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Europe numérique : un moteur franco-allemand trop arrogant ?

Analyse Le 27 octobre, à Paris, la France et l’Allemagne ont présenté leur plan pour une Europe numérique. La volonté des deux pays d’en devenir le moteur pourrait bien apparaître comme de l’arrogance aux 26 autres membres de l’Union.

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Europe numérique : un moteur franco-allemand trop arrogant ?
Europe numérique : un moteur franco-allemand trop arrogant ? © Crédit : Emmanuelle Delsol

La France et l’Allemagne rêvent de prolonger l’axe industriel Paris-Berlin à l’ère du numérique. Mais le 27 octobre, sous les ors de l’Elysée, et en présence de François Hollande et Angela Merkel, les deux pays sont allés plus loin. Et ont expliqué haut et fort comment ils allaient montrer la voie de la transformation numérique à l’ensemble de l’Union et à ses 26 autres membres.

 

La journée a été l’occasion d’officialiser des intentions et des actions concrètes : accords d’investissement dans des start-up européennes, promesse d’un statut de JEI (jeune entreprise innovante) franco-allemand, dispositif d’investissement partagé entre les banques publiques Bpifrance, KfW pour l’Allemagne et Cassa Depositi et Presiti pour l’Italie, un rapprochement attendu entre les initiatives Industrie 4.0 et Industrie du futur. Sans oublier les 15 propositions communes du CNNum et de son double outre-Rhin, le BJDW.

 

Un pari à double tranchant

 

Une grande opération de communication assumée qui s’est bien sûr déroulée en présence du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et du pilote de la réforme européenne du numérique, Andrus Ansip. Mais en l’absence des 26 autres pays de l’Union. La présence de Risto Siilasmaa, président de Nokia, germanophone et à la tête d’un groupe franco-finlandais ou l’évocation de la Cassa Depositi et Presiti italienne dans le cadre d’un accord avec ses homologues allemande et française risquent de ne pas suffire à combler ce manque.

 

Le couple franco-allemand s’est auto-proclamé "moteur de l’Europe numérique". Et le pari est à double tranchant. Certes, l’Europe a besoin d’accélérer le mouvement face au raz-de-marée californien et à celui qui se profile depuis l’Asie, face aux de ses start-up à se transformer en licornes, face au challenge de l'adaptation de sa régulation au numérique sans se laisser corrompre par lui, etc. Et Paris et Berlin ont des atouts à jouer. Mais, ils ne sont pas les seuls. Et leur posture pourrait froisser quelques egos européens. Quid des stratégies britannique, espagnole, scandinave et même estonienne, qui auraient eu leur place dans de telles discussions ? Il aurait sans doute été complexe d’organiser ce sommet à 28, mais les autres pays membres pourraient bien se braquer face aux propositions unilatérales du duo.

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