Diem (ex-Libra) quitte la Suisse et confie l'émission de sa stablecoin à l'Américain Silvergate Bank

L'association Diem, qui chapeaute le projet de cryptomonnaie de Facebook, quitte définitivement la Suisse et retire sa demande de licence de paiement déposée en avril 2020. Elle met le cap vers les Etats-Unis où son siège sera désormais domicilié et signe un premier partenariat avec Silvergate Bank, une banque spécialisée dans les cryptoactifs, pour émettre sa stablecoin. 

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Diem (ex-Libra) quitte la Suisse et confie l'émission de sa stablecoin à l'Américain Silvergate Bank

Le projet de cryptomonnaie de Facebook Diem, anciennement connu sous le nom de Libra, opère un virage et quitte la Suisse, pays dans lequel l'association qui chapeaute cette expérimentation était domiciliée. Il a finalement retiré sa demande de licence de paiement, déposée auprès de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FNIMA) en avril 2020.

Cap vers les Etats-Unis
Diem se tourne désormais vers les Etats-Unis. Le siège de l'association doit être déplacé de Genève vers Washington DC, ville dans laquelle sa filiale américaine est située, a précisé Stuart Levey, CEO de Diem, dans un communiqué.

L'ancien directeur juridique de la banque HSBC a ajouté que "cette transition" était "cohérente avec la stratégie initiale de Diem, concentrée sur les Etats-Unis, et reflète les considérations de l'association pour l'évolution des régulations des monnaies numériques" dans ce pays. Ce déménagement outre-Atlantique permet également à l'association de se rapprocher des activités de Facebook, dont le siège se situe à Menlo Park en Californie.

Silvergate Bank, émetteur du Diem USD
En parallèle, Diem a annoncé avoir noué un partenariat avec Silvergate Bank, dont la clientèle est principalement constituée de sociétés spécialisées dans les cryptomonnaies. Cette banque américaine va devenir l'émettrice exclusive du stablecoin Diem, déclare l'association.

Pour rappel, un stablecoin est une cryptomonnaie dont la valeur est garantie par un autre actif, en l'espèce le dollar américain. Ce système vise à limiter la forte volatilité des cryptomonnaies, telles que le Bitcoin, ce qui rend les stablecoins plus adaptés aux paiements.

L'objectif est désormais de "bâtir un système de paiement qui soit sûr pour les consommateurs et les entreprises, qui rende les paiements plus rapides et moins cher", a déclaré Stuart Levey. Pour réussir ce pari ambitieux, Diem a demandé l'approbation réglementaire du Financial Enforcement Network (FinCEN), une agence fédérale chargée de lutter contre le blanchiment d'argent.

Des enjeux réglementaires forts
Il reste à voir comment les régulateurs américains se comporteront face à ce projet. L'association avait à l'origine choisi la Suisse car ce pays est plutôt favorable aux cryptomonnaies. En effet, l'enjeu réglementaire est au coeur de Diem.

Les défections successives de certains membres imminents de l'association tels que Mastercard, PayPal ou encore Visa étaient pour la plupart justifiées par cette difficulté. Un cadre de PayPal avait ainsi expliqué que la principale raison du retrait de sa société était le manque de préparation du projet vis-à-vis des réglementations nationales.

Le ministre de l'Economie français, Bruno Le Maire, s'était également montrer opposé au déploiement de Diem en Europe. "La souveraineté monétaire des Etats est en jeu", déclarait-il en septembre 2019. Il estimait alors que cet actif financier risquait de provoquer "des risques d'abus de position dominante, de souveraineté, pour les consommateurs et pour les entreprises…".

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