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[FIC 2020] Sécurité des JO, IoT, smart cities… L'État signe un pacte avec les industriels français

Ce projet était dans les tuyaux depuis quelques années, c'est désormais chose faite. L'État et les 4000 industriels français de la sécurité ont signé un contrat de filière au FIC de Lille. Cinq thèmes ont été retenus : la sécurité des grands évènements dont les Jeux Olympiques 2024, la cybersécurité et la sécurité de l'IoT, l'identité numérique, les territoires de confiance et le numérique de confiance.
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Sécurité des JO, IoT, smart cities… L'État signe un pacte avec les industriels français
[FIC 2020] Sécurité des JO, IoT, smart cities… L'État signe un pacte avec les industriels français © Pixabay/jackmac34

C'était LA grosse annonce gouvernementale du Forum International de la Cybersécurité (FIC) de Lille. Le secrétaire d'État au numérique Cédric O et la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Economie Agnès Pannier-Runacher ont annoncé la signature du contrat stratégique de filière "Industries de sécurité", le 29 janvier 2020.

 

L'objectif de cet accord est de structurer la filière sécurité, qui comprend aujourd'hui 4000 entreprises, couvre 130 000 emplois et possède un chiffre d'affaires de 25 milliards d'euros. Face à la concurrence internationale qui s'intensifie, la France n'a d'autre choix que de regrouper ses pépites pour travailler efficacement. Trois enjeux principaux ont été identifiés : maîtriser une offre nationale et européenne "forte et de confiance", développer des solutions d'identité numérique alternatives à celles des géants technologiques américains et disposer d'une "offre de cloud de confiance" qui ne soit pas soumise à des juridictions non européennes.

 

L'État et les partenaires privés ont pris des engagements réciproques sur cinq principaux projets : la sécurité des grands événements, dont les Jeux Olympiques 2024, la cybersécurité et la sécurité de l'IoT, l'identité numérique, les territoires de confiance et le numérique de confiance.

 

1) La sécurité des grands évènements et des JO 2024

La sécurisation des grands événements est devenue une problématique centrale. La tenue des Jeux Olympiques 2024 à Paris fait prendre un tout nouveau tournant à cette question. En effet, les JO constituent "une vitrine exceptionnelle pour les offres françaises de sécurité qui seront déployées". 

 

A cet égard, la filière s'engage à "fédérer la meilleure équipe de France", "construire une démarche collaborative avec l'État" et cofinancer la collaboration de R&D "pour assurer le meilleur niveau technologique des solutions mises en œuvre". En retour, l'État promet de constituer et animer "une Équipe de marque interministérielle" et solliciter "un budget sécurité des JO et des grands événements internationaux" piloté par le ministère de l'Intérieur.

 

2) La cybersécurité et la sécurité de l'IoT

Les produits et services de cybersécurité représentent 6,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France en 2018, près de 35 000 emplois, et une croissance annuelle de l’ordre de 12%. Cependant, l’offre demeure très fragmentée (63% des entreprises de la confiance numérique font moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires) et fortement exposée à la concurrence mondiale, dont les acteurs dominants sont concentrés dans quelques pays comme "les Etats-Unis et Israël".

 

Face à ce constat, les industriels s'engagent à mettre en place un "Forum Etat-Industries-Utilisateurs", installer "deux centres de soutien mutualisés à l'export", renforcer le label "France Cybersecurity" et participer au fonds d'investissement des scale-up. De son côté, l'Etat devra mettre en place des formations en cybersécurité, soutenir le label et le forum, accompagner le développer d'un "salon de taille mondiale" et inciter à un renforcement des "dispositifs de financement de la cybersécurité". 

 

3) L'identité numérique

L'identité numérique est donc au "cœur de la souveraineté numérique" pour la lutte contre la fraude et protéger efficacement les données personnelles, que ce soit dans les usages publics ou privés. Pour l'État, la menace principale est celle des géants technologiques étrangers qui proposeront des services d'identité numérique concurrents au sien. 

 

Pour tenter de gagner cette course, les industriels doivent définir une "spécification unique" du système d'exploitation de la future carte nationale d'identité électronique (CNIE), construire rapidement des solutions et développer "des actions de sensibilisation". De leur côté, les services de l'État s'engagent à déployer la CNIE dès 2021, à définir un modèle économique et à poursuivre le déploiement de FranceConnect.

 

4) Les territoires de confiance

Selon les termes du contrat, la notion de "territoires de confiance" se comprend comme "les moyens déployés pour assurer la sécurité de la ville intelligente et des territoires intelligents, y compris l’outremer, jusqu’aux aires portuaires et maritimes". La sécurité de ces nouvelles villes constitue un enjeu majeur et incontournable.

 

La filière s'engage donc à définir "une charte sur l'utilisation des technologies de sécurité", expérimenter au moins "trois nouveaux usages clés en co-innovation avec les territoires" et lancer un projet de "protection de nouvel établissement de santé" en collaboration avec le ministère de la Santé. En contrepartie, l'co-innovationtat devra sensibiliser les territoires au besoin de sécurité, soutenir le lancement de "deux projets de démonstration" et "soutenir les évolutions législatives et réglementaires" sur ce sujet. 

 

5) Le numérique de confiance

Ce dernier thème est beaucoup plus large car il touche au "numérique" en général. L'objectif de ce projet est principalement axé sur "le cloud de confiance" ou cloud souverain. A cet égard, les industriels doivent contribuer aux travaux de l'Etat sur la définition des données sensibles, proposer suffisamment "d'offres qualifiées" pour répondre aux besoins de l'utilisateur, soumettre un hébergement et des offres IaaS, PaaS et SaaS et renforcer la transparence dans le cloud.

 

L'État, de son côté, devra favoriser les solutions réversibles dans le cadre de ses marchés publics, définir plus précisément le contenu des données sensibles et soutenir le développement de la filière pour proposer des offres cloud de confiance compétitives que ce soit sur l’hébergement, l’IaaS, le PaaS ou le SaaS.

 

Ce contrat constitue un gigantesque chantier qui doit aider la France à peser sur la scène internationale face aux "super cyberpuissances", comme les appelle Guillaume Poupard, directeur général de l'Agence national de la sécurité des systèmes d'information. Lors de sa traditionnelle conférence de presse au FIC, ce dernier a rappelé l'importance de structurer cette filière au risque de devoir "s'inféoder". 

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