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[Edito] Apprenez le code aux enfants (pas celui de la route)

Edito Au lieu d’amuser les enfants avec des « twictées », mieux vaudrait, comme aux Etats-Unis, leur apprendre à programmer
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[Edito] Apprenez le code aux enfants (pas celui de la route)
Christine Kerdellant, directrice des rédactions de L'Usine Nouvelle, de L'Usine Digitale, d'Industrie & Technologies, du Bip et d'Enerpresse © DR

Aux États-Unis, au Canada en Grande-Bretagne, l’école apprend à lire, à écrire, à compter et… à coder. Car s’il n’y a pas besoin d’expliquer aux millennials comment se servir d’une tablette, les préparer aux métiers de demain suppose de leur donner la capacité de les maîtriser "de l’intérieur".

Pour les "Poucettes" de Michel Serres, le smartphone est un prolongement de la main. Les professeurs ont d’ailleurs vite saisi l’intérêt des écrans pour enrichir leurs cours. Certains proposent des " twictées", des échanges de tweets entre classes, avec corrections réciproques des fautes, pour rendre l’orthographe plus ludique ! Enseigner Word n’est pas inutile non plus, même si généralement les ados apprennent seuls à s’en servir. L’Éducation nationale a investi dans les ordinateurs ou les tableaux numériques, mais ce progrès n’a rien d’extraordinaire. Il équivaut au remplacement, dans les années 1960, des encriers et des porte-plumes par des stylos-billes. Aucune formation, en revanche, ne permet aux enfants de découvrir comment concevoir et développer ces nouvelles technologies.

Les Américains, plus pragmatiques, ont compris que si l’on voulait donner aux jeunes la maîtrise de leur destin, il ne fallait pas leur apprendre à utiliser, mais à programmer le numérique – ce que l’on appelle computer science. Barack Obama en personne a lancé le mouvement dès décembre 2013, via une semaine de l’informatique à l’école, au cours de laquelle tous les jeunes Américains devaient créer leur propre jeu vidéo. "Cette compétence, a-t-il dit, n’est pas seulement importante pour votre avenir, elle est importante pour l’avenir du pays. " Son industrie en tête…

En Europe aussi – France exceptée ! –, l’apprentissage du code est devenu un sujet majeur de débat public. "Tous codeurs" en est le mot d’ordre. Il existe même une Semaine européenne dédiée, la Code week. Au Royaume-Uni, "The year of code" (c’était en 2014 !) a donné le top départ d’une initiation qui commence à l’âge de 5 ans. Les enfants étudient les bases de la programmation et apprennent deux langages à partir de 11 ans.

Pour pallier notre lacune, deux jeunes start-uppeuses bordelaises, Audrey Leclère et Maud Rabau, ont lancé Abracodabra, une société qui enseigne – sans le moindre écran pour les 4-5 ans – le numérique aux jeunes sous forme de stages ou de séances hebdomadaires aux intitulés mobilisateurs : "Viens apprendre à créer ta voiture de course en Lego programmable", "Viens imprimer en 3D ton mini-jeu de société"… Les techniques sont adaptées à chacune des cinq tranches d’âge, de 4-5 ans à 13-15 ans. Les plus jeunes utilisent Scratch, un logiciel inventé par le MIT. Les tout-petits programment un robot en bois à partir d’une tablette, elle aussi en bois (un peu ­d’électronique et beaucoup de flèches). Les plus de 13 ans, eux, peuvent coder leur propre site web en HTML et CSS et concevoir des jeux en réalité virtuelle avec C#. Les deux jeunes femmes rêvent de voir les langages et la pensée informatiques entrer à l’école. "Pour ces futurs adultes, savoir programmer une voiture autonome, s’amuse Audrey Leclère, sera plus utile que d’avoir le permis pour la conduire…"

 
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