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Des groupes de presse allemands poursuivent Google pour la suppression des cookies tiers dans Chrome

Vu ailleurs Des éditeurs de presse allemands viennent de déposer une plainte anticoncurrentielle devant la Commission européenne se plaignant de la fin des cookies tiers dans Chrome. Ils craignent que Google n'ait une place encore plus hégémonique dans le secteur de la publicité en ligne. D'autres procédures portant sur ce sujet sont également en cours.
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Des groupes de presse allemands poursuivent Google pour la suppression des cookies tiers dans Chrome
Des groupes de presse allemands poursuivent Google pour la suppression des cookies tiers dans Chrome © Firmbee/Pixabay

C'est une nouvelle salve judiciaire contre Google. Un groupe d'éditeurs de presse allemands, mené par le Berlinois Axel Springer (Politico, Bild...), a déposé une plainte devant la Commission européenne le 24 janvier, révèle le Financial Times qui a pu accéder au contenu du document judiciaire. 

La fin des cookies tiers en 2023
Les éditeurs craignent que la fin des cookies tiers dans Chrome, décalée à plusieurs reprises et qui devrait finalement entrer en vigueur courant 2023, ne donne une place encore plus grande à Google dans le secteur de la publicité en ligne. "Les éditeurs doivent rester dans une position où ils peuvent demander à leurs utilisateurs le consentement pour traiter les données (...) Google doit respecter la relation entre les éditeurs et les utilisateurs sans interférer", est-il écrit dans la plainte.

Google explique l'arrêt des cookies tiers dans Chrome par le souci d'offrir davantage de confidentialité aux utilisateurs à travers de nouvelles méthodes de pistage. Le problème est que la grande majorité des médias ont choisi de faire de la vente d'espaces publicitaires ciblés l'une de leurs principales sources de revenus.  

Des floc aux topics
Pour remplacer les cookies tiers, la firme de Mountain View a lancé le programme "Privacy Sandbox" pour trouver des alternatives. Elle a testé les Federated Learning of Cohorts (FLoC) qui reposent sur les centres d'intérêts des internautes à partir desquels sont créées des cohortes d'utilisateurs qui ont des historiques de navigation similaire. Les annonceurs peuvent ensuite sélectionner des publicités en fonction de ces grands groupes. 

Mais Google serait en passe de laisser tomber les FLoC à cause d'un manque d'efficacité et du risque d'exposition des données liées à l'historique de navigation, d'après Vinay Goel, directeur produit de Google, cité par Reuters. Un nouveau système est donc en train d'être testé. "Topics" associe chaque utilisateur à des thèmes, tels que "le fitness", "le voyage"..., sur la base de trois semaines de navigation. Google promet qu'aucun thème ne concerna des catégories sensibles comme le sexe ou l'origine.
 

En pratique, lorsque l'internaute accède à un site prenant en charge l'API Topics, le navigateur partage trois sujets qui l'intéressent : un pour chacune des trois dernières semaines sélectionnés au hasard parmi les cinq principaux sujets de chaque semaine. Le site peut ensuite partager ces informations avec ses partenaires publicitaires pour décider des publicités à afficher. Les utilisateurs pourront consulter et supprimer des sujets de leurs listes ainsi que désactiver également l'intégralité de l'API Topics, précise Google. 

Des craintes déjà exprimées
Les arguments avancés par les éditeurs allemands ne sont absolument pas nouveaux. La Competition and Markets Authority (CMA), l'autorité de la concurrence au Royaume-Uni, a ouvert une enquête sur la fin des cookies tiers en janvier 2021. Elle craignait que la nouvelle stratégie publicitaire ne provoque une distorsion de concurrence. "Cela entraînerait une concentration encore plus importante des dépenses publicitaires (...) Cela compromettrait également la capacité des éditeurs en ligne tels que les journaux à générer des revenus et de continuer à produire un contenu de valeur à l'avenir", écrivait la CMA. 

En réaction, Google a pris une série d'engagements. Il s'engageait à publier les résultats de tests des FLoC et à ne pas discriminer ses concurrents en faveur de ses propres activités publicitaires lors de la conception ou de l'exploration d'alternatives aux cookies tiers. Une consultation publique a été ouverte pour recueillir les remarques des acteurs intéressés. La CMA a jusqu'en février 2022 pour donner son verdict final.

Bruxelles enquête sur les pratiques publicitaires de Google
Le Movement for an Open Web (MOW), une organisation britannique qui rassemble des acteurs technologiques de la publicité en ligne, a également déposé une plainte antitrust devant la Commission européenne en septembre dernier. Ses membres estiment que la nouvelle politique de Google va affecter "les analystes indépendants, la publicité, la détection des fraudes, les services de données, l'optimisation des performances et d'autres fonctionnalités du web ouvert". Bruxelles enquête déjà sur les pratiques publicitaires de Google dans le cadre d'une procédure ouverte en juin 2021

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