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Des repentis de la Silicon Valley en croisade contre la techno-dépendance qu’ils ont générée

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Ils ont donné naissance à des créatures et maintenant ils veulent les combattre. Non, nous ne sommes pas en 2098 dans un film de science-fiction post-apocalyptique, mais en 2018. Les créatures ne sont autres que Facebook, Instagram, ou encore Apple. Et les éveilleurs de conscience ? Des anciens employés de ces mêmes géants de la Silicon Valley. Ces repentis de la tech viennent de lancer une campagne de sensibilisation contre l’addiction aux plateformes numériques.

Des repentis de la Silicon Valley en croisade contre la techno-dépendance qu’ils ont générée
Des repentis de la Silicon Valley en croisade contre la techno-dépendance qu’ils ont générée © wikimedia

Facebook, c’est comme une cigarette… C’est en substance ce qu’a déclaré Marc Benioff, PDG de Salesforce, dans une interview sur CNBC. Selon ce très influent patron de la vallée, les réseaux sociaux devraient être régulés comme l’est l’industrie du tabac. L’attrait des écrans, l’envie frénétique de scroller sa timeline Facebook et d’exposer sa vie sur Instagram… Ce sont ces symptômes de l’addiction aux interfaces numériques que dénoncent "les repentis de la tech", à travers un collectif baptisé Center for Humane Technology.

 

Ce mercredi, depuis Washington, le collectif lance une campagne intitulée The Truth About Tech. Et financée à hauteur de 50 millions de dollars par l’ONG Common Sense Media, ComCast ou encore Direct Tv. L’objectif est de sensibiliser les enfants de 55 000 écoles publiques aux Etats-Unis sur les dangers de l’addiction aux plateformes numériques. Le collectif est également présent sur l'échiquier politique en s’associant à deux projets de loi soutenus par les sénateurs démocrates Edward J. Markey et Bob Hertzberg.

 

"Un problème invisible affecte la société toute entière", les GAFA sont élancés dans "une course pour capter notre attention limitée dont ils ont besoin pour faire des profits", dénonce le Center for Humane Technology sur son site où les géants de la tech sont explicitement mis en cause. "Snapchat redéfinit les relations d’amitié de nos enfants", "Instagram glorifie l’image d’une vie parfaite et ronge l’estime de soi", "Youtube lance la vidéo suivante même si cela grignote notre temps de sommeil", peut-on lire.

 

Qui sont ces repentis de la tech ?

 

Parmi ce mouvement des "repentis de la tech", on trouve, entre autres, Justin Rosenstein, le co-créateur du fameux bouton "Like" de Facebook, Roger McNamee, investisseur de la première heure du réseau social au 2 milliards d’utilisateurs et Lynn Fox, ancienne vice-présidents des relations presse d’ Apple. Et en chef de file, Tristan Harris, ancien de Google et Facebook, qui ne mâche pas ses mots dans le New York Times : Nous étions à l’intérieur. Nous savons ce que les entreprises mesurent. Nous savons comment elles parlent et nous savons comment leur système fonctionne. Les entreprises de la Silicon Valley nous manipulent pour nous faire perdre le plus de temps possible dans leurs interfaces."

 

C’est ce même Tristan Harris qui avait publié un manifeste sur Medium, en mai 2016, expliquant "comment la technologie pirate l’esprit des gens". Depuis, il n’a cessé depuis d’alerter l’opinion publique, lors de Ted Talk notamment, en reprenant la notion d’économie de l’attention. Cette stratégie marketing qui consiste à considérer l’attention humaine - qui ne coûte rien du point de vue spectateur - comme une ressource rare qu’il faut capter. C'est ce que Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1, appelait le "Temps de cerveau disponible", au début des années 2000.

 

En novembre dernier, Sean Parker, co-fondateur de Napster et président du Facebook alors que ce n’était encore qu’une start-up, avait tiré à boulets rouges sur les réseaux sociaux, dans une entrevue avec le média Axios. Il y dévoilait le processus de décision derrière l’élaboration des applications telles que Facebook : "Comment est-ce qu'on absorbe le plus possible de votre temps et de votre attention consciente ? Pour cela nous avons besoin de vous donner en quelque sorte une dose de dopamine une fois de temps en temps - parce que quelqu'un a aimé ou commenté une photo - et cela va vous pousser à mettre plus de contenu, pour recevoir plus de j'aime et de commentaires. C'est un cercle vicieux d'impressions de validation sociale... Les créateurs, c'est moi, c'est Mark (Zuckerberg, NdlR)."

