Deux nouveaux incubateurs français aux Etats-Unis : pour quoi faire ?

A quoi bon créer deux incubateurs destinés aux entrepreneurs français dans la Silicon Valley et à Boston alors qu'une myriade de structures similaires existe déjà ? Eléments de réponse.

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Deux nouveaux incubateurs français aux Etats-Unis : pour quoi faire ?

Ce 12 février, François Hollande inaugure un French Tech Hub à San Francisco. Une structure similaire, dédiée à la santé et aux biotechs, sera lancée à Boston avant l'été. Ces espaces seront à la fois des incubateurs et des accélérateurs pour les start-up françaises. Les porteurs de projets pourront y trouver un toit, se faire conseiller, bâtir un réseau, dénicher des partenaires et des financements à leur arrivée aux Etats-Unis.

nouveau mais pas trop

Les French Tech Hubs ne partiront pas de zéro : ils prendront le relais des incubateurs Hubtech 21 pilotés par la région Ile de France, à travers sa structure Prime (Paris région international mission entreprise). Les équipes déjà présentes à San Francisco depuis trois ans vont être renforcées et l'espace de travail agrandi. La structure bénéficiera d'un budget annuel de l'ordre de 3 millions d'euros. Elle doit accompagner une soixantaine de projets dans ses quatre premières années de fonctionnement.

travail d'équipe

Les deux nouveaux incubateurs labélisés French Tech ne vont-ils pas concurrencer les structures déjà présentes sur le terrain ? Des pôles de compétitivité comme Cap Digital, des institutions comme les CCI et des entreprises françaises comme Orange ont leurs propres relais sur place depuis des années.

Les incubateurs et réseaux sont déjà très nombreux, au risque de "noyer" l'initiative française. Mais "le french hub ne doit pas être vu comme un énième incubateur", corrige Eric Morand, responsable du département Nouvelles technologies, innovation et services à Ubifrance. "C'est plutôt un lien entre les écosystèmes français et américain. Un lieu de networking proposant des services aux entrepreneurs français à chaque stade de leur projet, et les connectant avec des mentors, décideurs, financeurs, pour un accompagnement efficace et dans la durée", résume-t-il. La French Tech Hub promet de s'appuyer sur les acteurs installés et de jouer collectif.

mentors américains

Une approche franco-française est-elle pertinente ? Le doute est permis sur cette stratégie. Eric Morand dément l'aspect 100% tricolore du projet. "Nous travaillons évidemment avec des partenaires locaux, et la plupart des mentors sont américains. Si des entrepreneurs français présents depuis une dizaine d'années aux Etats-Unis veulent faire bénéficier les nouveaux venus de leur expérience, on ne va pas leur dire non. Mais il ne s'agit pas que les français restent entre eux", prévient-il. Le French Tech Hub se défend également de tout parisianisme : si le projet prend le relais d'un incubateur d'origine francilienne, les autres régions françaises vont participer au projet. Ce sont donc des entrepreneurs de toute la France qui seront accompagnés.

vision typiquement française ?

Reste un dernier écueil, selon Carlos Diaz, présent dans la Silicon Valley depuis des années et rendu célèbre par le mouvement des "Pigeons". Pour lui, la démarche est avant tout symptomatique de la vision des dirigeants français, incapables d'encourager l'innovation autrement que par des subventions et des agences officielles, déclare-t-il à l'AFP. "J’ai envie d’un François Hollande qui me fasse rêver, qui soit un leader, j’ai pas envie d’un François Hollande qui vienne me dire : 'j'’ai de l’argent à vous donner mais il faut faire ça en échange'. Less is best. Moins ils en font, et mieux ce sera".

Sylvain Arnulf

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