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Exclusif : L'insolente santé des éditeurs français de logiciels

Les éditeurs français de logiciel affichent une santé exceptionnelle, bien meilleure que celle des géants mondiaux du secteur : Microsoft, Oracle, IBM ou SAP. A la clé : la création de plus de 15 000 emplois en deux ans, dont plus de la moitié en France.

mis à jour le 15 octobre 2015 à 19H43
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Exclusif : L'insolente santé des éditeurs français de logiciels
Cette année encore, Dassault Systèmes se place premier du classement des éditeurs français de logiciels. © D.R.

La France ne compte pas d’éditeurs de logiciels aussi imposants que les américains Microsoft, Oracle et IBM, ou l’allemand SAP, qui dominent aujourd’hui le marché mondial. Mais son secteur logiciel se porte bien mieux que celui des Etats-Unis. En 2014, son chiffre d’affaires a bondi de 17% à 10,5 milliards d’euros. C’est plus que les augmentations de 12% en 2012 et 4,6% en 2013. C’est aussi beaucoup mieux que les marchés français et mondial de logiciel qui ont, selon IDC, progressé respectivement de 3,4% et 5,9% en 2014. Telle est l’une des surprises du Panorama Top 250 des éditeurs et créateurs de logiciels français révélé ce 15 octobre, à Paris, par le Syntec Numérique et le cabinet EY.

 

Ubisoft et Criteo, deux grandes locomotives

Cette croissance exceptionnelle est tirée par les plus gros éditeurs tricolores. Le Top 10 du classement, qui comprend cette année 381 entrées, affiche un bond de 22%, contre 10% pour le reste du panorama. Deux acteurs jouent particulièrement le rôle de locomotive : le numéro deux du classement Ubisoft (+43%) derrière Dassault Systèmes, et le numéro trois Criteo (+68%). "Ubisoft bénéficie d’un effet de rattrapage, puisqu’il a décalé à 2014 la sortie de jeux vedettes prévus au départ pour 2013, analyse Jean-Christophe Pernet, manager senior chez EY. Le fort rebond, qu’il a enregistré en 2014, compense la chute de 20% qu’il a subie en 2013 à cause de ce report."

 

Syndrôme français des ETI

La dynamique est particulièrement forte chez les éditeurs horizontaux (+25%) et les éditeurs verticaux (+22%). Les éditeurs de logiciels grand public et jeux vidéo suivent avec 15% de croissance sur un an. Le secteur reste marqué par une forte concentration. Seulement 7 éditeurs réalisent plus de 100 millions de chiffre d’affaires. Mais ils représentent 68% du chiffre d’affaires du panorama. Les éditeurs de moins de 10 millions d’euros de revenu représentent 62% des acteurs, alors qu’ils ne pèsent que 7% dans le chiffre d’affaires total.

 

"On retrouve dans le logiciel le syndrome français des ETI avec, d’un côté, très peu de gros éditeurs et, de l’autre, beaucoup de petits acteurs, explique le consultant d’EY. Les PME ont du mal à grandir et à franchir l’étape ETI." L’une des causes réside dans le manque d’offensive à l’international. Si les éditeurs de plus de 100 millions de chiffre d’affaires tirent 64% de leur revenu de l’international, le chiffre tombe à 20% pour ceux de moins de 10 millions d’euros. "L’international reste l’une des voie clés de la croissance", conclue Jean-Christophe Pernet.

 

l'Effet cloud

Les bons résultats de 2014 viennent aussi de l’engouement pour les leviers de la transformation digitale comme les mobiles, le big data, la sécurité ou le cloud computing. Au total, 160 éditeurs vendent leurs logiciels en tant que service cloud (SaaS pour Software as service) et 60 d’entre eux réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires d’édition avec ce modèle. Grand paradoxe : les acteurs modestes se montrent plus avancés dans ce domaine que les géants. "La migration vers le cloud est bien plus complexe pour un gros éditeur que pour un petit", commente l’analyste d’EY.

 

Prévisions d'embauche chez 82% des éditeurs

Sur le front de l’emploi, le logiciel se targue d’avoir créé près de 7000 postes en 2014 et 15 000 sur deux ans. Des chiffres à relativiser toutefois, car, pour certains acteurs comme Sopra Steria, GFI Informatique, Neopost ou Bigben Interactive, ils incluent les créations d’emplois dans d’autres activités que le logiciel. Par ailleurs, ils se rapportent aussi bien à la France qu’à l’international. "Depuis l’édition 2012 de l’étude, la répartition des effectifs entre la France et l’étranger reste stable, avec une part de 55% ou 56% pour la France, décrypte Jean-Christophe Pernet. On peut appliquer la même répartition aux créations d’emplois." Les perspectives d’évolution de l’emploi s’annoncent bonnes, puisque 82% des éditeurs sondés par l’étude prévoient d’embaucher en 2015. Ils étaient 75% à le faire l’année dernière. C’est le signe d’une réelle accélération du secteur que confirmera, nous l'espérons, la prochaine édition.

Panorama Top 250 des éditeurs et créateurs de logiciels français

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