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[Etude] Covid-19, un stress test pour les start-up

Étude Les start-up ont-elles été comme dans la fable les roseaux de l'économie ? Une étude internationale publiée jeudi 4 juin par Station F tend à l'indiquer. Pour l'heure, les jeunes pousses plient mais ne rompent pas.
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[Etude] Covid-19, un stress test pour les start-up
Les jeunes pousses sont réputées plus souples, plus aptes à pivoter. Qu'en a-t-il vraiment été pendant la crise de la Covid 19

Comment les start-ups ont-elle réagi à la pandémie du Covid-19, elles qu'on disait volontiers agiles, toujours promptes à pivoter et à se réinventer contrairement aux "vieilles" entreprises prisonnières d'un héritage et d'une histoire (la fameuse "legacy", dans le charabia cher aux start-up) ? Pour les jeunes pousses, cette crise a une allure de test grandeur nature et l'étude internationale que vient de publier Station F à ce sujet est passionnante à plus d'un titre. Elle a été menée dans cinq pays (France, Royaume-Uni, USA, Allemagne et Israël) auprès d'un panel de start-us et de plus de 120 fonds de capital risque.

Les jeunes moins touchés

91% des start-up déclarent que leur activité a été touchée par la crise. Toutefois, l'ampleur de l'impact est d'autant plus forte que l'entreprise est avancée dans ses financements. Les jeunes pousses qui n'ont pas encore levé de fonds ne sont "que" 85 % à se dire affectées, la proportion passe à 91,6% pour les "seed", frôle les 93% pour les séries A et dépasse les 95% pour les séries B (97,37%) et C (95,83%). Les réponses par pays montrent que les start-ups françaises et américaines sont dans la moyenne (respectivement à 91,74% et 91,48 %), quand les britanniques se disent touchées à plus de 95%. En comparaison, seulement 84% des start-up allemandes et 87,5% des start-up israeliennes sont dans la même situation.

Les spécialisations relatives (B to B ou B to C), les modèles économiques et la conjoncture de l'économie en général influent vraisemblablement sur ces performances, de sorte qu'il est difficile d'en tirer une conclusion définitive. D'autant que par "touché" les auteurs de la question entendent aussi bien un impact positif que négatif. Les résultats détaillés montrent que parmi les entreprises touchées, 26,9% disent l'avoir été positivement et 73,1% négativement. Le pays où la crise a eu le plus d'effets positifs est le Royaume-Uni (36,9%). A l'autre bout du spectre, on trouve la France avec seulement 21,5% de jeunes pousses dans ce cas.

Coup de frein sur les dépenses

Rien d'étonnant donc si de nombreuses start-up ont eu recours aux aides d'Etat, qu'il s'agisse de prêt, de subvention ou de dispositifs d'activité partielle quand ils existent, notamment en France où seulement un tiers déclarent ne pas être éligibles ou ne pas être intéressées. Au Royaume-Uni, ces deux catégories représentent près de la moitié des jeunes pousses interrogées (48%).

Ces aides sont venues en complément de mesures de gestion drastiques. Dans l'ensemble, 71,7% des start-up disent avoir réduit leurs dépenses. 60,52 % ont coupé dans les dépenses de marketing et de communications et 14,32% se sont attaqués aux dépenses liées au service client. On peut dire, sans trop craindre de se tromper, qu'une jeune pousse qui en arrive à ces extrémités commence à toucher à l'os.

Plus fondamentalement, de nombreuses start-up ont revu leur stratégie, confirmant leur légendaire souplesse. Pour la seule France,  près d'une jeune pousse sur cinq déclare avoir procédé à un pivot. 24,5% ont revu leur façon d'aborder le marché. 13,9 % ont lancé une nouvelle offre. 12,1% ont substantiellement modifié leur produit ou service, 8,8% ont changé leur stratégie de prix. Seulement 21,2% disent n'avoir rien changé, un chiffre très proche de celui du nombre de start-up qui indiquent que la crise a eu un impact positif sur elles. De là à conclure que ce sont les mêmes... Cela reste à prouver mais semble probable.

Les embauches devraient reprendre

En matière de politique RH, les répercussions sont nombreuses. D'abord, à court terme, le recours au chômage partiel ou à des dispositifs plus ou moins équivalents est évoqué par près d'un quart de l'échantillon. Il atteint 37,5% en Israël et 34,26% au Royaume-Uni. 16,82 % des jeunes pousses déclarent avoir licencié des salariés depuis le début de la crise. Mais cet arbre ne doit pas cacher la forêt, puisque 48,5% des répondants ont recruté des personnes depuis le début de la crise. Surtout, près de huit start-up sur dix envisagent de recruter de nouveaux employés d'ici à la fin de l'année.

Une des raisons de ce maintien à un haut niveau des prévisions d'embauche pourrait bien être que les levées de fonds ont été faites et que les plans d'affaires restent à l'ordre du jour. 39,6% des start-up interrogées sont à la recherche de fonds. En France cette proportion chute à 26,25%, quand en Israël elle atteint 75%. Dans l'Hexagone, les deux tiers des jeunes pousses indiquent avoir un fnancement pour plus de six mois. Aux Etats-Unis elles sont 84% dans cette situation.

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