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Face à une baisse significative des ventes de tests ADN, 23andMe licencie 100 salariés

Face à une baisse significative des ventes de ses tests ADN récréatifs, l'entreprise américaine 23andMe licencie 100 salariés, soit 14% de ses effectifs. Pour la CEO, Anne Wojcicki, la principale cause de cette baisse est la prise de conscience par la société civile de l'importance de protéger ses données personnelles.  
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Face à une baisse significative des ventes de tests ADN, 23andMe licencie 100 salariés
Face à une baisse significative des ventes de tests ADN, 23andMe licencie 100 salariés © 23andMe

23andMe, start-up spécialisée dans les tests ADN récréatifs à domicile, est en train de licencier 100 salariés, d'après un article de CNBC publié le 23 janvier 2020. Anne Wojcicki, fondatrice et CEO de la jeune pousse, justifie cette réduction de 14% des effectifs de l'entreprise par la baisse de ses ventes de kits de test ADN. Elle se dit "surprise" par ce déclin et affirme que le marché "n'est pas prêt à aller plus loin" pour le moment.

 

Un déclin marqué en 2019

Pourtant, la santé financière de 23andMe semblait être au beau fixe. L'entreprise a récemment levé 786 millions de dollars pour recruter davantage et accroitre la signature de partenariats avec de grands groupes pharmaceutiques.

 

Après des débuts chaotiques à cause de sa relation avec la Food and Drug Administration, la jeune pousse californienne a véritablement décollé en 2015, période durant laquelle elle employait plus de 700 personnes. Mais les ventes de kits ont commencé à dégringoler en 2019. Une tendance qui a touché plus largement le secteur de la génétique récréative. L'été 2019, Francis DeSouza, dirigeant d'Illumina, constructeur de séquenceurs ADN qui compte 23andMe parmi ses clients, prévenait que ses ventes étaient largement en déclin.

 

L'importance de la confidentialité

Pour Anne Wojcicki, la raison principale de cette mauvaise passe est la prise de conscience par le public de l'importance de la protection des données personnelles. Elle cite l'affaire du Golden State Killer, dans laquelle un tueur en série californien a été identifié grâce à des informations génétiques disponibles librement un site internet consacré à la généalogie. Il faut dire que l'ADN n'est pas une donnée comme une autre : les informations génétiques sont absolument uniques et peuvent révéler énormément de choses sur un individu.

 

Pour la CEO, "la confidentialité est une priorité". Elle annonce que sa société vient de recruter un nouveau chef de la sécurité, qui est l'ancien dirigeant de la société Okta, spécialisée dans la gestion des accès unique via le cloud. "Je pense que le monde de la technologie doit s’approprier ces normes de confidentialité afin de renforcer la confiance", poursuit-elle. Un discours bien ficelé qui fait l'impasse sur le récent scandale qui a touché l'entreprise.

 

23andMe revend les informations génétiques de ses clients

Le 10 janvier 2020, on apprenait que la jeune pousse californienne avait vendu les droits d'un nouveau médicament - développé grâce aux données génétiques de ses utilisateurs - à une entreprise pharmaceutique espagnole, Almirall SA. Le médicament devrait produire des anticorps pour bloquer les protéines responsables de maladies auto-immunes. Une opération similaire a été menée en août 2018 lorsque 23andMe a vendu l'entièreté de ses données au laboratoire pharmaceutique Glaxosmithkline. Pour se défendre, la jeune pousse affirmait alors que toutes les données avaient été anonymisées et que les personnes concernées avaient donné leur consentement. Des scandales à répétition qui ont poussé fin décembre 2019 le Pentagone à interdire à ses membres d'avoir recours à ces tests récréatifs.

 

Ce ne sont que des statistiques

Anne Wojcicki omet un argument qui pourrait également expliquer la baisse des ventes : la prise de conscience de l'absence de fiabilité scientifique de ces tests. A savoir que les résultats liés aux origines géographiques (produit phare de l'entreprise) ne sont que des statistiques avec une marge d'erreur. Par ailleurs, les bases de données utilisées sont forcément biaisées car elles ne reposent que sur du déclaratif. Encore plus préoccupant, ces tests affirment pouvoir déterminer les prédispositions génétiques des clients à une dizaine de maladies... mais ils ne peuvent détecter qu'un risque de développer l'une des pathologies recherchées. Cela ne signifie pas, pour autant, que ce risque s'exprimera dans les faits car les facteurs environnementaux ne sont pas pris en compte.

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