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Fitbit, Google Assistant, Alexa… L'UE se penche sur les pratiques anticoncurrentielles des assistants et objets connectés

La Commission européenne va enquêter sur les pratiques antitrust dans le secteur de l'IoT qui brasse des quantités gigantesques de données, parfois sensibles. Sont visées par cette procédure les entreprises commercialisant des montres connectées, des bracelets fitness, des assistants personnels, des télévisions connectées... Elles risquent une amende jusqu'à 10% de leur chiffre d'affaires total en cas de comportements anticoncurrentiels.
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Fitbit, Google Assistant, Alexa… L'UE se penche sur les pratiques anticoncurrentielles des assistants et objets connectés
Fitbit, Google Assistant, Alexa… L'UE se penche sur les pratiques anticoncurrentielles des assistants et objets connectés © Find Experts at Kilta.com - Unsplash

La Commission européenne a ouvert le 16 juillet une enquête sectorielle sur l'internet des objets, en particulier sur la gestion des données par les géants technologiques. L'objectif est de scruter les pratiques anticoncurrentielles dans ce domaine qui, selon l'exécutif, inclut "les biens et services qui sont connectés à un réseau et peuvent être contrôlés à distance".

"L'accès à de grandes quantités de données des utilisateurs semble être la clé de la réussite de ce secteur. Aussi, nous devons faire en sorte que les acteurs du marché n'utilisent pas le contrôle qu'ils exercent sur ces données pour fausser la concurrence ou fermer ces marchés aux concurrents", a expliqué Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence.

Google Assistant, Alexa… au cœur de l'enquête
Sont visés par cette enquête les dispositifs portatifs, comme les montres intelligentes ou les bracelets de fitness, et les appareils de consommation connectés utilisés dans la domotique, comme les réfrigérateurs, les machines à laver, les téléviseurs intelligents, les haut parleurs et les systèmes d'éclairage intelligents. L'enquête sectorielle permettra également de recueillir des informations sur les services disponibles au moyen de dispositifs intelligents, comme les services de diffusion de musique et de vidéo en continu, et sur les assistants vocaux utilisés pour y accéder. Sont sur la sellette Google Assistant, Alexa ou encore Siri…

La Commission européenne note dans son communiqué qu'en dépit du stade de développement "précoce" de l'IoT, des éléments indiquent que certaines pratiques peuvent fausser "structurellement" la concurrence. En particulier, des éléments pointent vers "la restriction de l'accès aux données" et de "l'interopérabilité de ces données", ainsi que vers certaines "formes d'autofavoritisme" et de "pratiques liées à l'utilisation de normes propriétaires". "Les écosystèmes de l'internet des objets sont souvent caractérisés par de puissants effets de réseau et des économies d'échelle, qui pourraient conduire à l'émergence rapide d'écosystèmes numériques et de contrôleurs d'accès dominants et pourraient entraîner des risques de basculement", s'inquiète la Commission.

Les entreprises devront fournir des renseignements
Dans les semaines à venir, la Commission va envoyer des demandes de renseignement à une série d'entreprises dans le secteur de l'internet des objets pour les produits et services destinés aux consommateurs dans l'ensemble de l'UE. Parmi les entreprises concernées figurent, par exemple, des fabricants d'appareils intelligents, des développeurs de logiciels et des fournisseurs de services connexes.

La Commission prévoit de publier un rapport préliminaire sur les réponses en vue d'une consultation au printemps 2021. Le rapport final suivra au cours de l'été 2022. L'exécutif européen note par ailleurs que si des entorses au droit de la concurrence sont décelées, il pourra ouvrir des enquêtes et infliger des amendes jusqu'à 10% du chiffre d’affaires total.

L'UE s'intéresse déjà de près à l'IoT, en particulier avec l'acquisition de Fitbit par Google. Alors que la firme de Mountain View vient de promettre qu'elle n'utilisera pas les données de santé pour faire de la publicité ciblée, la Commission doit décider de la validité ou non du rachat le 20 juillet prochain.

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