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De quoi le rêve d'Oscar de Jeff Bezos est-il le symptôme ?

Analyse Le patron d’Amazon l’a déclaré au quotidien allemand Die Welt, il veut décrocher un Oscar... grâce aux 16 long métrages que le géant du e-commerce va produire cette année.  Au-delà des seules paillettes, le cinéma est un des moyens pour le géant de réinventer l’industrie de l’image animée... sous toutes ses formes.

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De quoi le rêve d'Oscar de Jeff Bezos est-il le symptôme ?
De quoi le rêve d'Oscar de Jeff Bezos est-il le symptôme ? © Wikimedia commons - Steve Jurvetson - c.c.

Comme le patron de Netflix Reed Hastings, Jeff Bezos rêve de brandir une statuette dorée sur la scène des Oscars. C’est ce que le champion mondial du e-commerce a déclaré au quotidien allemand Die Welt à l’occasion d’un entretien publié le 27 décembre. Le patron d’Amazon défie ainsi son rival Netflix, dont le tout premier long métrage, Beasts of no nation, pourrait faire partie des nominés.

 

16 longs métrages par an

Jeff Bezos veut produire 16 longs métrages par an pour le cinéma. Et il a les moyens de ses ambitions. Avec un 25,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires au seul 3e trimestre 2015 et un cash flow opérationnel de près de 10 milliards de dollars sur douze mois à fin septembre 2015. Mais aussi avec son service de streaming Prime qui serait, selon lui, de plus en plus populaire, même s’il n’en diffuse pas le nombre d’abonnés total. Dans un communiqué du 28 décembre 2015, l’Américain se vante néanmoins d’en avoir engrangé 3 millions de plus durant la troisième semaine de décembre. Ce qui tend à valider le fait qu’il compterait déjà plusieurs dizaines de millions d’abonnés à Prime.


Mais contrairement au streaming vidéo de Netflix, Amazon Prime est un service global qui propose des conditions privilégiées aux membres du site. C’est le cas de la livraison gratuite des commandes en une journée par exemple, voire en deux heures dans certaines villes américaines, et accessoirement, de l’accès à de nombreux contenus numériques en ligne dont les livres et le streaming vidéo. Prime est un prolongement de la machine de guerre du e-commerce qu’Amazon maîtrise depuis plus de vingt ans.

 

Back to the big screen

La perspective de se retrouver aux côtés des plus grands sur le tapis rouge n’est donc pas le seul attrait du cinéma pour les grands de la Silicon Valley. C’est une toute nouvelle industrie de l’image animée qu’ils inventent. Ils l’ont abordé en diffusant en streaming des films et des séries existants. Puis ils ont produit leurs propres séries. Avec un succès tel que la télévision les a sortis d’Internet pour les diffuser sur le petit écran - comme Canal Plus avec la série de Netflix, House of Cards -.

 

Avec le cinéma, c’est eux qui décident. Jeff Bezos veut voir ses films en priorité sur grand écran avant de les proposer sur Prime. Les longs métrages et les salles de cinéma sont une des voies de développement d’Amazon dans le domaine. Dans son interview à Die Welt, Jeff Bezos n’exclut d’ailleurs pas de s’intéresser aussi aux droits du football allemand, et plus généralement au sport. Et dans un tout autre genre mais dans le même objectif, en 2014, Amazon avait aussi acquis Twitch, la plate-forme collaborative de diffusion de jeux vidéo très prisée des plus jeunes.

 

Le cinéma produit dérivé du streaming ?

Hollywood doit-il trembler ou se réjouir de ces manœuvres venues de la Toile ? Quand les géants du numérique ont décidé de créer leurs propres studios, ils ont bel et bien préféré Los Angeles à la Silicon Valley. Un moyen, certes, de montrer qu’ils font désormais aussi partie des étoiles du cinéma. Mais comme le CD, voire le disque vinyle, tendent à devenir l’objet de luxe de la musique face au streaming, la diffusion en salle pourrait-elle devenir un produit dérivé haut de gamme du streaming vidéo ?

 

Quand il annonce à Die Welt qu’il veut "proposer une nouvelle plate-forme à des maîtres comme Spike Lee ou Woody Allen," le patron d’Amazon pourrait bien être entendu. Même si ce sont des algorithmes à l’écoute du plus grand nombre qui les réclament.

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