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Et si Amazon mariait son cloud avec Salesforce...

SAP, Oracle et Microsoft ont démenti vouloir racheter Salesforce. Mais un autre acteur pourrait être le candidat idéal au mariage : Amazon Web Services. Le résultat créerait le leader mondial sur tous les segments du cloud computing.

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Et si Amazon mariait son cloud avec Salesforce...
Et si Amazon mariait son cloud avec Salesforce... © Justin Levy - Flickr - CC

Depuis deux semaines, les rumeurs ronflent sur un possible rachat de Salesforce. Trois grands éditeurs traditionnels de logiciel, SAP, Oracle et Microsoft, ont été cités comme des repreneurs potentiels. Mais ils ont tour à tour démenti. Alors, qui a vraiment intérêt à un tel rapprochement ? Un acteur important ne figure pas dans la liste des repreneurs potentiels. Et pourtant il serait le candidat idéal au mariage avec le leader mondial de la gestion de la relation client. Il s’agit d’Amazon ! Enfin, précisément, Amazon Web Services (AWS), son bras armé dans le cloud computing, qui domine largement le marché de l’informatique à la demande sur le segment de l’infrastructure (IaaS pour infrastructure as a service).

Mais AWS subit les attaques frontales de Microsoft, IBM, Google et Oracle. Ces compétiteurs ont en commun de disposer de moyens financiers importants et d’être présents sur les trois segments du cloud à la fois : infrastructure, plateforme de développement (PaaS pour Platform as a service) et logiciel à la demande (SaaS pour Software as a service). De quoi leur donner à long terme un avantage par rapport à Amazon Web Services, qui se cantonne aujourd’hui aux segments de l’IaaS et du PaaS.

Une même culture de la plate-forme ouverte aux partenaires

Pour conserver son leadership, Amazon Web Services a besoin à terme d’aller sur le segment du logiciel à la demande. Il commence d’ailleurs à le faire avec ses services Zocalo de partage de fichier en ligne (concurrent de Box, DropBox…) et Workmail de travail bureautique (concurrent de Gmail de Google ou Office 356 de Microsoft), lancés cette année. Sans compter sa place de marché où il vend plus de 2000 logiciels d’éditeurs tiers. Mais il a besoin d’aller plus loin. Une alliance avec Salesforce lui fournirait le chaînon manquant. Elle serait presque parfaite. Le seul recouvrement d’activité se limite au segment des services PaaS où ils sont tous les deux présents.

De son côté, Salesforce domine le logiciel à la demande mais fait face à une croissance plus rapide de deux grands rivaux sur ce segment : Microsoft et Oracle. À terme, il a besoin d’étendre ses services à l’infrastructure pour capter certains clients qui demandent une offre cloud complète. C’est ainsi que Larry Ellison, le fondateur et CTO d’Oracle, justifie la présence de son groupe sur le segment de l’IaaS qu’il voit pourtant comme un service de commodité sans grande perspective de gain. "Nous y sommes parce que des clients de nos services cloud sur les segments SaaS et PaaS nous le réclament", explique Larry Ellison. Salesforce, qui peine toujours à gagner de l’argent, n’a pas les moyens de s’improviser en fournisseur de services d’infrastructure. Le rapprochement avec Amazon Web Services offre la meilleure solution.

Deux poids lourds du cloud

Pour la première fois, Amazon a publié ses résultats financiers dans le cloud computing du premier trimestre 2015. Une étape avant une éventuelle filialisation de cette activité et peut-être un mariage. D’autant que les chiffres se révèlent être bien meilleurs que ceux prévus par la plupart des analystes et plus rentable que son activité d'e-commerce.

Outre leur complémentarité, Amazon Web Services et Salesforce représentent deux forces presque égales avec un chiffre d’affaires annuel de 5,16 milliards de dollars pour le premier (jusqu’au 31 mars 2015) et 5,37 milliards de dollars pour le second (jusqu’au 31 janvier 2015). Le premier (qui n’est pas coté en bourse) pourrait être valorisé entre 50 et 60 milliards de dollars, alors que le second (en bourse depuis 2004) vaut près de 50 milliards de dollars aujourd’hui. La combinaison des deux donnerait naissance à un géant du cloud computing de plus de 10 milliards de dollars, leader incontesté sur les trois segments du cloud computing à la fois. Sa valorisation serait cependant difficile à estimer car si Amazon Web Services gagne déjà de l’argent, ce n’est pas encore le cas de Salesforce.

Ridha Loukil

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