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Exploration tous azimuts, intelligence artificielle, éducation : les clés de l'innovation selon Eric Schmidt

Le festival South by Southwest à Austin, au Texas, a organisé un panel sur l'innovation avec Eric Schmidt de Google, la CTO des États-Unis Megan Smith (ancienne patronne de Google X), et l'auteur de la biographie de Steve Jobs, Walter Isaacson. Eric Schmidt y a détaillé sa vision du futur de l'innovation.
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Exploration tous azimuts, intelligence artificielle, éducation : les clés de l'innovation selon Eric Schmidt
Exploration tous azimuts, intelligence artificielle, éducation : les clés de l'innovation selon Eric Schmidt © Daniel Gaines

Eric Schmidt, président de Google, a comparé les méthodes de Google et Apple et partagé sa vision de l'innovation et des freins qui la bloque lors d'une table ronde au festival SXSW d'Austin (USA). Il a d'ailleurs créé la polémique sur scène, une employée de Google en charge de la diversité et présente dans la salle l'a accusé d'interrompre sans cesse son ancienne collège de Google, Megan Smith, également panéliste. Walter Isaacson, auteur de la biographie de Steve Jobs, participait lui aussi à la table ronde.

Google versus Apple

Selon Eric Schmidt, Apple et Google ont chacun leur modèle d'innovation. Steve Jobs pensait qu'il fallait concentrer ses efforts sur un objectif unique. Il avait conseillé à Larry Page d'éviter de s'attaquer à trop de sujets à la fois. Mais Eric Schmidt a défendu la vision inverse, celle de Google qui s'intéresse aussi bien aux voitures autonomes qu'aux ballons pour connecter le monde à internet : "chez Google X, nous pensons toujours à l'innovation à grande échelle, sans limites... Il y a tant de problèmes qui peuvent aujourd'hui être résolus grâce à la technologie, ce qui n'était pas le cas il y a dix ans."  Si Apple a construit sa marque avec des produits soignés à l'extrême, Google se targue de s'attaquer à toutes les grandes questions qui taraudent l'humanité.

Qui a peur de l'intelligence artificielle ?

Plus tard, Eric Schmidt s'est démarqué d'autres patrons inquiets de l'intelligence artificielle (comme Elon Musk ou Bill Gates). Cette technologie n'en est encore qu'à ses débuts, mais représente une force positive pour le futur, car "elle rend les humains plus intelligents" a-t-il estimé. Google a parié gros sur l'IA, en rachetant la start-up DeepMind en 2014 entre 400 et 500 millions de dollars.

Les entreprises peuvent devenir plus intelligentes et efficaces, en analysant de larges volumes de données grâce à l'intelligence des machines, selon le président de Google. Mais pour lui, les ordinateurs n'ont pas de capacité de jugement, un élément clé de l'intelligence humaine. "Je ne suis pas inquiet pour les 10 ou 20 prochaines années. Nous commençons seulement à comprendre [cette technologie]. Nous avons fait d'énormes progrès", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, selon le président de Google, l'intelligence artificielle peut avoir des applications bénéfiques au quotidien. Il a cité l'exemple de Google Voice ou Google Translate, ces technologies s'appuient sur des machines intelligentes. La fonction de correction automatique de l'iPhone en est un autre exemple, et ne représente aucune menace pour l'humanité. Ceux qui prévoient un futur dirigé par les machines exagéreraient-ils ?  "Au-delà [de ces applications quotidiennes], il s'agit vraiment de spéculation pour l'instant", a résumé le président de Google.

Les freins à l'innovation

Eric Schmidt estime enfin que certaines barrières empêchent l'innovation de s'étendre en dehors du secteur technologique. Il cite en premier lieu le manque d'opportunités en termes d'éducation, la faible couverture en haut débit, et les "politiques stupides" d'immigration aux États-Unis. Le manque de diversité au sein des entreprises est un frein considérable, ajoute-t-il.

Nora Poggi

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