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Facebook a-t-il tenu ses promesses en matière environnementale ?

Facebook veut montrer sa bonne volonté et vient de publier un premier bilan de ses actions en matière d'environnement. Pour lutter contre le changement climatique, elle a réduit ses émissions de CO2 et a accéléré ses investissements dans le secteur des énergies renouvelables.
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Facebook a-t-il tenu ses promesses en matière environnementale ?
Facebook a-t-il tenu ses promesses en matière environnementale ? © Facebook

Facebook publie le 8 juillet son tout premier rapport d'une vingtaine de page sur son empreinte environnementale. En 2018, l'entreprise américaine avait annoncé un objectif de réduction de 75% des émissions de gaz à effet de serre et le recours à une énergie 100% renouvelable d'ici à la fin 2020. Ces promesses ont-elles été tenues ?

Facebook a réduit ses émissions de CO2
En premier lieu, Facebook affirme avoir réduit de 59% ses émissions de CO2 par rapport à 2017. Le réseau social indique également que 86% de ses activités – data centers et activités de bureaux – sont soutenues par des énergies renouvelables. A ce titre, il a été reconnu comme étant le premier acheteur d'énergie renouvelable aux Etats-Unis par l'association Renewable Energy Buyers Alliance (REBA) et le deuxième au monde par Bloomberg NEF.

Facebook détaille également ses investissements. Il participe ainsi à la construction d'une ferme solaire au Texas qui devrait avoir une capacité de 300 MW, ce qui serait suffisant pour alimenter 300 000 foyers. Le projet, baptisé "Solar Prospero", est le premier investissement direct de Facebook dans les énergies renouvelables sans que l'on ne sache sa participation exacte sur les 416 millions de dollars. La ferme vendra une partie de sa production à la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Shell.

Le géant numérique annonce également une accélération de ses investissements dans des projets de restauration de l'eau qui permettront de reconstituer 206 000 mètres cubes d'eau par an en Oregon et au Nouveau-Mexique.

Facebook rappelle par ailleurs qu'il est à l'origine du "Climate conservation map". Lancé en avril 2020, cet ensemble de cartes exploitent des données agrégées et anonymisées pour mettre en évidence où, quand et à quelle fréquence les utilisateurs partagent ou réagissent à des informations relatives au climat. Cet outil s'adresse en priorité aux organismes de recherche et aux associations spécialisées dans la sauvegarde de l'environnement.

Facebook exploite un système de récupération de chaleur des data centers
Une large partie du rapport concerne le cas pratique du data center d'Odense au Danemark. Ouverte en septembre 2019, cette infrastructure a été conçue avec des installations de récupération de chaleur. L'objectif est de récupérer et de donner 100 000 MWh d'énergie par an à partir de ses serveurs, assez pour chauffer 6 900 foyers. Par ailleurs, le data center d'Odense est lui-même alimenté à 100% par de l'énergie renouvelable, précise Facebook dans son rapport.

Gérée par Fjernvarme Fyn, l'installation permet de rediriger la chaleur des serveurs à travers des tuyaux remplis d'eau. L'entreprise danoise achemine l'eau de sa pompe à chaleur jusqu'au toit du data center, où elle est dirigée dans des serpentins en cuivre situés à l'intérieur des 176 unités de refroidissement. L'air chaud des serveurs y réchauffe l'eau qui circule dans les serpentins et, une fois réchauffée, l'eau est pompée vers la pompe à chaleur de Fjernvarme Fyn. A l'intérieur de la pompe, la chaleur de l'eau chaude entrante est utilisée pour augmenter efficacement la température du circuit d'eau qui fournit l'eau chaude aux radiateurs des maisons.
 


Le numérique, une partie infime des émissions de CO2
Les préoccupations environnementales liées au numérique prennent une place de plus en plus importante et la publication de ce rapport s'inscrit dans un contexte global. Les grandes entreprises technologiques prennent des engagements et le font savoir, à l'instar de Microsoft qui veut "effacer" son empreinte carbone d'ici 2030 ou de Jeff Bezos, patron d'Amazon, qui a créé un fonds de 10 milliards de dollars pour lutter contre le changement climatique. Bien que salutaires, ces initiatives cachent une réalité : le numérique ne représente qu'une partie infime des émissions de CO2. Elles permettent également à ces sociétés d'affirmer leur responsabilité environnementale et sociétale.

D'après le cabinet Green IT, le numérique serait à l'origine de 3,7% des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) dans le monde en 2017 et de 4,2% de la consommation mondiale d'énergie primaire (énergie disponible dans la nature avant toute transformation). Sans grande surprise, le premier facteur de pollution est la fabrication d'équipements. Pour comparaison, la production d'électricité représente 39 % du total des émissions dues à la combustion d'énergie. Les deux autres gros secteurs facteurs d'émissions sont les transports (24%) et l'industrie et la construction (19%).

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