvé, l'américain ne souhaitant pas, lui non plus, investir seul. Retour à la case départ.

L'hypothèse Canal+

On l'a oublié, mais Orange a déjà discuté de Dailymotion avec Vivendi… ou plus précisément le deal a été évoqué entre filiales. Canal+, propriété de Vivendi, a en effet regardé le dossier de près début 2014. Vivendi était alors propriétaire de SFR, concurrent d'Orange, mais cela n'empêchait pas sa filiale Canal+ de collaborer avec Orange dans la télévision payante, à travers le bouquet de chaines thématiques OCS. Rien d'impossible sur le papier, donc, mais des divergences de stratégie ont fait capoter le deal.

La piste asiatique

Si l'hypothèse Samsung a parfois été évoquée, sans que l'on sache si des discussions ont réellement eu lieu, Stéphane Richard s'est récemment tourné vers l'Asie pour tenter d'assurer l'avenir de Dailymotion. Le patron d'Orange a accompagné Emmanuel Macron lors d'une tournée asiatique, en novembre 2014. Il y a rencontré Masayohi Son, PDG du japonais Softbank (qui a pris le contrôle du français Aldebaran Robotics), mais surtout le milliardaire Richard Li, fils cadet de Li Ka Shing, l’homme le plus riche d’Asie et président du groupe PCCW, présent dans les télécoms.

C'est ce groupe qui, jusqu'à ce lundi, tenait la corde pour investir massivement dans Dailymotion et lui donner, selon ses propres termes, "une envergure mondiale suffisante, sur un marché où la taille critique est vitale pour se développer". Mais le gouvernement a une nouvelle fois mis son nez dans l'affaire (l'Etat est actionnaire à 24% d'Orange), demandant au groupe télécom de ne pas accorder d'exclusivité à l'offre chinoise pour privilégier des solutions européennes. PWCC s'est alors immédiatement retiré du jeu… laissant la voie libre à Vivendi.

Une solution française

C'est donc Vivendi qui tient finalement la corde pour donner un nouveau souffle à Dailymotion, même si le groupe français Fimalac (propriétaire de nombreux sites internet) et les allemands Axel Springer et Bertelsmann sont également intéressés. Assis sur une montagne de cash depuis les ventes de SFR et d'Activision-Blizzard, Vivendi a les moyens de ses ambitions et peut imaginer des synergies entre Dailymotion avec ses activités de musique (Universal Music Group) et de télévision payante (Canal+ Group). Le conseil d'administration d'Orange se réunit dès ce 7 avril pour étudier l'offre de Vivendi.

Sylvain Arnulf

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