 

Les plus jeunes en ligne de mire

 

Pour le Center for Humane Technology, les premiers touchés par la techno-dépendance sont ceux qui feront la génération de demain : "La course pour capter l’attention des enfants les conduit à remplacer leur estime de soi par des “like”, les encourage à se comparer aux autres et leur donne l’illusion constante de passer à côté de quelque chose". Début janvier, deux actionnaires d’Apple ont demandé à la firme à la pomme de lutter contre l’addiction des plus jeunes à l’iPhone, allant jusqu’à assimiler le smartphone le plus vendu au monde à de “la malbouffe”.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :  78 % des adolescents américains utilisent leur téléphone au moins une fois par heure et 50 % d’entre eux reconnaissent une dépendance, selon Common Sense Media. Plusieurs universitaires s'intéressent également à l’addiction aux réseaux sociaux. Dans son livre intitulé iGen, Jean Twenge observe que "les comportements et les états émotionnels des adolescents ont brutalement changé à partir de 2012"

 

Cela se traduit, selon cette professeure en psychologie à l’Université de San Diego, par une vie amoureuse limitée ou inexistante ou bien le manque d'intérêt à passer son permis de conduire. "La patinoire, le terrain de basket, la piscine, le spot de pêche… ils ont tous été remplacés par des espaces virtuels accessibles via les applications et le web. (...) Plus les jeunes passent du temps à regarder leur écran, plus ils témoignent de signes de dépression", analyse la spécialiste.

 

La preuve la plus criante des méfaits liés à l’abus de technologie réside directement dans les dispositions prises par ceux qui les ont créées. En 2014, le journaliste Nick Bilton révélait dans le New York Times que Steve Jobs, feu patron emblématique d’Apple, limitait l’utilisation de l’iPad à ses enfants. Sans parler de l’engouement grandissant pour les écoles dites “low-tech”, telles que le Waldorf Institute, dans la Silicon Valley. Parmi les premiers adeptes de ces salles de classes, sans connexion internet, ni ordinateur : les progéniteurs de cadres de chez Apple, eBay ou encore Hewlett-Packard…
 

On est bien loin du dogfooding (manger sa propre nourriture pour chien, en français), pratique d’entreprise informatique qui consiste à utiliser ses propres produits et services pour convaincre ses clients de les acheter. Une méthode pratiquée par le premier CEO d’Apple, en février 1980. À l’époque, Michael Scott avait demandé à l’entreprise de troquer toutes les machines à écrire pour des ordinateurs Apple II. Ce qui s’était soldé par un véritable fiasco.

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2 commentaires

PRUSIEWICZ
08/02/2018 11h26 - PRUSIEWICZ

Ne retrouve on pas un peu des dangers décrits par cet article, dans les messages et les multiples news l'Usine Nouvelle emis quotidiennement , qui nous sollicitent sans fin en nous proposant de sauter d'un article à un autre ... Loin d être sous dépendance aux news de l''UN , j'avoue parfois me laisser absorber par les suggestions d'articles proposées à l'infini... , mais je suis aussi agacé par les sollicitations récurrentes qui polluent le quotidien de ma boite mail. Chère UN, ne devriez vous pas réfléchir et vous inspirer de cet article pour corriger certains travers de votre communication.

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MAGEREN Jean Pierre
10/02/2018 12h56 - MAGEREN Jean Pierre

Avant toutes ses techniques il y avait la bibliothèque et j'y passais mes samedi après midi a rechercher le livre que j'allais lire mon dimanche après midi, maintenant j'ai 71 ans et je aussi sur mon pc a rechercher quelque chose et les 2 moyens m'apporte satisfaction et soutient ma recherche sans fin pour vivre. je me reverse de citer mes références et publications. Jean Pierre MAGEREN

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