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"Emploi store", simulateur de droits sociaux... quand l’administration se met au numérique

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Marylise Lebranchu et Thierry Mandon ont organisé, durant trois jours, une Cité de l’innovation publique, au Centquatre à Paris, destinée à montrer ses innovations numériques aux Français. Au-delà de la technologie, l’administration montre aussi comment elle se transforme pour être plus simple et plus transparente, en jouant l’open innovation et la collaboration avec le privé et les citoyens.

Emploi store, simulateur de droits sociaux... quand l’administration se met au numérique
"Emploi store", simulateur de droits sociaux... quand l’administration se met au numérique © Emmanuelle Delsol - L'Usine Nouvelle

Le 14 novembre, Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, et Thierry Mandon, secrétaire d’État à la Réforme de l’État, ont inauguré la Cité de l’innovation publique. Cet événement, qui s’est tenu les 14, 15 et 16 novembre au Centquatre, dans le 19eme arrondissement de Paris, a consisté en conférences et ateliers sur l’évolution de l’administration et en une exposition des services réinventés à l’aune du numérique autour de la retraite, de l’emploi, de l’éducation… "Il s’agit d’abord de casser les clichés d’une administration qui serait en retard sur tout, souligne Marylise Lebranchu. Avec cet événement, nous prouvons son dynamisme. Depuis deux ans et demi que nous travaillons sur ces sujets, on s’aperçoit que si on permet aux agents d’intervenir, si on les encourage à innover, on leur rend la liberté de découvrir, de prendre des risques et ils sont très souvent en première ligne."

Les exemples concrets sont déjà nombreux. "Avec l’association La 27ème Région, nous venons d’inaugurer Super Public, un espace consacré uniquement à l’innovation publique", raconte la ministre. Et d’ajouter que cette semaine a aussi été l’occasion d’une rencontre sur les mêmes thématiques avec 50 pays de l’OCDE. "Nous, nous croyons en l’État, a insisté Thierry Mandon. Nous croyons en des dépenses publiques efficaces, pesées, exigeantes. En ces moments de grande défiance, c’est un acte de foi dans l’action publique. L’État doit devenir plus ouvert et plus transparent qu’il n’a été. Il doit changer, il va changer et il change déjà."

Un simulateur de droits sociaux

Dans le cadre de l’exposition Cité de l’innovation publique, la population est invitée à essayer les différents projets que les deux ministres ont pu voir et tester ce 14 novembre. Des services qui seront tous accessibles en ligne, sur mobile, mais aussi par le biais d’intermédiaires formées dans les mairies, les administrations, les associations pour accompagner ceux qui ne peuvent accéder seuls aux systèmes (une démarche valable pour tous les services). À commencer par le simulateur de droits sociaux Mes Aides, destiné en particulier à tous ceux, nombreux selon les ministres, à ne pas réclamer leurs droits. Notamment les personnes éligibles au RSA.

Et c’est justement en collaboration, en codéveloppement, avec plusieurs d’entre eux dans le cadre d’un atelier qu’ont été pensés le service, son ergonomie, la forme de son formulaire de saisie, le vocabulaire utilisé… La personne concernée se connecte et saisit quelques informations (nom, date de naissance, logement, situation familiale, épargne…) en quelques minutes, et les aides qui lui sont accessibles apparaissent dans des cadres très simples et lisibles. Il suffit ensuite à l’intéressé de cliquer sur une d’entre elles pour être dirigé vers le bon formulaire Cerfa. "On ne perd jamais l’usager, et ce, jusqu’au formulaire", insiste le secrétaire d’État.

Encore en test mais accessible, le service sera définitivement mis en place le 1er janvier prochain. "L’une des premières personnes qui nous a interpellés sur ce service, raconte Marylise Lebranchu, travaille dans une mairie de seulement 800 habitants. Elle a une dizaine de personnes concernées, qui ne réclament pas leurs droits et pour lesquelles c’est beaucoup de stress."

Un app store pour l’emploi mi-2015

La préparation de la retraite est aussi au programme. Thierry Mandon s’est prêté au jeu en personne, en entrant son numéro de sécurité sociale dans le dispositif, son nom et son adresse e-mail (sécurisée par une question). Un état des lieux de ses droits à la retraite lui a été ensuite directement envoyé. Pour les personnes sans adresse e-mail, il est prévu que l’agent propose de recevoir le document dans une boîte e-mail spécifique du service.

Côté emploi, le service mise sur une cartographie sur laquelle les offres sont identifiées en fonction du temps de déplacement du futur employé, et non uniquement de la zone géographique. Il suffit ensuite au demandeur de cliquer sur une offre, et il peut bien sûr obtenir l’itinéraire en fonction du moyen de transport. Le démonstrateur actuel est en test avec une trentaine de personnes dans les régions Centre et Franche-Comté. Ce service accessible aujourd’hui sur internet donnera naissance, mi-2015, à un "emploi store", magasin d’apps multi-OS à destination des employeurs et demandeurs d’emploi. "En réalité, cela a débouché sur toute une chaîne de l’innovation", se réjouit Marylise Lebranchu. La ministre évoque par exemple un service de prêt et de réparation de vélos, installé à Morlaix pour les demandeurs d’emploi sans moyen de transport pour se rendre à leurs entretiens. 

Une plate-forme et de l’open innovation

Derrière ces différents projets, l’administration française dévoile des procédés d’innovation collaboratifs qui impliquent ses services, mais aussi des entités privées et les usagers. Ainsi que la volonté de proposer un dispositif global, en particulier au travers de la future plate-forme Public Connect.

À partir du 1er janvier 2017, l’ensemble des services montrés à la Cité de l’innovation publique se raccrocheront à cette plate-forme. Et les usagers accéderont avec un identifiant unique à l’ensemble des services, et aux dossiers qu’ils ont saisis dans n’importe lequel de ceux-ci. Là encore, l’administration joue sur l’open innovation et la collaboration, puisque Public Connect fait l’objet d’un développement collaboratif regroupant l’administration et des start-up.

Emmanuelle Delsol

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