Alors que les tensions géopolitiques sont montées d'un cran avec l'annonce par Donald Trump de la hausse de 20% des droits de douane sur les biens européens importés aux Etats-Unis, le gouvernement français veut rappeler l'importance pour les industriels de choisir des solutions françaises, autrement dit "souveraines".
Des alternatives européennes existent
"Des solutions européennes, innovantes et compétitives existent, y compris dans le secteur du cloud", a déclaré Clara Chappaz, la ministre déléguée chargée de l'intelligence numérique et du numérique, à l'occasion d'une prise de parole au Forum InCyber, qui se tient actuellement à Lille. "Si les grands patrons veulent acheter des solutions françaises, chiche ! Aussi, ces solutions ont l'avantage d'être souveraines, protectrices de nos valeurs et de notre patrimoine informationnel", a-t-elle ajouté.
La ministre a rappelé la stratégie mise en place pour valoriser les produits et services français, via des appels d'offres notamment, lors d'un point presse auquel L'Usine Digitale a participé. "Notre stratégie reste et restera de faire monter l'écosystème privé, a-t-elle indiqué. Le fait de voir des acteurs privés qui s'engagent dans ce projet industriel, c'est une très bonne chose." A cet égard, elle cite OVHcloud, qui a récemment annoncé la qualification SecNumCloud de son offre "Bare Metal Pod" par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi).
A performance égale, il faut choisir les solutions françaises
Clara Chappaz veut être claire sur un point : "nous sommes encore très dépendants [des solutions américaines, ndlr]". "Cela prend du temps de construire des solutions alternatives mais il y en a, ajoute-t-elle. Je pense à l'intelligence artificielle. Le Sommet de l'IA a bien montré que nous avons des acteurs performants." Ainsi, à "performance égale", il n'y a "aucune raison" de choisir "une solution étrangère plutôt qu'une solution française", pour le public comme pour le privé. "Ce n'est même pas une question de préférence européenne. A performance égale, il faut soutenir notre écosystème d'innovation", estime-t-elle.
En revanche, la ministre déléguée écarte tout système obligeant les entreprises à choisir une solution française ou européenne. "Il ne sera jamais question de forcer", indique-t-elle. "En France, pour protéger les données de nos citoyens, nous soutenons cette idée de créer un marché où une partie des offres propose un haut niveau de protection", poursuit-elle, révélant que les fournisseurs de cloud reçoivent eux-mêmes de plus en plus de demandes pour des offres ultra-sécurisées.
Le renouvellement d'un contrat avec Microsoft relance la polémique
Encore faudrait-il que l'Etat montre l'exemple... En mars dernier, le média Next (ex Next INpact) révélait que l’Éducation nationale avait signé pour "au moins 74 millions d’euros de solutions et services Microsoft". Pour clarifier la position de l'Etat sur ce point, le gouvernement avait édicté la doctrine "Cloud au centre", dont le contenu a été repris dans la loi SREN. Ce texte prévoit l'obligation de choisir des offres d'hébergement sécurisées pour certains types de données. A noter que le visa SecNumCloud n'est pas mentionné directement. Un décret applicatif est toujours attendu pour préciser les contours de cette nouvelle obligation.


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