Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Entre la télévision et Internet, l'avenir de la relation s'annonce compliqué

Pour la publication de son Yearbook annuel, l'Idate a organisé mardi 14 juin une conférence à Paris. L'occasion de se pencher sur l'avenir de la télévision en 2025. Bonne nouvelle pour les acteurs concernées : les chaines de télévision seront toujours là, mais elles se seront complètement réinventées. 
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Entre la télévision et Internet, l'avenir de la relation s'annonce compliqué
Entre la télévision et Internet, l'avenir de la relation s'annonce compliqué © Ro_buk - Flickr - C.C.

Dans l'édition 2016 du Digiword, les experts de l'Idate esquissent l'avenir des principaux marchés numériques, dont, notamment, celui de la télévision. Si les chaînes ne pourront pas écrire "Internet m'a tuer", le web va continuer de remettre en cause fortement le modèle économique et le paysage stratégique dans lequel elles évoluent. Résultat : "les chaînes de télévision pourraient continuer de connaître une croissance molle", explique Jacques Bajon, le directeur médias et contenus numériques de l'Idate. Selon un scénario dit tendanciel, où la vidéo à la demande prendrait 10 % du marché total, la croissance mondiale du secteur serait de 3,5% par an. Pour l'Europe, la croissance serait "faible voire négative".

 

Parmi les principaux changements à l'oeuvre, l'explosion des services à la demande et l'importance de la relation client. Les chaînes de télévision qui avaient l'habitude de gérer des agrégats globaux (les jeunes, les ménagères, les hommes...) vont devoir être capable de proposer des programmes sur mesure ou presque.

 

Si ces tendances s'affirment, un second scénario se dessine, où les services à la demande capteront 30 % du marché en 2015. Dans ce cas, la croissance globale du secteur sera encore plus faible, et, estiment les experts de l'Idate, la croissance des acteurs historiques sera plus encore plus faible que dans la scénario tendanciel.

 

tous unis... ou mourir

Sauf que rien n'est écrit et que les modifications à l'œuvre  donnent aux entreprises en place la possibilité de stratégie aussi disruptive que leur environnement est incertain.

Une vision que partage Olivier Huart, le pdg de TDF, qui a lancé un appel "à tous les acteurs de la télévision : unissons-nous pour que la vague numérique ne se transforme pas en tsunami". Si les défis à relever sont importants, les chaînes peuvent regrouper leurs forces pour faire face, comme l'ont fait les Britanniques avec l'initiative Freeview, un site Internet où toutes les offres sont disponibles.

 

Pour lui, les dirigeants doivent réussir la mutation de la TV guidée, soit la consommation de programmes assistée par un algorithme, quand hier les chaînes proposaient des grilles horaires. Aujourd'hui, les trois quarts des internautes ont déjà utilisé les services de replay, explique le pdg. Autre axe de l'évolution attendue pour les dix années qui viennent : la télévision sera plus immersive.

 

Pour reprendre une expression adorée des consultants es transformation digitale, les silos vont être ébranlés. Demain, la consommation de programmes pourra se faire indépendamment par la TNT, sur le web, fixe ou mobile. Le spectateur passera de l'un à l'autre, l'expérience devra être fluide.

 

Concurrents un jour, partenaires le lendemain

Le P-DG de TF1, Gilles Pelisson a lui aussi livré sa vision. Pour l'ancien de Bouygues Telecom, passé par Accor, la convergence sur laquelle parient certains n'est pas pour demain.

Sur la TNT aujourd'hui, le groupe TF1 c'est 5 chaînes (TF1, TMC, NT1, HD1 et LCI) et une offre de replay avec myTF1. Pour le business, cela signifie, que le groupe "a la capacité d'exposer les marques à 360 degrés". Et d'indiquer que certaines marques revenaient à la télévision car "les annonceurs recherchent la puissance".

 

Le P-DG n'a pas nié l'importance des mutations et en a tiré des conclusions inattendues. Parfois critiquée ou raillée pour son hégémonie, TF1 doit "désormais avoir l'humilité de se remettre en cause pour inventer le modèle de demain. "

 

Dans ce monde mouvant et incertain, Gilles Pelisson a donné une idée des changements en cours. Il envisage de pouvoir être partenaire de Netflix quand il s'agit de diffuser la série Marseille, mais que les deux entreprises peuvent aussi être concurrentes sur d'autres segments, par exemple la télévision à la demande. Toutefois, il n'envisage de faire payer un abonnement aux utilisateurs de myTF1.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media